Coronavirus en Belgique : "Le modèle que nous suivons annonce un pic pour début avril"

Coronavirus en Belgique : "Le modèle que nous suivons annonce un pic pour début avril"
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Coronavirus en Belgique : "Le modèle que nous suivons annonce un pic pour début avril" - © THIERRY ROGE - BELGA

Ce jeudi, à 11 h, le centre inter-fédéral de crise Covid-19 du SPF Santé publique a tenu une conférence de presse en ligne. Le dernier bilan fait état de 1298 nouveaux cas et 42 décès soit 220 depuis le début de la crise.

Le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint. "Nous sommes toujours dans une phase ascendante", préviennent les experts du centre de crise. Raison pour laquelle les efforts doivent être poursuivis.


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Deux principes : distance et lavage des mains

Pour Emmanuel André, le porte-parole inter-fédéral de la lutte contre le Covid-19, "si les mesures sont à moitié appliquées, le temps nécessaires pour qu’elles aient un effet sera deux fois plus long. C’est donc extrêmement important que chacun, de façon solidaire, applique l’ensemble des mesures. Car, si nous avons une adhérence à ces mesures qui est totale dans la communauté, ces mesures seront par définition plus courtes".

Deux principes régissent ces mesures, pour rappel : d’abord, la distance physique (un mètre 50) à domicile et à l’extérieur pour empêcher la transmission du virus par des gouttelettes quand une personne contagieuse parle, éternue, tousse ; ensuite, le lavage régulier des mains.

Les personnes saines peuvent continuer à ne pas porter de masque

Porter des gants ou des masques n’est donc "pas nécessaire" en dehors des environnements particuliers comme les hôpitaux. Pour les personnes malades cette fois, le confinement à domicile est important et le port du masque permet alors d’éviter la transmission du virus. "Les personnes qui sont saines peuvent continuer à ne pas porter de masque."


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Enfin, concernant les antibiotiques : ils ne fonctionnent pas contre les maladies virales, comme la grippe. "Et cela reste vrai dans le cas de cette épidémie à coronavirus. Il existe un certain nombre de traitements qui sont aujourd’hui utilisés dans les hôpitaux dans le cadre de protocoles expérimentaux." De manière implicite, le centre de crise évoque la chloroquine. "On a des indices qui disent que ces traitements peuvent fonctionner. Mais on doit le vérifier".

Ceux-ci sont administrés "en priorité" aux personnes qui nécessitent les soins les plus importants.

Pour Steven Van Gucht, président du comité scientifique Coronavirus, l’arrivée du pic "dépendra fortement de l’évolution des chiffres. Le modèle que nous suivons annonce un pic pour début avril".

Mais cela dépendra également d’une réduction de moitié du nombre de contacts physiques dans notre pays. "Nous ignorons de quelle manière nous avons pu réduire le nombre de ces contacts. Peut-être est-ce plus ? Peut-être moins ?"

Le non-respect des mesures de distanciation sociale mise en place aura l’effet suivant : un pic qui arrive plus tard mais qui durera beaucoup plus longtemps, craint Steven Van Gucht. 

Mise en garde : pas d’automédication

Concernant les traitements actuellement testés sur des patients dans les hôpitaux, dans le cadre d’études cliniques - on pense ici aussi à la chloroquine -, "cela ne sert à rien d’aller en acheter sur Internet ou d’en prendre soi-même." Idem, comme mentionné par Emmanuel André, pour les antibiotiques.

Cela fait deux semaines que les mesures de confinement décrétées par le Conseil national de sécurité sont en place. Pour Benoît Ramacker, porte-parole du centre de crise, il est important que "que chacun trouve une certaine routine, que vous travaillez à la maison ou que vous cherchez une manière de vous occuper, si vous gardez vos enfants par exemple. Il est important que vous trouviez chacun votre routine."

Un conseil qui ne vaut pas seulement pour les individus mais aussi "pour les organisations, les entreprises, qui s’adaptent pour garantir ce qu’on appelle un plan de continuité, dans le respect des consignes de sécurité publique."

Les services essentiels apportent une certaine stabilité

L’acceptation de cette situation un peu exceptionnelle "rendra notre société beaucoup plus résiliente". Dans cette période incertaine, les services essentiels qui se poursuivent apportent "une certaine stabilité".

"Cela vaut pour tous les services essentiels et en particulier pour les services publics comme les administrations" mais aussi "le personnel enseignant", le personnel qui travaille "dans les transports publics", "dans les prisons", dans "les soins de santé"…

"On veut les remercier parce que dans cette période difficile, ils prennent leurs responsabilités."

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