Coronavirus : "Chaque contact que vous n'avez pas peut aider les hôpitaux à ne pas être surchargés"

Fermeture des restaurants, bars, contacts restreints… Les nouvelles mesures pour lutter contre l’épidémie de coronavirus sont entrées en vigueur ce lundi. Il faut dire que les chiffres sont alarmants. Au total, 2485 patients Covid-19 sont actuellement hospitalisés en Belgique dont 412 en soins intensifs. "On est tout près d’un tsunami" à Bruxelles et en Wallonie, estimait dimanche le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke.

Même message d’Yves Van Laethem, lors de la conférence du Centre de crise de ce lundi : "Ce samedi 17 octobre, 351 nouvelles admissions ont été comptabilisées dans les hôpitaux. Cela correspond à un peu plus de la moitié du nombre d’admission lors du pic de la première vague, le 28 mars. […] La situation est particulièrement précaire en Wallonie : ce samedi 17 octobre, la Wallonie a atteint autant d’hospitalisations que lors du pic de la première vague. Et la courbe y est plus verticale. La tension va continuer à être importante".


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"Aujourd’hui, 2500 patients atteints de covid sont hospitalisés. Il est impossible de ne pas tenir compte du fait que les 500 patients en soins intensifs sera atteint cette semaine, 1000 à la fin de ce mois. En espérant que les mesures aient un impact, on n’atteindra pas les 2000 à la mi-novembre, ce qui est le maximum. Cela montre toute l’importance d’inverser la tendance dans les 2 à 3 semaines : tout contact épargné par rapport à un collègue, un ami, est une diminution du risque de transmission. Et cela peut faire la différence. Pour que les hôpitaux puissent tenir le coup ou pas", assène Yves Van Laethem.

Et Antoine Iseux de préciser que la surcharge des hôpitaux ne concerne pas que les patients covid, mais également des enfants qui se feraient mal dans la cour de récréation ou des patients cardiaques, qui pourraient ne pas être (bien) pris en charge.

Le point le plus chaud est très clairement la province de Liège

Au niveau des cas, le mardi 13 octobre, 12.051 infections ont été démontrées, "ce qui est le chiffre le plus haut jamais atteint", note Yves Van Laethem. "L’augmentation en moyenne des sept derniers jours est 7876 infections, soit une augmentation de 79% par rapport à la semaine précédente. Cela peut sembler légèrement inférieur aux semaines précédentes, mais cela est à prendre avec prudence, notamment en raison des 'embouteillages' dans le testing".

Au niveau des tranches d’âge : "Une infection sur cinq survient toujours chez les 20-30 ans. Mais il y a une dérive vers les 30-60 ans. Une augmentation aussi chez les plus de 70 ans, même si le nombre absolu reste faible, il a doublé par rapport à la semaine précédente".

Au niveau des régions : "Le point le plus chaud est très clairement la province de Liège, suivie par le Hainaut. Viennent ensuite Bruxelles et la province d’Anvers".

Et le masque ?

Est-ce que le port du masque rend les infections moins sévères ? Le docteur Devos semblait notamment le dire sur la RTBF ce matin: "Visiblement, les gens qui portent le masque font des formes moins sévères, ce qui fait que les soins intensifs sont un peu moins saturés et les hôpitaux sont un peu moins saturés et donc mon message aujourd’hui, si vous voulez nous aider, la première chose à faire, c’est par pitié, portez le masque !".

"Il n'y a aucune preuve de cela, affirme Yves Van Laethem, cela reste spéculatif. Pour être infecté par un virus, il faut une certaine quantité de virus. Le port du masque en diminuant la quantité de virus, va nous protéger du développement de l’infection. Par contre, si le virus nous infecte, la notion que s'il y a moins de virus qui arrive dans nos voies respiratoires, la maladie sera moins grave, il n'y a pas de preuve".

Et l'été ?

Un peu d'espoir... Pourra-ton vivre un "été normal" ? "On pourrait entamer une vaccination au printemps, sur base des données scientifiques disponibles, estime Yves Van Laethem. Dans l’état actuel des choses, et si rien ne change pas rapport au développement de la vaccination, et grâce conditions météo plus favorables, on devrait avoir un impact significatif quant au risque pour les personnes les plus fragiles de développer la maladie et retrouver, sous certains aspects, une vie plus proche de celle d’avant".

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