Coronavirus en Belgique: "Des temps meilleurs vont certainement venir", estime Yves Van Laethem

Comme tous les vendredis, le Centre de crise et l'institut Sciensano ont organisé une conférence de presse à 11h pour faire le point sur la situation épidémiologique du coronavirus. 

"Les taux d'infections, les hospitalisations, les décès sont encore tous en diminution", annonce le porte-parole Yves Van Laethem. Cependant, ajoute-t-il, "le nombre de patients en soins intensifs ne semble plus diminuer depuis quelques jours. Par ailleurs, une petite augmentation du nombre de nouvelles infections fait que nous pourrions avoir une petite augmentation du nombre de cas dans les prochains jours."

Une "persévérance nécessaire"

Dans la situation actuelle, "nous sommes toujours sur le plateau  que nous connaissons depuis près de trois mois", ajoute-t-il. Et ceci, rappelle Yves Van Laethem, est dans un contexte où "les magasins sont ouverts, les écoles sont ouvertes, où certains métiers de contacts comme les coiffeurs ont pu reprendre. Nous sommes également en hiver." 

En conclusion, dit-il, "les résultats que nous avons actuellement sont pour le moins positifs." Le porte-parole se montre très optimiste: "Des temps meilleurs vont certainement venir. Non seulement parce que le printemps va arriver, mais aussi parce que la couverture vaccinale va s'étendre de plus en plus."  Pour rappel, le pays a inauguré cette semaine son plus grand centre de vaccination au Heysel.

Mais actuellement, précise-t-il, "dans ce contexte de plateau, une persévérance dans les précautions que nous prenons est encore nécessaire. Cette patience paiera dans un délai qui n'est pas trop long."

Un tiers des infections liées au variant britannique

Actuellement, il y a 1813 nouvelles contaminations par jour. "Ceci est une diminution de 12% sur base hebdomadaire", précise le porte-parole, "mais nous avons également une diminution de tests de l'ordre de 17%".

Cette baisse du nombre de contaminations est principalement observée en Wallonie avec -16%. En Flandre, elle baisse de -12%. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, les contaminations se stabilisent à +1%.

En nombres absolus, c'est toujours en Flandre-Occidentale qu'il y a le plus de nouveaux cas, vient ensuite Anvers et puis Bruxelles.

Pour les deux dernières semaines, "on estime qu'il y a 37,4% des infections causées par le variant britannique. 4,6% sont liées au variant sud-africain", explique Yves Van Laethem. "Cette présence du variant britannique montre une légère augmentation par rapport à la semaine précédente, mais elle est moindre que celle qu'on a pu craindre", ajoute-t-il.

Un "premier signe de l'impact de la vaccination"

En moyenne, 120 hospitalisations liées au coronavirus sont enregistrées par jour. C'est une situation "également sur un plateau avec une diminution de 4%", précise Yves Van Laethem. Cette baisse est essentiellement liée à la diminution du nombre d'admissions de personnes venant de maisons de repos.  En décembre, 18% des patients admis à l'hôpital venaient de maisons de repos. Ce chiffre est n'est plus qu'à 8% actuellement.

"Ceci est probablement un premier signe de l'impact de la vaccination dans les maisons de repos, qui ont été les premières couvertes à partir de début janvier", estime le porte-parole.

La situation est un peu en contraste au niveau des soins intensifs parce qu'"on a 6% d'hospitalisations en plus". 

Double dose pour tout le monde

Pour l'instant, 378.000 personnes ont été vaccinées en Belgique et 230.000 ont reçu leur deuxième dose. "La deuxième dose a donc occupé beaucoup de place dans les démarches de vaccination", précise le porte-parole. "17 % des plus de 80 ans ont reçu une première vaccination. 14% ont reçu une deuxième vaccination." 

Par ailleurs, Yves Van Laethem précise que la Belgique maintiendra la vaccination en deux doses, même si la personne a déjà été infectée par le coronavirus. Selon certaines données, ces personnes déjà pourraient être protégées avec une simple dose contre le virus dans sa forme originelle. Mais dans un "contexte où les variants vont augmenter", la Belgique a adopté un principe de "précaution" et décidé de maintenir la double dose, précise le porte-parole.

Des "informations entachées d'erreurs" sur AstraZeneca

Yves Van Laethem tient à donner des "informations fiables" à propos du vaccin d'AstraZeneca. Depuis le 12 février, il est venu renforcer l'arsenal belge, composé des vaccins de Pfizer et Moderna. 

"Il y a eu beaucoup de bruit et d'informations entachées d'erreurs autour de ce vaccin", annonce-t-il. Ces discussions, admet-il, "sont en partie liées au fait que dans un pays comme l'Afrique du Sud, ils ont temporairement arrêté cette vaccination. Parce que là bas, une partie des personnes vaccinées présentaient encore des symptômes légers à modérés s'ils étaient infectés avec la souche sud-africaine." Nénamoins, ajoute-t-il, "rien n'indique que cette vaccination ne protège pas contre les formes graves."

"Il existe aussi une certaine confusion autour des tranches d'âge couvertes par ce vaccin", ajoute-t-il. "Un certain nombre de pays - dont la Belgique - ont décidé d'administrer ce vaccin chez les 18-55 ans. Et pas des personnes âges de plus de 55 ou 65 ans. Ceci n'est pas le fait que ce vaccin ne fonctionne pas ou pose des problèmes chez les personnes plus âgées. Mais parce que les données sont extrêmement limitées ou inexistantes dans les tranches d'âge en question. Nous attendons des données supplémentaires."  

Ces données sont attendues dans les semaines qui viennent et "pourraient faire réévaluer notre position", précise Yves Van Laethem.

"Il faut souligner que l'OMS a déclaré la semaine dernière qu'elle reconnaissait ce vaccin comme étant adéquat jusqu'à - y compris - des personnes de plus de 65 ans", ajoute-t-il. 

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