Coronavirus en Belgique : l'avis du professeur Yves Coppieters (ULB) sur l'utilité des tests "rapides"

De nouveaux tests rapides de dépistage seront bientôt disponibles, en Belgique et dans d’autres pays. L’AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé) incite le public à accueillir avec prudence ces tests qui promettent un résultat en quelques minutes. Interrogé dans le journal télévisé de la RTBF, l’épidémiologiste Yves Coppieters, professeur de santé publique à l’ULB, distingue deux types de tests rapides : "D’une part les tests rapides salivaires, ils sont toujours en développement en France ou aux Etats-Unis et ils ne sont pas encore disponibles pour faire un diagnostic afin de déterminer si on est contagieux au Covid-19. D’autre part il y a les tests sérologiques qui mesurent les anticorps que vous avez développés si vous étiez en contact avec le virus. Cela mesure l’immunité et le niveau de protection que vous pouvez avoir pour la suite de l’épidémie. Ce sont ces tests rapides que l’on trouve actuellement ou que des firmes sont en train de développer. La firme wallonne Zen Tech en avait déjà développé un, mais il semble que ceux que l’on développe actuellement soient plus fiables".


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"L’Agence du médicament a mis un veto sur les tests rapides pour une période de six mois. Mais on se rend compte qu’avec tous les développements actuels les tests gagnent en fiabilité, ils mesurent mieux l’immunité de ceux qui ont été en contact avec le virus et, sans doute, l’amélioration de la fiabilité des tests va faire changer les choses au niveau de l’Agence, et ils seront probablement homologués, petit à petit, parce que c’est un atout pour la première ligne de soins. En hiver il y aura beaucoup de syndromes grippaux, on fera des tests PCR qui peuvent être négatifs pour diagnostiquer le Covid-19 et, si le médecin a une suspicion, il pourra en plus faire un test rapide pour savoir si le patient n’a pas quand même développé une immunité", poursuit Yves Coppieters.

Alors quand faut-il utiliser un test ? Et de quel type ? "Si vous risquez de faire la maladie, il faut un test PCR (ou un test salivaire qui n’existe pas encore). Si vous voulez savoir si vous avez été en contact avec le virus, ou si votre premier test était négatif et que vous voulez avoir une confirmation, alors ces tests ont tout leur sens. Ces tests permettent aussi de mesurer l’immunité dans la population. On pourrait enfin imaginer de les faire systématiquement dans les maisons de repos : pas pour savoir si les personnes sont actuellement malades, mais pour savoir lesquelles sont potentiellement protégées par les anticorps qu’elles ont déjà développés. On pourrait aussi les utiliser dans les hôpitaux, auprès des patients ou du personnel de santé, afin de savoir qu’il il faut isoler par rapport à ceux qui sont protégés par une immunité acquise".

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