Coronavirus en Belgique : en cas de manque de respirateurs, les hôpitaux pourraient devoir faire des choix entre les patients

Selon plusieurs experts, le pic d’hospitalisations dû au coronavirus en Belgique pourrait être pour le prochain week-end, ou au début de semaine prochaine.

Les hôpitaux sont prêts à accueillir les malades mais la gestion du matériel préoccupe les professionnels de la santé, notamment concernant les respirateurs.

Des appareils essentiels pour maintenir certaines victimes en vie mais qui pourraient manquer. Si ça devait être le cas, les médecins pourraient être confrontés à des choix humains douloureux.


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Dans un avenir proche, va-t-on devoir faire un choix entre les patients qui entrent aux soins intensifs ? Les membres du comité d’éthique de l’hôpital universitaire de Louvain estiment que la priorité peut être donnée aux plus jeunes, à condition que leur état ne soit pas pire que celle du patient plus âgé. Ce texte serait également approuvé par les autres hôpitaux universitaires.


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Un tri est déjà opéré et une série d’interventions et opérations considérées comme non-urgentes sont reportées. Comment prioriser ? "Les opérations qu’il faut privilégier sont certainement les opérations oncologiques : une tumeur du sein, ou une tumeur abdominale par exemple. On a décidé de les prendre en charge parce que l’urgence psychologique est une urgence importante qui est prise en considération. Il y a aussi les opérations urgentes : quelqu’un qui vient avec une fracture ouverte sera opéré tout de suite. Tout ce qui est urgence médicale va être pris en charge tout de suite. La douleur est aussi prise en considération", explique le Dr Philippe El Haddad, directeur général médical du Chirec.

A quoi servent les respirateurs ?

Hôpital Erasme à Anderlecht, dans une chambre, un patient très sévèrement touché par le coronavirus. Inconscient, il est dans un état critique. A ses côtés, une machine indispensable à sa survie : un respirateur.

Dans le cas de ce patient, le poumon n’est plus capable d’oxygéner le sang et il faut donc prendre le relais car la quantité d’oxygène dans le sang diminue. Pour empêcher ce phénomène il faut aider le patient : "On peut mettre des masques à oxygène pour augmenter la concentration d’oxygène dans le sang, mais si ça ne suffit pas, il faut aller mettre de l’oxygène directement dans les poumons, et c’est ça le rôle du respirateur", explique le Dr Jacques Créteur, chef des soins intensifs.

La plupart des hôpitaux du pays ne disposeraient pas d’assez de respirateurs. Ces respirateurs seront pourtant nécessaires pour assurer au mieux les soins pour les patients les plus lourds lors du pic de cas qui devrait arriver dans les prochains jours.

Face à cette situation, le CHU Saint pierre de Bruxelles, l’hôpital de référence du Coronavirus fait un appel aux dons pour financer une dizaine de respirateurs. Il faut savoir que le prix d’un appareil du genre coûte entre 40 et 50.000 euros.

Le chef de clinique adjoint de l’hôpital tente de trouver un maximum de respirateurs possibles, dans les écoles d’infirmières, de kinés ou chez les vétérinaires, par exemple. "On peut aller chercher des respirateurs dans beaucoup d’autres domaines mais ça ne sera malgré tout pas suffisant. Les firmes de respirateurs vont donner leurs respirateurs de tests, de prêts mais ce ne sera pas suffisant. On a besoin de plus de respirateurs que ce qu’on ne peut trouver sur le marché, d’où l’appel aux dons", explique le Dr Philippe Goffard.

Il est clair que nous devrons faire des choix

A l’hôpital Erasme d’Anderlecht, l’inquiétude est la même. Le dr Jacques Creteur redoute l’arrivée de trop nombreux cas nécessitant un respirateur. Et par conséquent, l’obligation de devoir faire des choix humains douloureux.

"Il est clair que nous devrons faire des choix et nous devrons privilégier, quand deux personnes arrivent en même temps, la personne qui a le plus de chances (de survie) de pouvoir bénéficier d’un respirateur et des soins intensifs".

Le discours actuel au cœur des soins intensifs n’est pas rassurant. À ce stade, ils ne sont que six patients positifs au Covid-19 à être sous respirateur à l’hôpital Erasme, mais le nombre de cas lourd pourrait augmenter très prochainement selon le staff de l’hôpital universitaire.

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