Coronavirus en Belgique : ces étranges variants anglais, sud-africain et brésilien qui inquiètent nos experts

Les variants anglais, sud-africain et aujourd’hui brésilien, on ne parle plus que d’eux aujourd’hui. Les experts sont inquiets et on les comprend car ils sont plus contagieux mais surtout nous ne sommes pas immunisés contre ces variants même si nous avons déjà fait le covid.

Un variant c’est quoi ? C’est une forme du virus qui rassemble une combinaison inédite de mutations. Quand un nouveau variant émerge avec un fort taux de croissance et une dispersion géographique assez impressionnante, trois questions se posent : ce variant est-il plus transmissible ? Est-il plus virulent et associé à des symptômes plus ou moins forts au niveau des personnes infectées ? Enfin, ce variant pose-t-il un problème pour l’efficacité de la vaccination ? Ces questions, nous les avons posées à Simon Dellicour, épidémiologiste et chercheur FNRS à l’ULB.

Plus de 70 cas de variants anglais détectés en Belgique

Les experts l’affirment, les cas détectés sont largement sous les chiffres des cas existants sur notre territoire. Marc Van Ranst, virologue à la KU-Leuven, évoquait sur nos antennes le week-end dernier, un chiffre de 600 cas existants. Et d'heure en heure, les chiffres ne cessent d'augmenter ce jeudi soir. Simon Dellicour reste prudent et attend de savoir sur quels éléments son collègue s’est basé avant de confirmer le chiffre de plusieurs centaines de cas. 

Pouvons-nous enrayer la propagation du variant anglais sur le sol belge ? Simon Dellicour en doute : "Nous pouvons la ralentir mais nous ne pouvons pas l’arrêter. Nous savons déjà que certains de ces cas sont déjà des cas de transmission locale." Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de cas importés mais également de transmissions du virus entre Belges sur notre territoire.

Il faut dire que le variant anglais est plus contagieux que les précédents variants. Alors que vous infectez une personne avec le covid-19, vous en infectez une et demie avec son variant anglais. Simon Dellicour résume la situation : "Le variant anglais est plus contagieux mais rien n’indique qu’il serait associé à des symptômes plus importants. Rien n’indique non plus qu’il présenterait un problème de vaccination. Ces informations doivent, toutefois, encore être confirmées."

Un cas de personne infectée au variant sud-africain en Belgique

Après le variant anglais, c’est le variant dit Sud-africain qui inquiète davantage les chercheurs. Sa dispersion rapide inquiète. Il est déjà présent en Amérique du Nord, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Scandinavie, Chine, Japon et au moins six cas ont été recensés, chez nous, en Belgique.

Simon Dellicour constate : "Le variant sud-africain est apparu dans un pays où il y a moins de surveillance génomique. Résultat, nous avons moins de données le concernantSa rapide propagation fait cependant craindre elle aussi à une plus grande transmissibilité, d’autant plus que ce variant partage une mutation importante avec le variant qui a émergé sur le sol britannique."

Comme le variant anglais, il est donc plus contagieux. Aujourd’hui, il représente 60 à 75% des cas positifs en Afrique du Sud. Mais surtout, les anticorps acquis suite à une précédente infection pourraient avoir des difficultés à la reconnaitre. Autrement dit, même si nous avons déjà été infectés par la COVID, nous pourrions être réinfectés par ce nouveau variant.

La ville de Manaus au Brésil malgré son immunité collective acquise réhospitalise massivement

Le variant brésilien pose le même problème. La population de la ville de Manaus au Brésil, fortement touchée par la 1re vague épidémique, avait acquis une immunité collective selon les experts. Mais aujourd’hui, les hospitalisations y sont à nouveau à la hausse. Il commence à se disséminer à l’étranger puisque ce variant a été détecté au Japon.

Autre crainte des experts, cette nouvelle souche de coronavirus ainsi que le variant Sud-africain pourraient peut-être échapper en partie aux vaccins.

De son côté, le laboratoire BioNTech a assuré que le vaccin contre le Covid-19 de BioNTech/Pfizer semble fonctionner contre une "mutation clé" des variants, qu’ils soient britannique, sud-africain ou brésilien. Si nécessaire, promet la start-up allemande, le vaccin pourra être modifié en six semaines.

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