Coronavirus en Belgique : "Début de deuxième vague" pour Marc Van Ranst, "une vaguelette" selon Yves Van Laethem

Coronavirus en Belgique : "Début de deuxième vague" pour Marc Van Ranst, "une vaguelette" selon Yves Van Laethem
Coronavirus en Belgique : "Début de deuxième vague" pour Marc Van Ranst, "une vaguelette" selon Yves Van Laethem - © Tous droits réservés

Le virologue Marc Van Ranst a prévenu vendredi qu’une deuxième vague de la pandémie de coronavirus menaçait la Belgique, au vu des chiffres révélant une hausse du nombre de contaminations qui risque d’entraîner une augmentation du nombre d’hospitalisations. "Face à ces chiffres, il faut bien dire que nous sommes au début d’une deuxième vague", a-t-il déclaré au micro de la VRT-radio, dont il était l’invité.

Selon les derniers chiffres de l’Institut de santé publique Sciensano, la moyenne quotidienne de nouvelles infections au Covid-19 a augmenté de 32% au cours de la période du 7 au 13 juillet par rapport à la semaine précédente, pour atteindre 114,7 personnes contaminées par jour.

Quant au taux de reproduction du coronavirus, il est de nouveau passé à 1 en Belgique. Cela signifie qu’un malade atteint du Covid-19 contamine lui-même en moyenne une nouvelle personne. C’est la première fois que ce taux passe au-dessus de 1 depuis le 4 avril, lors du pic épidémiologique. Il se situait alors à 1,06. "C’est beaucoup et cela dure depuis longtemps", a affirmé vendredi Marc Van Ranst.

Sur Twitter, le médecin ajoute cette injonction : "Ga terug in uw kot" ("Rentrez chez vous"). Même si, souligne-t-il, la situation n’est pas la même que lors du confinement au mois de mars dernier. "La seule différence avec le mois de mars est qu’à cette époque, nous n’avions vraisemblablement détecté qu’un cas sur dix. Pour l’instant, nous serions à environ 1 sur 3. Cela nous donne un peu (mais pas beaucoup) de répit."

Une vaguelette qui se profile clairement à l’horizon

Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral coronavirus, n’est pas du même avis. Interrogé par la RTBF sur l’arrivée d’une deuxième vague, il estime que ce n’est "absolument pas" le cas. "On a effectivement une vaguelette qui se profile clairement à l’horizon. Celle-ci semble relativement localisée sur un certain nombre de provinces flamandes (Anvers, la Flandre-Occidentale et le Limbourg). Il faut maintenant déterminer localement ce qui se passe exactement", déclare-t-il.


►►► À lire aussi : C’est quoi, le taux de reproduction d’un virus ? A combien doit rester le R pour le coronavrius ?

►►► À lire aussi : Mais au fait, c’est quoi exactement une deuxième vague ?


Vers un reconfinement ? "Nous allons devoir être très créatifs"

"C’est un électrochoc absolu. Tout le monde devrait s’y mettre : garder ses distances, porter un masque là où c’est nécessaire et limiter le nombre de contacts sociaux. La règle de 15 contacts par semaine n’a pas été adoptée par hasard et je sais que tout le monde n’y adhère pas", a ajouté le virologue et épidémiologiste à l’Université de Louvain (KUL).

Selon Marc Van Ranst, ces chiffres incluent déjà des gens qui commencent à revenir de vacances. "Nous devons d’urgence savoir d’où" ils reviennent, a-t-il souligné.

Le prochain Conseil national de sécurité (CNS), prévu pour le jeudi 23 juillet prochain, ne décidera pas de nouvel assouplissement des mesures de confinement, selon lui. Si les chiffres continuent à évoluer dans la même direction, ce sera plutôt un renforcement des mesures, a avancé Marc Van Ranst, qui ne prévoit toutefois pas (encore) de reconfinement complet. "C’est difficile à organiser sans (causer) d’énormes dégâts économiques. Nous allons donc devoir être très créatifs", a conclu le virologue.

"Nous n’y sommes pas encore"

Quant à Yves Van Laethem, il expliquait ce jeudi que, si une augmentation du nombre de cas est constatée dans certaines zones du pays, il faudra envisager des mesures locales. Par exemple la fermeture anticipée des restaurants dans une région donnée. Selon l’infectiologue, "il n’y a que si les choses continuent comme ça et se cristallisent à certains endroits qu’il faudra envisager un reconfinement partiel, mais nous n’y sommes pas encore".

Une des mesures potentielles envisagées par Yves Van Laethem serait l’autoconfinement des personnes plus fragiles. Sans qu’elles y soient contraintes, elles pourraient être invitées à rester davantage à l’intérieur, et leurs proches encouragés à limiter les contacts à risques. Il s’agirait de s’imposer ses propres limites.

Enfin, pour l’infectiologue, "il faudrait surtout de bonnes campagnes de dépistage dans les zones touchées. Elles permettraient de mieux connaître la situation et de pouvoir éventuellement confiner les personnes qui seraient positives, tandis que les autres pourraient sortir". Ainsi, le confinement serait très local.


►►► À lire aussi : Quelles sont les provinces et communes où le coronavirus augmente le plus ?


 

Yves Coppieters à propos d'une possible deuxième vague dans notre JT du 17/07/2020

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK