Coronavirus en Belgique : certificat de quarantaine, formulaire pour retracer ses contacts… Voici ce que l’on sait déjà sur le "tracing"

Le tracing des personnes atteintes par le coronavirus est l’un des aspects présenté comme essentiel pour tenter de contenir l’épidémie et poursuivre la stratégie de déconfinement progressif.

Ce tracing, ou "recherche des contacts", consiste à appeler les personnes détectées positives pour savoir avec qui elles ont elles-mêmes été en contact lors des jours où elles étaient potentiellement contagieuses.

Le "retraçage" des contacts qu’un patient détecté positif a côtoyé, fait appel à la mémoire des patients. Pour les accompagner, un document a été créé et est téléchargeable. Il est accessible à tous et pourrait s’avérer utile pour aider les personnes qui sont détectées positives au covid-19. S’il n’est pas obligatoire de le remplir, il peut vous aider à vous souvenir de vos différentes interactions et prévenir les personnes qui auraient pu être en contact avec vous et donc avec le coronavirus.


►►► À lire aussi : Toutes nos infos sur le coronavirus


Par ailleurs, selon la VRT, les cinq mutuelles nationales, ainsi qu’un groupe de centres d’appels, seront responsables du tracing en Flandre avec un consultant, tout comme ce sera le cas à Bruxelles.

Côté wallon, des tests ont eu lieu et un marché public de services urgent relatif à des prestations externalisées de "contact tracing" a été lancé et prévoit que le prestataire pourra mobiliser environ 570 personnes jusqu’au 31 décembre 2020 (avec possibilité de prolongation). La Cellule des Maladies Infectieuses assurera le pilotage du projet en lien permanent avec le prestataire de service qui sera désigné par la Wallonie.

Si dans un premier temps il a été question d’utiliser une application pour opérer ce "traçage", et qu’aucune partie prenante n’a annoncé officiellement l’abandon total du système, le smartphone n’est aujourd’hui plus considéré comme un outil prioritaire par les régions qui s’en remettent à une stratégie basée sur des "call centers", jugée par certains observateurs comme étant "une technologie du passé".

Mais comment va se passer ce "tracing" à la belge ? Voici quelques éléments :

 

1. Comment cette recherche de contacts est-elle organisée ?

2000 personnes seront en charge du "tracing" en Belgique via les trois régions. Ces "traceurs de contact" en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie passeront cinq types d’appels téléphoniques : avec les personnes infectées, leurs personnes de contact et le personnel soignant, avec les médecins de référence des écoles, des centres de soins résidentiels ou d’autres groupes si un contact infecté s’y produit, et avec les personnes qui ont déjà été appelées mais qui doivent être suivies.

Il appartient à chaque région de décider comment gérer ces centres d’appels. La VRT a appris, "à bonne source", qu’il s’agirait en Flandre d’une collaboration entre les cinq mutuelles actives au niveau national, avec divers centres d’appels et un consultant, tout comme c’est le cas à Bruxelles.

Au nord du pays, 100 fonctionnaires flamands sont actuellement en train de "faire un essai". Ils testent maintenant le logiciel et s’appellent entre eux pour tester les questions. "Le système devrait être prêt le 11 mai", a assuré le ministre du bien-être social Wouter Beke (CD&V).

2. Comment se passent ces appels téléphoniques ?

Lors d’un tel appel téléphonique, il vous sera demandé d’indiquer avec qui vous avez été en contact ces derniers jours. Il est possible également que vous soyez appelé pour vous informer que vous avez été en contact avec une personne infectée, sans indiquer qui exactement. L’accent est mis sur les contacts jusqu’à deux jours avant le début de la maladie et la semaine suivante, mais cela peut aussi remonter plus loin.


►►► À lire aussi : Bernard Delvaux sur le "tracing belge": "C’est une technologie du siècle passé"


Si vous avez subi un test, votre médecin peut déjà vous demander de télécharger et commencer à remplir un formulaire listant vos contacts. De cette manière, la démarche de recherche des contacts en contact avec la personne détectée positive commence avant même l’appel des "call centers".

Ce formulaire de contact, téléchargeable ici, vous invite à noter si vous avez eu un "contact physique" avec quelqu’un. Des informations que nous ne partageons pas habituellement.

2 images
Formulaire de description pour le tracing : https://www.ehealth.fgov.be/fr/esante/covid19-centres-de-tri/formulaire-pour-la-description-des-contacts © Portail des services de l’eSanté

Mais est-il vraiment nécessaire maintenant que nous gardions tous une trace de nos contacts grâce à ce formulaire ? Emmanuel André, qui dirige le comité de recherche, l’a en tout cas suggéré sur Twitter.

Une invitation à référencer vos contacts mais qui ne pourra pas devenir une obligation.

3. Que se passe-t-il si vous êtes appelé par un "call center" ?

S’il s’avère que vous avez été en contact étroit avec une personne contaminée (plus de 15 minutes à moins d’un mètre et demi, ou dans un environnement fermé), on vous demandera de vous isoler chez vous pendant 14 jours et de prendre votre température deux fois par jour.

Vous pouvez toujours sortir pour acheter de la nourriture ou aller à la pharmacie, mais vous devrez porter un masque de protection partout et, bien sûr, respecter toutes les autres mesures d’hygiène. Seul le personnel soignant, par exemple, peut exceptionnellement continuer à travailler à l’extérieur, si cela est nécessaire pour assurer les soins.

Vous pourrez toutefois continuer à travailler à domicile. Pour cela, vous recevrez un "certificat de quarantaine", qui doit montrer que vous ne pouvez pas physiquement aller travailler. Votre médecin traitant peut vous délivrer ce certificat, mais les centres d’appels peuvent également le faire eux-mêmes dans des "cas strictement définis" et avec l’intervention d’un inspecteur de la santé.

Si vous ne pouvez pas travailler à domicile, vous serez mis au chômage temporaire ou, dans le cas des travailleurs indépendants, vous bénéficierez d’un prêt relais. Dans ce cas, vos revenus seront moins élevés.

4. Qu’en est-il de ma vie privée ?

Dans les centres d’appels, les appelants ne verront qu’un nom, un numéro de téléphone et l’un des cinq scénarios qu’ils doivent suivre (un pour une personne infectée, un pour un contact, etc.).

"Ces données sont stockées dans un cloud privé", explique Frank Robben de la Crossroads Bank Social Security, qui participe à la mise en place du système. "Les appelants ne voient pas ces données.", explique-t-il à la VRT.

Les données auxquelles les téléphonistes ont accès sont stockées avec toutes les autres données dans une base de données sur les ordinateurs de Sciensano, l’institut scientifique qui publie également les chiffres quotidiens du coronavirus dans notre pays. Ils disposent déjà de données provenant de personnes testées dans les laboratoires, les hôpitaux, et parfois aussi de médecins généralistes.

Cependant, ces données ne sont pas facilement accessibles. Si, par exemple, elles sont utilisées un jour pour la recherche scientifique, elles ne seront plus traçables et ne permettront donc plus de remonter à la personne. "Après la pandémie, les contacts seront également supprimés", explique M. Robben.

Journal télévisé du 04/05/2020

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK