Coronavirus en Belgique : "Si on voulait aller vers l'immunité de groupe sans vaccin, il y aurait 60.000 décès"

Le nombre de lits d’hôpitaux occupés par des patients touchés par le Covid-19 continue à baisser en Belgique ces derniers jours. Mais notre pays n’en a toujours pas fini avec l’épidémie.

Le centre interfédéral de crise fait le point ce vendredi 13 novembre lors d’une conférence de presse. Un rendez-vous à suivre en direct vidéo ci-dessus.

►►► Retrouvez en cliquant ici un article régulièrement mis à jour reprenant les chiffres de l’épidémie de Covid-19 en Belgique

Si le nombre de décès continue à augmenter, mais "sur un rythme plus lent", les hospitalisations elles sont en diminution. Et ce dans toutes les provinces.

Selon Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, "on peut estimer, sous réserve de mauvaise surprise, que le pic de patients en soins intensifs a été enregistré il y a quatre jours".

Une embellie, certes, mais qui ne doit pas faire oublier que "ce chiffre reste impressionnant et procure une charge de travail considérable aux hôpitaux".

L’importance d’un vaccin

Le monde entier est dans l’attente d’un vaccin contre le Covid-19. Et les récentes annonces de la firme Pfizer sont venues renforcer les espoirs. Pour Yves Van Laethem, la sortie de crise passera bien par ce fameux vaccin. "Si on allait vers une immunité de groupe par voie naturelle, il y aurait 60.000 décès" en Belgique, a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : "Nous pouvons prévoir qu’après la deuxième vague, nous ayons globalement dans la population belge un taux de personne avec des anticorps compris entre 10 et 20%." Cependant, il faudrait entre 60 et 70% de la population disposant d’anticorps pour vraiment faire barrage au virus.

"Grâce à l’immunité de groupe établie par l’infection et la vaccination, on passe de situations d’épidémies aiguës à un état endémique. Lors d’une épidémie on a des phénomènes explosifs avec malheureusement des surcharges du système de santé et des perturbations sociales. L’équilibre qui s’établit dans une situation endémique fait que le virus est présent à un faible niveau avec moins d’impact sur la société. Il peut malgré tout y avoir des petites flambées à certains moments. C’est ce qu’on voit en hiver avec de nombreux virus respiratoires, la grippe par exemple", détaille le médecin.

Dans ce contexte, "la recherche d’une immunité de groupe purement sur base naturelle, c’est-à-dire sans l’aide de vaccin est un leurre, sauf si on est prêt à payer un prix important en vie humaine et en destruction du système de santé pour le traitement d’autres pathologies".

Le vaccin ne va pas tout résoudre

En effet, "dans un virus qui a une mortalité comme celui-ci – 5 à 10 fois plus que le virus de la grippe -, dans un pays hautement peuplé avec une forte densité de population comme la Belgique, où la population est âgée et où on considère qu’à peu près un tiers de la population a des facteurs de risque par l’âge ou par les comorbidités pour faire une forme sévère de la pathologie, ceci aurait un coût non payable sur base éthique et sur base de survie du système", prévient Yves Van Laethem.

La seule option est donc pour l’instant d’attendre un bon vaccin, le tout en limitant nos contacts et en respectant les mesures. "L’immunité de groupe viendra à l’aide du vaccin", même si celui-ci "ne va pas tout résoudre. Il ne va pas faire disparaître le virus. Il va simplement nous permettre de bâtir rapidement une immunité de groupe dans la société sans payer les frais de l’infection et de sa mortalité".

"Il faudra tenir avant le vaccin durant les fêtes de fin d’année. On sait qu’il y aura des tentations de se réunir à ce moment-là. Il faut faire attention et on verra ce qui sera permis à ce moment-là. Ce sera la seule fois où ceci sera une perturbation aussi majeure", conclut ce spécialiste.

Une étude menée sur des enfants pendant la première vague

Yves Van Laethem a aussi fait le point sur une récente étude menée par la KULeuven et Sciensano. Le travail des chercheurs s’est concentré sur Alken et de Pelt, deux communes qui ont connu une première vague totalement différente. La première a été très touchée, tandis que la seconde est restée "relativement préservée".

Des échantillons de sang de 362 enfants ont été analysés. Verdict : à Alken, 14,4% des enfants ont des anticorps (13,3% en primaire, 15,4% dans le secondaire). A Pelt, 4,4% des enfants ont développé des anticorps contre le Covid-19.

Les enfants ne sont donc "pas épargnés par l’infection, mais ils ne sont pas pour cela malades cliniquement ou le sont très peu dans l’immense majorité des cas", observe Yves Van Laethem. Celui-ci ajoute : "L’étude montre aussi que l’infection de ces enfants, dans la majorité des cas, peut être due à une direction adulte vers enfant. Et non de l’enfant vers l’adulte." Dès lors, "peu d’infections semblent acquises à l’école".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK