Coronavirus en Belgique : deuxième vague et reconfinement ? Les experts veulent s'y préparer

Coronavirus en Belgique : une deuxième vague et un reconfinement ? Les experts demandent aux hôpitaux de s'y préparer
Coronavirus en Belgique : une deuxième vague et un reconfinement ? Les experts demandent aux hôpitaux de s'y préparer - © DIRK WAEM - BELGA

Le déconfinement n’est même pas encore arrivé que le GEES (groupe d’experts sur le reconfinement) réfléchit déjà… à un plan de reconfinement. Samedi, la présidente du groupe d’experts Erika Vlieghe affirme qu’un rebond de la maladie viendra. "Toute la question est de savoir quelle sera son ampleur, explique-t-elle dans les colonnes du journal Le Soir. Il ne faut pas forcément l’attendre pour l’automne, il pourrait aussi survenir pendant l’été. Ce sera notre tâche d’être vigilants et de freiner l’enthousiasme de rouvrir la société trop rapidement. On a vu à quoi la première vague ressemblait. Il faut être préparés pour une deuxième, même si on va essayer de ne pas en arriver là."

Yves Van Laethem, infectiologue au CHU Saint-Pierre et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, confirme qu’un deuxième confinement pourrait être envisagé. "Si les choses redémarrent fort, un confinement et des mesures bien plus drastiques à la chinoise sont possibles", prévient-il dans les journaux du groupe Sudpresse. "Je pense que, si les gens voient à nouveau une hausse de décès et les hôpitaux qui se remplissent, ils respecteront les nouvelles mesures."

Un plan de renforcement des lits Covid-19 dans les hôpitaux

Erika Vlieghe tempère toutefois : "Un rebond n’arrivera pas d’un jour à l’autre : on le verra venir. Il est aussi possible qu’il y ait un rebond à un endroit précis, qui nécessitera une approche spécifique." Mais dans tous les cas, un reconfinement n’est pas à exclure, comme au Japon ou à Taïwan.


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Cette annonce fait écho à une circulaire envoyée aux hôpitaux ces derniers jours, pour les préparer à une potentielle "deuxième vague" de l’épidémie de covid-19. Le risque existe et les établissements, qui doivent progressivement reprendre leurs activités hors-covid, doivent être prêts à accueillir de nouveaux patients en cas de redémarrage. Selon la circulaire, les hôpitaux devront agir en 3 phases : d’abord réserver au moins un lit sur quatre en soins intensifs aux patients covid, ainsi que créer 25% de lits supplémentaires, pouvant être activés en permanence sous 48h, puis doubler, voire tripler ces mesures, une semaine plus tard.


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Du côté des hôpitaux, on juge ces mesures "faisables". "Un triplement des lits de soins intensifs, c'est ce qu'on a connu au moment du pic", rappelle Yves Horsmans, des l'Hôpital Saint-Luc. Selon lui, tout va dépendre de l'importance de ladite deuxième vague. "Le système de vague tient la route, du point de vue théorique, précise-t-il. Il faut rappeler qu’il reste un nombre d’inconnues très important, comme la chaleur, le fait que les gens vont vivre à l'extérieur..." Quant à savoir si le déconfinement qui arrive ce lundi 4 mai aura une incidence sur une recrudescence de l'économie, Yves Horsmans tempère : "une certaine partie de la population a peur, elle va rester chez elle." Notamment les personnes âgées, celles qui ont des facteurs de comorbidité... Bref, les Belges ne vont peut-être pas tous faire la fête dès lundi.

Le blanc total qu'on a connu pose problème

La circulaire insiste sur un autre point : le retour à des soins "électifs", c'est-à-dire plus courants, comme le traitement de diabètes, d'hypertension, etc. La situation devient très difficile, estime Yves Horsens : "On voit des gens avec des AVC très avancés, des personnes qui préviennent trop tard l'hôpital... Notre crainte, en tant que médecins, c'est que beaucoup de gens ne sont plus soignés correctement ou contrôlés." Ajoutez à cela que de nombreuses personnes ont peur d'attraper le covid-19 en se rendant à l'hôpital. "Ce ne sont pas des endroits dangereux", note Yves Horsens.


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La situation n'est bien sûr pas la même dans tous les hôpitaux du pays, mais "le blanc total qu'on a connu pose problème", regrette le médecin. Pourtant, selon lui, les experts préconisaient au départ de prolonger le plan d'urgence Covid. "Tout à coup ils ont changé d'avis : ils ouvrent la possibilité de s’occuper des choses urgentes et nécessaires mais aussi de l'électif", note-t-il. En résumé : faire des soins hors-Covid, c'est possible... tout en restant mobilisé en cas de deuxième vague.