Coronavirus en Belgique: le nombre moyen de contaminations vient de remonter légèrement, faut-il s'en inquiéter ?

C'est le bémol du jour dans un tableau de données Covid en Belgique où tous les indicateurs sont au vert: le nombre moyen de cas détectés affiche toujours une évolution en vert si on le compare à la moyenne de la semaine dernière, mais comme le notent certains statisticiens qui suivent en graphiques l'évolution du virus, cette moyenne sur 7 jours a légèrement augmenté en 24 heures, passant de 3939,1 cas détectés par jour à 4165,6.

Alors, est-ce grave, docteur? Comment expliquer cette hausse alors que l'on a resserré la vis en matière de déplacements? Faut-il s'en inquiéter? Réponse en plusieurs temps:

Qu'est-ce que la moyenne des cas? Pourquoi la mesurer sur 7 jours?

Quand on parle de la moyenne des cas, on parle toujours d'une photographie des transmissions sur une période qui est déjà passée. Il est actuellement impossible de mesurer les transmissions en temps réel, on ne peut les mesurer qu'après que les personnes aient eu des symptômes, se soient faites tester, obtenu les résultats, et que ceux-ci soient parvenus à Sciensano.

C'est pour cela que Sciensano parle de chiffres "consolidés": les chiffres communiqués ce dimanche 22 novembre concernent des rapports arrivés le samedi, mais où le test a été effectué parfois 2, 3, 4 jours plus tôt, voire plus. 

Pour avoir une vue réaliste, Sciensano communique donc sur les cas détectés de J-4 à J-10 par rapport au jour de communication. 

Pourquoi ces chiffres sur une semaine? Car le nombre de cas détectés dépend par définition du nombre de tests, et que certains jours, notamment les week-end et jours fériés, on fait moins de tests et on détecte moins de cas. Comparer d'un jour à l'autre n'a donc pas nécessairement de sens, tandis qu'en reprenant les chiffres sur une semaine complète, on a nécessairement tous les cas de figure, et le chiffre "moyen" donne donc une photo relativement réaliste de la situation... qui date déjà d'une semaine.

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"Désormais, l'accent est mis sur l'évolution des tendances, et non plus sur les chiffres des dernières 24 heures. Cela permet de mieux objectiver l'évolution de l'épidémie, indépendamment des fluctuations des chiffres des dernières 24 heures".

Une première hausse depuis 3 semaines de ce chiffre

Comme le souligne le compte Twitter Covid Data Belgium, ce passage d'une moyenne de 3939,1 cas détectés par jour calculée samedu à 4165,6 pour le calcul de ce dimanche, est la toute première remontée de ce chiffre depuis le 29 octobre. 

Une explication "technique" liée au 11 novembre mais.... 

Cette remontée des cas peut paraître interpellante alors que d'une part, tous les indicateurs semblaient au vert et que d'autre part, le mesures de reconfinement entrées en vigueur le 2 novembre restreignent en principe les possibilités de transmission.

Il y a en fait une première raison "technique" qui explique cette hausse de la moyenne: comme on l'explique ci-dessus, le nombre de cas détectés par jour est influencé par la possibilité d'effectuer des tests, et donc par le jour de la semaine envisagé. Or, la particularité des semaines comparées est que s'y niche un jour férié, le mercredi 11 novembre. Le mercredi est habituellement un jour où on détecte un nombre important de cas, ce qui n'a pas été le cas du 11 novembre, puisque c'était un férié.

Or, pour le calcul de la moyenne ce samedi, le 11 novembre faisait partie de la "semaine de référence": la moyenne était calculée du 11 au 17 novembre, par rapport à la moyenne du 4 au 10. Elle était donc "artificiellement" basse. Ce dimanche, ce sont au contraire les chiffres du 12 au 18 novembre qui sont envisagés dans la moyenne communiquée: on a donc enlevé de ce comptage les chiffres artificiellement bas du 11 novembre, pour y ajouter ceux, plus "normaux" du 18 novembre, ce qui fait gonfler cette moyenne des cas.

Une baisse des cas qui ralentit quand même

Cet "accident" technique lié au 11 novembre ne doit pas occulter une tendance réelle, relevée par le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem lors d'une récente conférence de presse du centre de crise: la baisse des cas détectés se poursuit, mais le rythme de celle-ci est de plus en plus lent, et ce depuis le 12 novembre.

Yves Van Laethem admettait ne pas avoir d'explication claire à ce sujet. "Ce n'est en tout cas pas lié à la réouverture des écoles, c'est trop tôt pour ça, ni à la politique de tests" disait-il. Une des hypothèses émises est que la baisse observée lors de la première semaine de vacances était surestimée par rapport à la réalité, notamment à cause de la baisse drastique du nombre de tests effectués.

Depuis les mises en garde sur le danger de ne pas se faire tester, et un retour progressif au travail, le nombre de tests a arrêté de diminuer, et sa moyenne a même légèrement réaugmenté ces derniers jours. Une sorte de "rééquilibrage" qui aurait fait ralentir la diminution du nombre de cas détectés. Si le nombre de tests ne diminue plus, il est logique que le nombre de cas détectés diminue MOINS.

"Ce n'est pas une bonne idée de ne pas vous faire tester si vous avez des symptômes", prévient le centre de crise

Le premier fait marquant noté dans le rapport Sciensano de ce mercredi 11 novembre est celui d'une baisse du nombre de patients en soins intensifs. Pour la première fois depuis le 1er octobre le nombre a diminué, passant de 1474 à 1470. Une tendance qui doit effectivement se confirmer dans les prochains jours.

Une tendance à observer de près avec la réouverture des écoles

Une véritable hausse du nombre de cas est cependant attendue cette semaine. Non seulement parce qu'il pourrait y avoir un effet de la rentrée scolaire, et donc d'une augmentation des contacts et des possibilités de transmission. Mais aussi à cause du changement de la politique de testing. Selon Yves Van laethem, "avec cette nouvelle stratégie de testing on s'attend à voir les chiffres des contaminations augmenter d'environ 10% par rapport aux chiffres actuels. Cette stratégie reste fondamentale pour briser la chaîne de transmission du virus et espérer ainsi briser les mesures de confinement en place".

Une stagnation voir une hausse légère des cas détectés ne serait donc pas un échec de la stratégie actuelle. Cela le serait par contre si on assistait à une reprise des admissions à l'hôpital, où le chemin est encore long pour désengorger durablement les services...

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