Coronavirus en Belgique : le confinement a été une aubaine pour certains parents, une catastrophe pour beaucoup d'autres

familles confinées, une aubaine ou un cauchemar?
familles confinées, une aubaine ou un cauchemar? - © Marco Di Lauro - Getty Images

"La crise sanitaire du Cornavirus a polarisé ce qui se passe dans les familles. Il y a des familles pour qui le confinement a été une aubaine et des familles ou, au contraire, ça a été une catastrophe monumentale": résume Isabelle Roskam chercheuse à l’institut de recherche psychologique de l’UCLouvain, "Le burn-out parental n’a pas flambé globalement (environ 7,5% contre un peu plus de 8% avant la crise) mais cela cache une réalité à deux vitesses. Il y a ces parents qui ont passé plus de temps de qualité avec leurs enfants et puis ceux pour qui la crise a été un cauchemar horrible à gérer."

1300 parents francophones ont répondu au questionnaire

Deux chercheuses en psychologie ont mené l’enquête en ligne auprès de 1300 parents belges francophones sur des critères objectifs (âge, habitat, jardins, nombre d’enfants, travail ou télétravail) et des critères subjectifs comme "Ce confinement vous a-t-il offert une opportunité ou a ajouté encore aux difficultés de vie ?". MoÏra Mikolajczac explique : "Ce sont les critères subjectifs qui jouent le plus sur l’amélioration ou la détérioration de la charge mentale. L’aspect perception du confinement est très important."


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Près de 20% des Parents en détresse

Et de poursuivre, "Nous avons lancé une ligne SOS parents au début du confinement et ce que l’on a observé sur la ligne reflète exactement les résultats de notre étude. Ce sont souvent de très jeunes mères avec des enfants peu autonomes très jeunes ou alors des parents avec des ados difficiles voire avec des enfants aux besoins spécifiques qui souffrent d’hyperactivité ou de handicap, qui appellent."

Et pour eux, le déconfinement ne va rien arranger. Isabelle Roskam précise : "Ceux qui se sont épuisés, ont été au bout de leurs ressources, voire au-delà, ne vont pas redémarrer comme si de rien n’était."

Et pour ceux qui sont épuisés, le déconfinement n’arrangera rien

Et poursuivre, "Ces phénomènes d’épuisement génèrent de la violence à l’égard des enfants, de la violence conjugale, parfois verbale, parfois, physique. Cela laisse des traces dans les familles. La surfatigue génère aussi du cortisol qui entraîne des problèmes psychosomatiques comme des troubles du sommeil, des migraines, des maux de dos. Les maux ne vont pas s’arrêter parce que l’on déconfine."

Tout cela dans un contexte où les soins de santé mentale sont toujours à l’arrêt. Selon la psychologue, la reprise sera très lente. Les soins se sont brutalement arrêtés à la mi-mars, de nombreux patients n’ont plus bénéficié du soutien psychologique ou n’ont pas commencé un suivi en ligne, la situation est très compliquée.

Les deux psychologues espèrent que leur étude permettra de mieux préparer les parents et les familles, les plus à risque, à de futurs confinements. "Nous savons qu’avec le réchauffement climatique, les pandémies vont se multiplier. Ce ne sera pas la dernière fois que nous serons confinés.", conclut MoÏra Mikolajczac.