Coronavirus en Belgique ce 2 novembre : "Le train à grande vitesse ralentit un petit peu mais il est encore loin de l'arrêt"

Coronavirus en Belgique ce 2 novembre : "Le train à grande vitesse ralentit un petit peu mais il est encore loin de l'arrêt"
Coronavirus en Belgique ce 2 novembre : "Le train à grande vitesse ralentit un petit peu mais il est encore loin de l'arrêt" - © THIERRY ROGE - BELGA

Comme trois fois par semaine, le centre interfédéral de crise covid-19 et l’institut Sciensano tiennent ce lundi une conférence de presse sur l’évolution de la situation sanitaire en Belgique. Ce 2 novembre, le nombre de cas continue d’augmenter, avec 11.789 cas recensés en 24 heures. Sur les chiffres consolidés, le nombre moyen d’infections au coronavirus est ainsi passé à 15.582 par jour entre le 23 et le 29 octobre, indique lundi l’Institut de santé publique Sciensano dans son bulletin épidémiologique quotidien.


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"Le nombre d’infections et d’hospitalisations continuent d’augmenter, mais moins rapidement", note Yves Van Laethem, porte-parole de Sciensano. Les admissions restent en dessous du pic de mercredi dernier, explique-t-il : "Ce train à grande vitesse continue d’avancer mais ralentit un petit peu. Mais il est toujours sur sa lancée, il n’est pas du tout à l’arrêt." Les prochains jours permettront de voir une stabilisation des admissions à l’hôpital ou non.

Yves Van Laethem rappelle que "les nouvelles positives, attendues depuis des semaines, ne doivent pas nous faire oublier que la situation est toujours préoccupante". Le nombre de patients en soins intensifs va continuer à augmenter, tout comme le taux de mortalité, notamment. Ces sept derniers jours (du 23 au 29 octobre), le virus a fait 113 morts par jour (contre 78,1 la semaine précédente), soit une augmentation de 164% par rapport à la semaine précédente.

Le chemin reste encore long, rappelle le virologue : "Nous ne sommes pas au bout de cette randonnée infernale". Il faudra déjà atteindre un plateau, auquel nous ne sommes pas encore arrivés, puis voir petit à petit les chiffres diminuer "de manière persistante et significative", afin de retrouver une zone de sécurité.

Pour l’instant, avec 20.000 infections par jour environ, les lignes de défense classiques ne sont pas assez solides pour encaisser la pression. "Il faut donc moins qu’il y ait moins de cas dans la communauté, ajoute Yves Van Laethem. C’est seulement lorsque nous reviendrons à un taux de circulation virale gérable – qui reste à définir -, que nous pourrons vraiment dire que ce n’est pas le virus qui conduit nos vies, mais nous qui pourrons essayer de maintenir le virus dans les zones les plus basses possibles de son intensité", conclut le médecin.

 

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Mardi dernier, le nombre de nouvelles infections a atteint un record avec 21.953 nouveaux cas en 24 heures. Cela donne une moyenne de 15.582 cette semaine, soit une petite augmentation de 14% par rapport aux 7 jours précédents. "La manière de tester a changé", rappelle toutefois Yves Van Laethem : les personnes asymptomatiques ne sont plus testées. En reprenant la méthode classique, cela porte l’augmentation à 29%, loin derrière les chiffres des précédentes semaines.

Sur un autre volet, Sciensano note que la moyenne d’âge des personnes infectées augmente. Désormais, la moitié des nouveaux cas concerne des personnes de plus de 43 ans. On observe une répartition plutôt homogène entre les groupes de 20, 30, 40 et 50 ans. Chez les personnes d’environ 20 ans, les chiffres se stabilisent, et diminuent chez les enfants et les adolescents. "Les tranches d’âge les plus âgées sont de plus en plus touchées, prévient Yves Van Laethem. C’est un signe péjoratif quant au risque d’hospitalisation et de complication."

 

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Le ralentissement de l’évolution des cas s’observe surtout dans le centre du pays, à Bruxelles et dans le Brabant flamand et wallon, où on observe une diminution des nouveaux cas, de 11% à Bruxelles notamment. Dans les autres provinces, l’augmentation est plus modérée, la plus forte étant de 37% en Flandre occidentale. En chiffres absolus, le nombre de nouveaux cas est toujours plus important à Liège (3006 nouveaux cas) et dans le Hainaut (2885). Ces deux provinces ont le taux de positivité le plus important, 26%, supérieur à la moyenne nationale.

Concernant les hospitalisations, Sciensano remarque que l'augmentation ralentit elle aussi. Le nombre de nouvelles admissions double tous les 14 jours, alors que la semaine dernière, ce doublement était de 8 jours. La moyenne sur les sept derniers jours est de 656 nouvelles admissions par jour, avec une répartition assez semblable aux jours passés : Bruxelles, le Hainaut et Liège forment une grosse moitié de l'ensemble des cas.

 

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6823 patients sont hospitalisés, dont 1123 en soins intensifs et 60% d'entre eux nécessitent une ventilation artificielle. "1223, c'est pratiquement le pic qu'on avait atteint lors de la première vague, le 8 avril, où il y avait 1285 patients en soins intensifs", note Yves Van Laethem. Bonne nouvelle : le nombre de ces patients double tous les 10 jours, et non plus 8 jours comme les semaines passées.

"Ce ralentissement devrait nous permettre de gagner du temps, de donner la possibilité au secteur hospitalier de s'organiser davantage, affirme Yves Van Laethem. La pression reste extrêmement intense." Conjugué au respect des nouvelles mesures, ce ralentissement devrait permettre d'éviter d'atteindre la limite de 2000 lits en soins intensifs.

Enfin, les décès continuent eux d'augmenter : la semaine dernière, il y a eu 113 décès par jour, soit 164% d'augmentation, et un doublement tous les cinq jours. Ce vendredi, avec 158 décès, on atteint la moitié du pic de 312 décès le 8 avril dernier.

Yves Van Laethem a également évoqué les mesures sanitaires renforcées, qui entrent en vigueur ce lundi. "Dans ces mesures, le point le plus important est : gardez vos distances", affirme le porte-parole. Il rappelle qu'il faut réduire les contacts étroits, c'est-à-dire les personnes avec lesquelles on peut manger, boire, parler de manière rapprochée, tenir dans ses bras ou embrasser. Chaque membre d'un foyer pourra garder un contact étroit en-dehors, et recevoir une personne à la fois à la maison. "Une personne, c'est peu, c'est le moins qu'on puisse dire, et donc il faudra bien la choisir, et on sait que ce n'est pas facile, mais c'est pour l'instant un passage obligé", note Yves Van Laethem.

Le porte-parole rappelle que les personnes âgées, plus vulnérables, doivent éviter d'avoir des contacts étroits, surtout avec leurs petits-enfants. Le masque, lui, reste une nécessité pour les contacts classiques : "porter son masque un peu plus n'est jamais nuisible, un peu moins peut l'être éventuellement", note le virologue. Le masque ne remplace toutefois pas la distance d'un mètre cinquante, capitale.

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