Coronavirus en Belgique : "Ce qu’il faut éviter c’est un second lockdown", selon Thierry Neyens (Fédération Horeca)

La Première ministre s’est exprimée lors d’une conférence de presse sur les nouvelles mesures prévues pour la Belgique à partir de ce samedi 25 juillet. Parmi celles-ci, l’obligation du port du masque dans les établissements Horeca (sauf une fois assis pour manger et boire).

Par ailleurs, les clients devront laisser une adresse mail et un numéro de téléphone afin de pouvoir être contacté en cas de contamination au sein de l’établissement.

Pour le secteur de l’Horeca, comme pour celui de l’événementiel, ces mesures ne vont pas faciliter la tâche, mais il va falloir s’adapter pour endiguer le rebond de l’épidémie que connaît le pays.


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S’adapter

Pour Thierry Neyens, le président de la Fédération Horeca Wallonie, ces mesures sont certainement nécessaires au regard de la situation sanitaire, même s’il l’admet, cela risque de compliquer le travail des établissements. "Il y a un intérêt collectif à protéger ensemble la population et notre personnel mais espérons que ces mesures seront limitées dans le temps et que nous aurons la compréhension de la part de la clientèle", dit-il.

Pour le secteur de l’événementiel, Sophie Wilmès a évoqué une potentielle reprise à partir du 1er septembre. "Ce n’est pas forcément une surprise", indique Vinciane Morel, représentante de l’alliance des associations professionnelles belges du secteur événementiel. Mais, même si cette date donne un espoir, Vincianne Morel rappelle qu’il "faut plusieurs mois pour organiser un événement et donc pour cette année je pense vraiment que l’on manque de perspective".

"On s’y attendait au regard des chiffres", admet Vincianne Morel. Mais il y a une pointe de "frustration", explique la représentante, car le secteur a fourni "un protocole avec une vingtaine de paramètres, avec la distanciation sociale mais aussi des routes de circulation […] dans les supermarchés, grandes surfaces etc...beaucoup moins de choses sont mises en place que ce que nous, on prévoit pour nos événements, la frustration vient de là aussi".

Que ce soit pour le secteur de l’Horeca ou celui de l’événementiel, la situation sanitaire et la santé publique sont ce qui doit primer, et la nécessiter de s’adapter aux mesures voulues par les autorités l’emportent. Même si les difficultés que cela représente font peser quelques doutes. "On doit accepter de faire le gros dos pour éviter un second lockdown. On sait que c’est un intérêt collectif […] mais espérons que ce sera limité dans le temps", indique Thierry Neyens.

Le rôle de l’Horeca dans le suivi de contact

Sophie Wilmès l’a annoncé ce jeudi. Désormais, lorsque vous irez au restaurant ou dans un bar vous devrez laisser vos informations à l’établissement. Un moyen supplémentaire dans le dispositif de suivi de contact. C’est "un rôle supplémentaire pour ce qui est des normes à respecter, une responsabilité", souligne Thierry Neyens.

Ce qu’il y a aussi c’est que ces établissements sont tenus de respecter le règlement européen de la protection des données, le RGPD. "Le RGPD nous impose de ne pas utiliser les données de certains clients à des fins commerciales, à d’autres fins que le tracing […] c’est un engagement que chaque exploitant devra prendre et respecter", explique-t-il. Un engagement nécessaire de la part des patrons des établissements.

Mais la crainte c’est que cela puisse faire fuir la clientèle. "Nous espérons une compréhension de la part de la clientèle et espérons qu’on n’aura pas de fausses informations", souligne Thierry Neyens.

Reste désormais à apporter des précisions sur la marche à suivre. Le ministre de l’Intérieur, Pieter de Crem, expliquait à ce propos que les données seraient supprimées d’ici 15 jours. Et le RGPD stipule que les établissements n’utiliseront pas les données à des fins commerciales. "On sait que le SPF Economie mettra en ligne un formulaire dès samedi pour baliser le recueil d’information. Est-ce que des applications et d’autres alternatives seront autorisées […] il faut que l’information passe au secteur de manière claire et à la clientèle aussi".

Élargissement du port du masque

Une des autres annonces du Conseil national de sécurité de ce jeudi, c’est aussi un élargissement du port du masque, y compris dans l’Horeca, sauf lorsque vous êtes attablés. Là encore, ce n’est pas nécessairement une surprise. C’était même en discussion le 8 juin dernier au moment de la réouverture. "Depuis le 8 juin, une partie du secteur l’avait déjà imposé alors que c’était une simple recommandation dès lors que la distanciation d' 1,5 m ne pouvait pas être respectée […] C’est peu contraignant pour les clients mais tout le monde s’y habitue", explique Thierry Neyens.

Mais le risque c’est que certaines législations se superposent et que des bourgmestres imposent encore plus le port du masque. "Alors oui, c’est peut-être plus contraignant pour s’asseoir à une terrasse pour faire quelques mètres mais on sait qu’une fois qu’on est sur un espace extérieur le risque d’avoir un certain volume, une densité de passants, va permettre à certains bourgmestres de légiférer, d’imposer le port du masque même lorsqu’on est assis". Et d’ajouter, "D’autres réglementations risquent d’intervenir de manière plus locale. Mais ce qu’il faut éviter, c’est un second lockdown, même s’il est plus localisé".

Des secteurs sur la corde raide ?

Si le secteur de l’Horeca est encore fragilisé et est prêt à s’adapter pour ne pas devoir à nouveau être à l’arrêt, pour le secteur événementiel, l’arrêt est bien là. Et, les "premières faillites ont commencé à tomber", indique Vincianne Morel qui rappelle que l’événementiel est un secteur qui emploi 80.000 personnes. "Si on n’a pas des mesures financières et de soutien de la part du gouvernement, ce sera la catastrophe pour le secteur", argue la représentante du secteur.

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