Coronavirus en Belgique : "La maison ne brûle pas, mais on a un feu de cave, et on a besoin de vrais pompiers pour l’éteindre"

"On n’est pas vraiment devant une maison qui brûle, mais on est devant un feu de cave, qui n’a pas pu être colmaté par un extincteur, donc il faut de véritables pompiers pour éviter que le reste ne s’enflamme". C’est l’image utilisée par le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus Yves Van Laethem pour qualifier la situation actuelle.

Si on devait la situer sur une échelle de 10, où 10 serait le pic de l’épidémie en mars-avril, il estime que "par rapport à la transmission, nous sommes beaucoup plus bas, nous sommes peut-être à trois ou quatre, quelque chose comme ça". Mais qu’il faut prendre la situation très au sérieux si on veut ne pas revenir à cette situation dramatique.

Et pour cela, la stratégie de testing et tracing est fondamentale : "Je regrette personnellement un peu qu’on n’ait pas insisté sur ce point, parce que c’est bien de faire attention, mais même en faisant attention, on sait qu’on ne peut pas éviter toutes les infections. On peut être en présence de quelqu’un de sa famille, lui faire un câlin et malheureusement la personne est infectée. Il faut après qu’on puisse avoir du testing et du tracing, que ce soit par la Coronalert, que ce soit par les services de tracing, ceci doit continuer et doit fort probablement aussi encore s’améliorer."

Pas de reconfinement généralisé

L’infectiologue ne pense pas que malgré les chiffres qui augmentent, on en arrive à un nouveau confinement généralisé, comme évoqué mardi par Alexander De Croo, sauf "si vraiment nous sommes emportés par une vague et je dirais que les autres pays seront emportés par la même vague à ce moment-là".

S’il y a reconfinement dans les prochains temps, "c’est localement que ça doit se passer, que le local soit un groupement de communes, que ce soit une province éventuellement, de manière à différencier les risques, à différencier les actions, à ne pas 'punir' les gens qui ne devraient pas l’être".

Bruxelles, par exemple, "est dans une situation qui est nettement différente de celle du pays", et donc "des mesures dans une grande ville très fréquentée, en plus de celles qui existent au point de vue national, sont utiles, pour ne pas dire nécessaires".

Un baromètre objectif, qui "automatiserait" les mesures à partir de certains critères, n’est toujours pas prêt : "Un baromètre doit être calibré et le calibrage qui a été proposé par les experts n’a pas convenu à l’assemblée globale qui doit l’évaluer. Et donc, sur le métier, il faut remettre son ouvrage."

Quant aux nouvelles mesures, et à la fameuse règle de 4 martelée par le nouveau ministre de la Santé Franck Vandenbroucke, Yves Van Laethem attend de voir les résultats : "Je pense que ce sera très intéressant de voir dans 10 ou 15 jours si la phraséologie de M. Vandenbroucke avec le chiffre quatre magique passe mieux que celle de Mme Wilmès. C’est seulement à ce moment-là qu’on verra non seulement si ça a été compris, mais surtout si ça a été intégré et appliqué parce que, je le répète, c’est bien de dire des choses, mais il faut faire comprendre aux gens qu’ils doivent aussi appliquer ces règles. Ce sont nos contacts sociaux qui poussent essentiellement à diminuer nos contacts proches, mais c’est surtout la diminution du nombre de personnes que l’on peut recevoir à distance chez soi, et là il faudra vraiment compter à nouveau sur l’application par nos citoyens puisque c’est un point qu’on ne peut pas suivre".

Pour Yves Van Laethem, la mesure a le mérite d’être claire. Mais "ce n’est pas simplement la clarté de la verbalisation qui est importante, c’est l’intégration dans notre esprit et l’intégration dans des groupes qui ne l’appliquent peut-être pas. Est-ce qu’on a mieux touché ces groupes en question hier ? On le verra dans 10-15 jours…."

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