Coronavirus en Belgique : l'événementiel, grand (secteur) oublié du déconfinement

Un millier de flight cases, de valises noires, oubliées sur le site du Heysel, à Bruxelles, c’est l’image forte du jour. Elle symbolise une action nationale lancée par le secteur événementiel, secteur touché par la crise du coronavirus, secteur qui n’est toujours pas déconfiné.

Un secteur peu connu du grand public qui emploie pourtant 80.000 personnes sur notre territoire et représenté en Belgique par Virginie Claes.

J’ai annulé tous mes événements depuis le 1er mars

Au micro de François Heureux dans Matin Prem1ère, celle qui fut élue Miss Belgique en 2006, a rappelé les difficultés importantes d’un secteur à l’arrêt depuis plusieurs mois désormais : "J’ai annulé tous mes événements depuis le 1er mars, et en ce moment, je peux vous dire qu’il y a des événements en septembre, octobre ou novembre qui commencent déjà à être replacés pour 2021. Cela veut donc dire qu’ils sont annulés pour 2020. Par exemple, une soirée annuelle, on ne va pas les faire deux fois en 2021".

Et tandis que le déconfinement se fait toujours attendre pour le secteur, la crainte de ne pas voir repartir les activités à la rentrée commence à se faire sentir : "Honnêtement, oui, en ce moment, je commence à avoir peur pour mon activité. Le mois de juillet et le mois d’août, ça va, mais si ça ne reprend pas à partir de septembre, je crois que la plupart des gens vont devoir chercher quelque chose d’autre et avoir une reconversion", précise Virginie Claes.

Heureusement que moi j’ai mon mari

Positive, Virginie Claes reconnaît l’utilité des aides apportées par l’Etat belge : "Je vais quand même déjà dire qu’on est très contents que le gouvernement soit là et qu’on ait quand même déjà eu une prime. Ce droit passerelle, une prime de 3000 euros si je compte du mois de mars jusqu’au mois de décembre, ça ne représente pas beaucoup pour pouvoir passer mon activité. Le droit passerelle suffit pour pouvoir payer la maison. Heureusement que moi j’ai mon mari. Je connais des couples où les deux personnes travaillent dans l’événementiel.

Multitude de métiers

L’impact économique est d’autant plus important que l’évènementiel emploie beaucoup de savoir-faire différents rappelle Virginie Claes : "Il y a ce côté artistique, il y a les graphistes, il y a les organisateurs d’événements, il y a tous ceux qui font la lumière, le son, ceux qui construisent les scènes. N’oublions pas non plus tout ce qui a à voir avec l’aide sur les événements, la décoration, etc. Donc, pour chaque événement, s’il y a un organisateur, il y a au moins neuf prestataires en plus. Et ces prestataires aussi ont leur coût. Nous sommes donc un lien dans tout ce cercle économique. Si on regarde par exemple les salons ou les foires, où on croit qu’on peut vraiment les organiser d’une manière très sécurisée comme aller au supermarché, là aussi on touche pas mal d’autres secteurs dans l’économie."

Pas de risque inutile

Conscient de l’importance de la sécurité sanitaire, le secteur compte bien rassurer les décideurs sur sa capacité à faire la part des choses et respecter les impératifs que la crise impose. À travers leur message "on peut reprendre de manière totalement sécurisée sur le plan sanitaire", c’est leur plan pour respecter les règles qui s’affiche : "Notre secteur a rédigé une matrice où on peut mettre plusieurs paramètres — le nombre de personnes, l’endroit où aura lieu un événement — et cette matrice va donc calculer si un événement aura lieu ou non."

Une date pour (re) commencer

Parmi les demandes adressées au gouvernement fédéral, l’une semble pourtant simple aux yeux de Virginie CLaes : "Quand ?". Quand les évènements pourront-ils recommencer ? "Avoir une perspective, d’avoir une date comme tout le monde l’a eue — l’Horeca l’a eue, l’immobilier l’a eue, les magasins l’ont eue. Je viens d’écouter aussi La Première et Vivacité et j’entends que les sports l’ont, le Formule 1 l’a. On veut donc juste une date, une perspective de savoir si on peut avoir une relance ou non, si on doit aller chercher un autre métier. Même si le Conseil de sécurité dit ' oui, vous pouvez organiser des événements ', on doit encore attendre les entreprises, si elles veulent et peuvent encore organiser des événements."

"Si elles veulent encore organiser un événement, elles contacteront une entreprise événementielle, donc ça prendra encore quelques semaines, voire quelques mois. Et quand je parle des freelances, comme moi, si on fait notre prestation, ça prendra encore du temps avant d’avoir cette rémunération. Donc, même si on nous dit qu’on peut à partir du mois de juillet, ce sera d’office septembre ou octobre avant de recommencer."

Faillites et perspectives

Avec le temps qui passe, le risque de ne jamais redémarrer augmente pour de nombreux acteurs du secteur. Le spectre de la faillite est bel et bien présent pour certains même si l’ingénieure commerciale de formation préfère demeurer optimiste. "Malheureusement, je crois qu’il va y avoir des entreprises qui vont dire ça, mais je veux quand même préciser que nous sommes un secteur qui se sent toujours heureux, avec le plus grand sourire. On va donc quand même essayer de survivre ensemble. C’est juste qu’on voudrait vraiment avoir ce petit sentiment de respect et d’attention et que le public comprenne qu’il y a festivals, les salons et les présentations d’entreprises. Et ce grand mot : perspectives."

Journal télévisé du 18/06/2020

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