Coronavirus en Belgique : la hausse du nombre d’hospitalisations semble ralentir un peu, peut-on y voir un signe encourageant ?

Les premières mesures, de couvre-feu et de fermetures de l’Horeca notamment, seraient-elles en train de livrer leurs premiers effets sur les contaminations, et surtout sur les hospitalisations liées eu coronavirus en Belgique ?

Certains observateurs le pensent, mais il semble beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions : il faut d’une part que cette tendance se confirme, alors qu’on approche des capacités maximales d’accueil dans nos hôpitaux, et d’autre part, ce "ralentissement" pourrait être lié à un changement dans la stratégie d’accueil des patients de la part d’hôpitaux déjà saturés par la deuxième vague de l’épidémie.

Des chiffres qui montent moins, mais…

Entre le 22 et le 28 octobre, une moyenne de 15.967 nouveaux cas ont été recensés par jour, une augmentation qui n’est plus que de 24% par rapport à la semaine précédente. Et en Brabant wallon et à Bruxelles, le nombre de nouvelles contaminations est même stable d’une semaine à l’autre. Mais comme l’a précisé l’Institut de santé publique Sciensano, ce chiffre est largement sous-estimé aujourd’hui, à cause des changements dans la stratégie de testing.

Toute l’attention se porte donc sur les admissions à l’hôpital, qui semblent connaître un léger fléchissement dans certaines provinces, mais pas toutes. Ce chiffre reste toutefois très élevé avec 675 nouvelles admissions en 24 heures.

Les admissions à l’hôpital atteignent une moyenne quotidienne de 648 entre le 25 et le 31 octobre, soit une hausse de 49%. Mais il y a quelques jours, cette augmentation était encore de plus de 80%, et on pourrait donc penser à un ralentissement de la hausse. Et ce d’autant qu’après le pic de 743 admissions le 28 octobre, on n’a plus atteint ce chiffre depuis.

D’autre part, on enregistre un nombre record de 652 personnes sorties guéries de l’hôpital, ce qui fait que le nombre de personnes actuellement hospitalisées pour cause de covid-19 n’augmente plus que très peu : 6497 en tout, pour 6438 la veille.

Sur le plateau du JT de 13 heures, Yves Laethem, porte-parole du centre interfédéral de crise, relevait avec prudence ce ralentissement : "depuis quelques jours, on se rend compte que même si les chiffres augmentent toujours, ils augmentent un peu plus lentement, et ce sont les premiers signes qu’on espérait positifs que les premières mesures qu’on a prises, auraient effectivement un impact".

Un effet de la saturation de certains hôpitaux ?

Il faut toutefois être très prudent quant à l’analyse de cette évolution : en province de Liège, si les admissions n’augmentent pas, c’est que les hôpitaux ne sont plus capables d’accueillir de nouveaux patients ! Plusieurs stratégies sont donc mises en place, comme le transfert vers d’autres provinces (mais cela n’a pas d’effet sur le nombre total d’hospitalisés dans le pays), ou le maintien à domicile ou en maison de repos.

Une stratégie mise à mal par la pénurie de bonbonnes d’oxygène qui se profile.

Une situation qui continue à s’aggraver en soins intensifs

Une autre donnée qui laisse penser que la situation ne s’améliore pas réellement, c’est que le nombre de patients en soins intensifs continue, lui, à augmenter très rapidement, même si un tout petit peu moins rapidement que la semaine dernière. Le nombre de patients en soins intensifs est aujourd’hui passé de 1105 à 1160. Sur une semaine, cette occupation a augmenté de 67% (contre 47% pour les hospitalisations en général).

En poursuivant à ce rythme, même avec les aménagements de la phase 2B, il n’y aura plus de place en unité de soins intensifs dans moins de deux semaines….

Or, même si la tendance des hospitalisations vire à la baisse, celle de l’occupation des soins intensifs peut être décalée dans le temps.

Un nombre de décès qui explose

Une autre donnée qui est en décalage avec les hospitalisations est celle des décès. Or, avec 173 nouveaux décès enregistrés en 24 heures, le bilan funèbre de l’épidémie poursuit sa folle croissance exponentielle.

 

La Belgique a recensé en moyenne 102 décès quotidiens dus au coronavirus entre le 22 et le 28 octobre inclus, ressort-il dimanche matin du bilan provisoire de l’Institut de santé publique Sciensano. C’est une augmentation de 154% par rapport à la semaine précédente, portant désormais à 11.625 personnes le nombre de morts attribuées au Sars-CoV-2 depuis le début de la pandémie.

Mais vu les derniers chiffres enregistrés et non encore consolidés, il apparaît que cette moyenne va continuer à monter rapidement. Une fois reventilés par date de la mort, on se rend compte qu’il y a déjà 148 décès enregistrés en date du 30 octobre, alors que ces chiffres sont encore loin d’être complets, et qu’ils ne sont donc pas pris en compte dans le calcul de la moyenne.

Le temps de doublement des décès, c’est-à-dire le nombre de jours après laquelle ce nombre est doublé, est actuellement de 5 jours. Si la croissance actuelle se maintient, cela signifie que l’on dépassera le pic du nombre de morts en un jour de la première vague (321) dans moins de 5 jours.

Il y a donc tout intérêt à atteindre le pic des hospitalisations très bientôt et à faire repartir ces chiffres à la baisse…

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