Coronavirus en Belgique : le testing activé dans les maisons de repos, l’association Santhea déplore une réaction "tardive"

Les huit ministres de la Conférence sur la Santé publique ont fait savoir par communiqué ce mercredi que la capacité de testing sur le covid-19 sera activée immédiatement dans toutes les maisons de repos belges. "La Conférence est unanime sur le fait qu’il est primordial de considérer le secteur des soins aux aînés comme une priorité absolue, à côté de continuer à tester les cas symptomatiques", rapporte le communiqué.

"La capacité de testing y est, maintenant on doit l’utiliser pleinement, là où on en a le plus besoin, estime le ministre des Télécommunications Philippe De Backer. Nous devons le faire pour ce groupe vulnérable dans notre société et les personnes en première ligne."

L’incendie sera difficile à éteindre

La question des maisons de repos est revenue régulièrement sur la table au cours de la crise du covid-19. Ce mercredi, l’association Santhea est montée au créneau, estimant que "nos aînés sont en péril" et reprochant aux autorités d’avoir tardé à apporter une réponse. "On le savait : le jour où des foyers se déclareraient dans les maisons de repos, ça flamberait et l’incendie serait difficile à éteindre", affirme l’association dans un communiqué, rappelant la situation similaire en France et en Italie.


Aucun testing n’avait été fait dans les maisons de repos, rappelle Santhea : "le personnel, susceptible d’amener le virus dans les murs à son insu n’a pas été testé, même symptomatique" car les autorités réservaient alors les tests aux cas les plus graves, qui nécessitaient une hospitalisation. Idem pour les pensionnaires des maisons, explique l’association : "il a fallu chaque fois attendre que des symptômes se déclarent de manière durable." Conséquence : des homes au bord de la rupture, manquant de personnel pour gérer la multiplication des cas.

Tester maintenant ne suffit pas

Santhea reproche également le manque de matériel dans les maisons de repos : "faute de matériel de protection adapté ou en suffisance, le personnel prenant en charge les patients suspectés de souffrir du Covid-19 n’a pas été protégé, corrélativement les patients n’ont pas été suffisamment protégés du personnel potentiellement contaminé." L’association précise que les homes n’ont pu survivre que grâce aux colis envoyés par la société civile.


Désormais, les tests vont avoir lieu, mais pour Santhea, il est trop tard : "tester ne suffit pas, parce que même si tous les cas sont détectés, qu’est-ce qu’on fera ?" Impossible d’écarter tout le personnel positif alors que les homes manquent déjà de bras, et en même temps, difficile d’imaginer que l’on puisse les laisser côtoyer des résidents, infectés ou non.

Quant à renvoyer les malades vers les hôpitaux, cela achèverait de les surcharger. "On parle beaucoup de création de structures intermédiaires intra – ou extrahospitalières, note Santhea. Mais le timing pour leur mise en place et le personnel soignant à y affecter permettront-ils d’offrir une solution rapide au péril actuel ?" A cette question, l’association dit n’avoir pas reçu de réponse.

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