Coronavirus en Belgique : les restaurateurs commencent à détruire les données des clients

Depuis deux semaines, les restaurateurs et cafetiers récoltent les données d'un client par table, nom et adresse mail ou téléphone. Une règle instaurée dans un souci d'identifier ceux et celles qu'une personne positive au Covid-19 a fréquentées.

Dès ce samedi, les premières données, inutiles pour les besoins de la traçabilité après deux semaines, seront détruites. Elles concernent la clientèle du samedi 25 juillet.

Comment les détruire? Si le responsable de l'établissement a opté pour le formulaire papiers, "mieux vaut éviter aujourd'hui le feu de cheminée", nous glisse un restaurateur caustique. "Nous, nous allons utiliser notre broyeuse", précisent les frères Adrien et Jan-Philippe, co-propriétaires de "chez Jacques", à Bruxelles. "Un classeur par jour et nous nous y retrouvons."

Un auto-nettoyeur

Au-delà de ces formulaires-types, les responsables de l'horeca ont le loisir de créer le leur ou d'opter pour le digital.

"Via le programme de réservation en ligne, nous récoltons d'office un nom, un mail, un numéro de téléphone. Et nous y intégrons un client de passage."


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Propriétaire de plusieurs restaurants, Serge Litvine exploite un outil existant: "un programme permet de nettoyer les données. Dans ce cas, ce sera donc après quinze jours." Bien avant cette obligation d'enregistrement, des restaurateurs conservaient, avec leur accord, des données de clients fidèles, "pour signaler leurs intolérances alimentaires" souligne Serge Litvine.

Moins de farfelus

Le restaurateur, le cafetier, ne détiennent évidemment pas l'autorité publique pour confronter le formulaire à une pièce d'identité. Ils ne le souhaitent d'ailleurs pas, chacun à sa place.

Peu d'entre eux semblent en tout cas avoir refusé de servir une table qui est restée anonyme.

Les quelques déclarations farfelues des premiers jours (faux nom, fausse adresse web) se sont raréfiées: "j'ai l'impression que chacun a vite joué le jeu, en sentant que c'est une mesure complémentaire pour enrayer le fléau", observe Nicholas Esterhazy, patron du "café de la Poste" à Chaumont-Gistoux, dans le Brabant wallon.

"Cela dérange d'autant moins qu'à chaque réservation, par téléphone ou par mail, le client estime normal de communiquer ses coordonnées."

Aujourd'hui récoltées, ces données permettent à une cellule de traçage de contacter l'entourage d'un client déclaré positif endéans les deux semaines, en sorte de suivre la trace du virus.

Voilà un débouché santé qui ne plaît pas forcément à tous et toutes: "les refus? 1%, pas plus", indique Serge Litvine.

Quant au contrôle des mesures imposées au restaurateur, registre, port du masque, distance entre les tables, la police en a déjà mené (au moins visuel, de l'extérieur, dans les zones achalandées). "Je m'y attends à tout moment, mais comme tout est en règle..."conclut Nicholas Esterhazy.

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