Coronavirus en Belgique : des étudiants doivent définitivement annuler leur Erasmus

Au printemps dernier, le confinement avait contraint beaucoup d’étudiants en échange à rentrer en Belgique. Presque un an après, la crise du coronavirus continue de chambouler les projets des étudiants belges voulant étudier une ou une demi-année dans une université étrangère. Beaucoup sont contraints de définitivement annuler leur séjour qui avait parfois déjà été reporté.

Ainsi, la mobilité étudiante internationale a fortement chuté ces derniers mois. Les chiffres varient selon les universités. A l’UCLouvain, les échanges ont diminué d’environ 50% lors du premier quadrimestre. A l’ULB, il y a pour l’instant 40% d’annulation pour les mobilités étudiantes de cette année académique.

Les échanges hors Europe davantage impactés

Malgré la crise sanitaire toujours en cours, certains étudiants ont bon espoir de partir en Erasmus. Tristan, étudiant en communication, doit aller étudier en Italie dès le mois de mars et il est confiant : "A priori, je vais pouvoir partir. J’ai la chance d’avoir un pays européen, et non pas une destination comme le Canada ou les Etats-Unis, où les frontières sont toujours fermées, et où la situation sanitaire n’est pas vraiment enviable."

Ce sont surtout les échanges hors Europe qui sont concernés par les annulations. Lucie (prénom d’emprunt), étudiante à l’ULB, avait vu son séjour au Canada reporté au second quadrimestre de cette année académique 2020-2021. Mais à cause de la pandémie de Covid-19 qui n’en finit pas, elle a dû y renoncer définitivement un peu à la dernière minute.

"Je me suis retrouvé dans une situation où il n’y avait pas beaucoup d’alternatives, où il y avait beaucoup d’incertitudes et où je me suis sentie un peu obligée d’annuler. Je m’éloignais vraiment de l’expérience Erasmus que je recherchais. C’est très frustrant", explique-t-elle.

Par ailleurs, cette annulation a des conséquences sur son année académique. Pensant qu’elle allait partir, Lucie ne s’est pas inscrite à suffisamment de cours au 1er quadrimestre pour valider son année. Des cours qu’elle devra rattraper au mois d’août, en seconde session. Face à cette situation, elle dit s’être sentie délaissée et dénonce un manque de communication de la part des responsables académiques.

Une situation exceptionnelle

Du côté de l’ULB, on invoque une situation exceptionnelle. "Cette situation est exceptionnelle pour tout le monde, y compris pour les professeurs et pour le personnel des universités. Nous devons donc faire preuve de flexibilité : les professeurs, les universités, mais également les étudiants", explique Anne Weyembergh, vice-rectrice aux affaires extérieures et à la coopération au développement.

Selon elle, la communication et l’information sont essentielles, mais il n’est pas toujours aisé de communiquer et d’informer clairement les différentes parties prenantes à cause de la situation qui est fort changeante. L’évolution actuelle de la pandémie avec la propagation de toute une série de variants ne facilite pas les choses.

La mobilité virtuelle a ses limites

Parmi les solutions proposées, étudier dans une université étrangère, mais depuis chez soi, en suivant les cours à distance. C’est la mobilité virtuelle, à ne pas confondre avec le programme Erasmus + Virtual Exchange, qui est un programme visant à favoriser les échanges interculturels entre les jeunes européens et ceux des pays du sud de la Méditerranée.

"Le virtuel en mobilité comporte un risque accru d’isolement de nos étudiants"

Néanmoins, ce type de mobilité convient à bien peu de monde. Pour Anne Weyembergh, la mobilité virtuelle a de nombreux aspects négatifs. "Il y a certains soucis techniques, des problèmes de décalage horaire par exemple. Cela conduit nos étudiants en mobilité virtuellà suivre des cours pendant la nuit. Nous nous sommes aussi rendu compte que sur le plan psychologique, le tout virtuel n’est clairement pas l’idéal. Ça a bien entendu des conséquences négatives qui peuvent être encore plus sérieuses en cas de mobilité. Les étudiants en échange virtuel n’ont pas de contacts avec leurs camarades dans l’université d’accueil, puisque tout est virtuel. Mais ils ont aussi bien souvent perdu ou restreint le contact avec leurs camarades dans leur université d’origine puisqu’ils ne suivent plus les mêmes cours. Et donc le virtuel en mobilité comporte un risque accru d’isolement de nos étudiants", explique-t-elle. On est donc très loin des valeurs d’échange et de partage censées apporter les expériences Erasmus…

Étudiants à l'étranger: la pandémie change la donne (JT 13/07/2020)

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