Coronavirus en Belgique : comment gérer les rassemblements ? Des interventions compliquées pour la police

Ce samedi 20 mars avec une météo ensoleillée, au moins 3 événements ont rassemblé de nombreuses personnes en Belgique. Dans l’après-midi, plusieurs centaines de manifestants étaient réunies au Bois de la Cambre à Bruxelles pour protester contre les mesures actuelles relatives au coronavirus. Toujours dans la capitale, le Carnaval sauvage a traversé Bruxelles. Environ 200 personnes accompagnées parfois d’enfants se sont rassemblées sur la place des Marolles. Le groupe s’est ensuite dirigé vers Saint-Gilles et Forest, glanant au fur et à mesure des spectateurs et des participants supplémentaires. Il y aurait eu 600 personnes. Enfin, en province de Liège à Tilff, ce n’est pas le carnaval ni une manifestation qui est à l’origine d’un rassemblement sur la place, mais des citoyens venus chercher des plats à emporter. Au final, environ 400 personnes sont restées pour boire et manger. Dans tous ces cas la police a dû intervenir pour disperser la foule. Des interventions compliquées, selon les forces de l’ordre.

Comment la police gère-t-elle ces évènements ?

Dans le cadre du respect des mesures pour lutter contre le coronavirus (maximum dix personnes à l’extérieur, 1,5 mètre, couvre-feu), comment les forces de l’ordre peuvent-elles gérer des événements qui rassemblent parfois des centaines de personnes comme ceux qui ont pu se produire ces derniers jours en Belgique ?

A Bruxelles

Dans le cas du Carnaval improvisé place du Jeu de Balle à Bruxelles, la fête s’est poursuivie en soirée dans la commune d’Anderlecht. La police a décidé à un moment de disperser la foule, mais des carnavaliers restaient et bloquaient la circulation. Les forces de l’ordre sont alors intervenues et ont activé les autopompes à faible puissance.

Olivier Slosse, le porte-parole de la police de Bruxelles-Capitale Ixelles nous explique que l’intervention est graduelle et cela se fait si les autres moyens sont épuisés. "Si on s’est parlé et on n’a pas pu faire passer le message […] Si le comportement des personnes est tel qu’il y a un refus de coopération, qu’il y a peut-être de l’agressivité et aussi des jets d’objets. Alors on va utiliser ce type de moyen effectivement". L’intervention est graduelle et elle se durcit quand des affrontements ont lieu. Samedi, cela a mené à une dizaine d’arrestations administratives.

A Tilff

A Tilff ce sont environ 400 personnes qui se sont rassemblées pour boire et manger. La police les a dispersés dans le calme en début de soirée. Vincent Braye, chef de corps de la zone de police Secova, décrit un rassemblement pacifique : "Nous n’avons a priori pas l’intention d’aller à la confrontation avec population, mais il faut bien faire respecter les mesures sanitaires. Nous faisons de la sensibilisation préventivement à ce type d’évènements, mais manifestement ça ne suffit pas".

La police doit donc s’adapter avec le risque que cela arrive de plus en plus souvent avec l’arrivée du printemps, comme cela a déjà pu se produire ce samedi. "Ça va se passer, je crains, un peu partout en fonction du beau temps et de cette lassitude qui gagne la population. Et si ça se multiplie ça risque de devenir compliqué à gérer".

Le chef de corps espère qu’avec la campagne de vaccination, les mesures sanitaires pourront s’alléger le plus rapidement possible. Mais en attendant, les forces de l’ordre tentent de travailler en amont en sensibilisant au maximum la population au respect des mesures sanitaires.

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