Coronavirus en Belgique : "Grâce aux traitements, on envoie moins de patients aux soins intensifs"

Au rythme actuel, les nouvelles hospitalisations de patients Covid doublent toutes les semaines. Directement liée au risque de saturation des hôpitaux: la durée d'hospitalisations et donc l'efficacité des traitements. Où en sommes-nous? Traite-t-on mieux le Covid-19 aujourd'hui que lors du premier pic? Pour faire la lumière sur cet enjeu sur le plateau de CQFD: Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

On descend moins de patients aux soins intensifs

Comparativement au début de la pandémie, nous avons aujourd'hui une meilleure connaissance des traitements et des traitements efficaces. Dans nos hôpitaux, les patients Covid sous oxygène suivent un traitement à base de cortisone: la dexaméthasone qui n'est toutefois pas destinée aux patients aux stades initiaux de la maladie. Ce médicament anti-inflammatoire et au coût faible est, à ce jour, le seul à avoir prouvé qu’il pouvait sauver des malades du Covid. La courbe des hospitalisations en soins intensifs grimpant moins rapidement que lors de la première vague, peut-on en déduire que nous traitons mieux les malades aujourd'hui? 

"C'est clairement l'impression qu'on a en pratique", répond Leïla Belkhir, "on descend moins de patients aux soins intensifs et oui la dexaméthasone aide beaucoup de patients, avec des durées d'hospitalisation et de récupération plus courtes. Ils ont moins besoin d'oxygène rapidement. On voit vraiment une nette différence dans la prise en charge [...] Il y a encore beaucoup à découvrir mais en tout cas, la dexaméthasone fonctionne, sur la deuxième phase de la maladie".

Des durées d'hospitalisation et de récupération plus courtes

Dans l'attente d'un antiviral efficace...

On ne dispose par contre pas encore de traitement efficace s'attaquant au virus lui-même, explique l'infectiologue: "On n'a pas d'antiviral, soit un médicament qui va aller agir et bloquer la multiplication du virus, qui soit suffisamment efficace: le Remdesivir réduit la durée des symptômes mais n'a pas d'impact au final sur la mortalité, sur le fait que les gens décèdent ou non. Mais je rappelle que ce virus, on ne le connaît que depuis le mois de janvier. Et en 10 mois, on a déjà fait beaucoup de progrès". 

Quid du traitement à base de plasma? Plusieurs études cherchent à démontrer qu’en transfusant du plasma de patients guéris, rempli donc d'anticorps,
à des patients malades du Covid, on peut aider le système immunitaire de ces derniers à mieux se battre et à réduire la quantité de virus. Leïla Belkhir précise que certains patients ont déjà pu bénéficier de plasma dans nos hôpitaux, "via des protocoles cliniques, pour pouvoir évaluer l'efficacité de ce traitement". "Cela se fait sur base d'études randomisées: on compare des patients qui reçoivent le traitement et d'autres qui ne reçoivent rien et on évalue le traitement à terme. Mais là-dessus, les grosses études sont encore en cours", précise l'
infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc.

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