Coronavirus en Belgique: comment les organisateurs de fêtes d'anniversaires pour enfants gèrent les annulations

Les fêtes d'anniversaires sont annulées.
Les fêtes d'anniversaires sont annulées. - © MONEY SHARMA - AFP

Les mesures annoncées jeudi soir par le Conseil national de sécurité sont lourdes de conséquences, alors que la Belgique doit elle aussi faire face à l’épidémie de coronavirus. Les interrogations de toute une série de secteurs sont multiples. Exemple avec les plaines récréatives qui organisent des anniversaires chaque mercredi après-midi et chaque week-end.

Direction Anderlecht sur le site de Neerpede. Dans cet espace verdoyant en bordure de ville : le centre Mayfair, ouvert en 1998. Celui-ci s’est spécialisé en fêtes d’anniversaires pour jeunes enfants mais aussi en stages pendant les vacances scolaires et activités en lien avec les écoles. Autant le dire : le lockdown décidé jeudi et qui doit durer trois semaines est perçu comme une catastrophe.

Reports et annulations

"D’ici au 3 avril, nous avions programmé 54 anniversaires. Ce dimanche, dix anniversaires devaient être organisés", détaille Stéphanie Delvaux, secrétaire du Mayfair. "Nous sommes en train de contacter chaque parent pour leur annoncer que nous ne pouvons plus organiser la fête pour leur enfant. En général, les parents acceptent de reporter la fête à une date ultérieure car cela doit encore rester un moment important pour leur enfant. Mais nous avons aussi des annulations. Les parents sont inquiets et c’est compréhensible." En semaine, le Mayfair accueille des journées récré-sportives à destination des écoliers. "Chaque jour, ce sont entre 60 et 75 enfants qui viennent au Mayfair."

Bref, l’arrêt des activités de ce centre qui dispose d’un grand bac à sable, d’un circuit automobile pour enfants ou encore d’une piscine à balles représente un manque à gagner qui se chiffre en dizaines de milliers d’euros. "Des anniversaires sont prévus au mois de mai et juin. Avec les reports que nous organisons et qui représentent désormais la priorité pour nous, ce sont des anniversaires de mai et juin que nous pourrons plus honorer." Le personnel du Mayfair va aussi basculer en chômage temporaire. "Le personnel fixe représente quatre personnes mais à cela il faut ajouter une quarantaine d’étudiants qui bénéficient de contrats flexibles."

Dernière question : qu’en sera-t-il après le 3 avril ? "Nous n’avons pas d’informations alors que des stages sont programmés pour les vacances de Pâques. Ce qui sera compliqué, c’est si les mesures se prolongent et que nous l’apprenons peu avant cette date. Comment allons-nous faire pour déprogrammer les stages ?"

Au Mayfair comme dans les autres centres accueillant des enfants, un rappel des règles d’hygiène était formulé.

Environ 95.000 euros de manque à gagner

Pierre Tancré est le directeur du parc d'aventures couvert Koezio, en région bruxelloise. Une structure qui va tout simplement fermer pendant trois semaines avec un impact financier conséquent. "Par weekend, nous organisons en moyenne une vingtaine d'anniversaires. Nous organisons également des événements comme des team-buildings à destination des entreprises. Le manque à gagner pour ce public-là représente environ 65.000 euros. Le manque à gagner cette fois pour notre clientèle "particuliers" s'élève à quelque 30.000 euros par weekend.

Koezio Belgique, c'est un parc situé sur le site du shopping Docks et la filiale d'un groupe français comptant cinq implantations. "Pour la Belgique, ce sont une cinquantaine de travailleurs concernés à savoir des étudiants et des employés. Nous allons garder une toute partie du personnel pendant ces trois semaines, pour réaliser des travaux mais tout le reste sera malheureusement mis en chômage économique", se désole le gérant.

Le Stardust Park de Forest, parc d'attractions couvert, ferme aussi ses portes. "Les anniversaires du mois de mars sont prévenus aujourd’hui et demain pour les annulations", explique cet espace qui accueille des fêtes chaque week-end.

Il faut savoir que l'organisation des fêtes d'anniversaire est devenue un vrai "business", une activité économique à part entière qui emploie plusieurs personnes à Bruxelles et en Wallonie.