Coronavirus en Belgique : les médecins généralistes réclament l’abandon de la prescription pour se faire tester

Trop c’est trop pour les médecines généralistes : en plus de devoir s’occuper des malades, ils doivent gérer la paperasse et les tests dans le cadre du tracing en pleine pandémie de covid-19. Ils se disent "submergés". "J’ai l’impression qu’on se trouve en plein hiver", témoigne Muriel Blomart, présidente de l’Association des médecins généralistes de Mons. Elle déplore que les docteurs se soient transformés en secrétaires, chargés de faire des tests PCR à la chaîne et de rédiger des attestations.

Elle demande aux autorités de trouver un moyen que les tests soient rapides et ne passent pas forcément par la case généraliste. "Puis dès qu’il est positif, on envoie le patient au cabinet", conclut-elle. "Il faut soigner les gens malades, pas que ceux qui reviennent de zone rouge parce que professionnellement ils ont dû y aller !, s’exclame-t-elle. Ce n’est pas de la vraie médecine."


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Même son de cloche à Court-Saint-Etienne : "Nous sommes dans une situation où les demandes de tests explosent, expliquait le Dr Eric Vinck ce vendredi sur le plateau du 13h. Avec les critères de Sciensano, on va devoir tester tous les nez qui coulent…" Forcés de devoir faire des prescriptions à la chaîne, les médecins ne voient quasiment plus leur famille : "Il y a un travail énorme de prescription et d’analyse des résultats qui ne doit plus relever des généralistes", affirme-t-il.

Passé le test PCR, en effet, la mission des généralistes ne s’arrête pas pour autant : ils passent "un temps considérable au téléphone" pour assurer le suivi, note Eric Vinck. Car il faut bien expliquer aux patients positifs qu’ils doivent se mettre en quarantaine et organiser leur absence au travail.


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Pour mettre fin à cette situation de grande tension, le généraliste en appelle aux autorités : "il faudrait que la médecine générale soit déchargée de la prescription et du suivi des résultats", affirme-t-il. Et le médecin de faire un rappel salutaire : "il n’y a pas besoin d’une prescription pour se faire tester", comme l’a déjà martelé la Société de médecine générale.

Idéalement, les patients devraient pouvoir se rendre directement en centre de test. Pour ce qui est du suivi, Eric Vinck aimerait qu’un call center se mette en place, à l’image de ce qui se fait pour le tracing des contacts.

Par ailleurs, le généraliste alertait ce midi sur les conditions de testing dans la tente Covid d’Ottignies. En plus d’avoir une capacité humaine saturée, raconte-t-il, les nouveaux écouvillons reçus sont de moindre qualité. "Ils sont traumatisants : on fait saigner une personne sur deux", déplore-t-il. Pour le moment, impossible pourtant d’en avoir de meilleurs.

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