Coronavirus en Belgique ce 12 octobre : "A ce rythme, on pourrait avoir 1000 patients en soins intensifs en novembre"

Yves Van Laethem
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Yves Van Laethem - © THIERRY ROGE - BELGA

Sciensano et le Centre interfédéral de crise ont organisé ce lundi leur traditionnelle conférence de presse pour faire le point sur l’épidémie de coronavirus dans notre pays. Depuis plusieurs jours, tous les indicateurs sont en hausse : entre le 2 et le 8 octobre, il y a eu en moyenne 4145 nouvelles infections au coronavirus par jour. Il s’agit d’une augmentation de 89% par rapport à la période précédente de sept jours. Tous les indicateurs sont en hausse, a confirmé le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem, et ce de façon "alarmante".


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Cela concerne toutes les provinces du pays et tous les groupes d’âges, a-t-il précisé. Le mercredi 7 octobre, 6.505 cas ont été diagnostiqués. La Belgique pourrait atteindre les 10.000 nouvelles contaminations en 24 heures à la fin de cette semaine. Le nombre de cas diagnostiqués double tous les huit jours, "ce qui est rapide. Le doublement du nombre de nouveaux cas en trois jours est la vitesse maximale que nous ne voulons pas atteindre. "Le groupe 20-29 ans reste le groupe le plus nombreux mais il y a un déplacement progressif vers les groupes plus âgés. Actuellement nous avons, par rapport à la semaine qui précède, un doublement du nombre de cas dans les groupes entre 30 et 70 ans. On avait déjà attiré l'attention la semaine dernière sur le fait que les plus de 90 ans étaient infectés plus fréquemment avec 200 cas dans cette tranche d'âge. Au cours de la semaine qui vient de s'écouler, nous avons atteint 260 cas de positivité".

C’est en Région bruxelloise et dans les provinces wallonnes que le maximum de nouveaux cas sont diagnostiqués, a-t-il indiqué. En Flandre, il y a un doublement du nombre de cas par rapport à la semaine qui précède en province du Limbourg, a-t-il dit, et une augmentation commence à se préciser pour la ville d’Anvers.

Soins intensifs

Le nombre de cas progresse, mais aussi le nombre d’hospitalisations, ainsi que le nombre de patients en soins intensifs. Il y a désormais 1.329 patients hospitalisés pour le Covid-19 dans les hôpitaux belges, dont 243 sont en soins intensifs. "Cela correspond à 13% de la capacité maximale théorique des lits de soins intensifs. Malheureusement pour de nombreux hôpitaux, à Liège, Bruxelles et en partie à Anvers, il y a entre 15 et 50% d'occupation des lits de soins intensifs. Si nous continuons à ce rythme-là, nous pourrions atteindre les 500 patients d'ici à la fin du mois", a souligné Yves Van Laethem. Parmi les patients en soins intensifs, 109 nécessitaient une assistance respiratoire et 11 une oxygénation par membrane extracorporelle (ECMO).

"Le doublement en soins intensifs est actuellement tous les 18 jours. Si une telle augmentation devait se perpétuer, d’après les modèles actuels, on pourrait atteindre au cours du mois de novembre de l’ordre de 1000 patients dans les soins intensifs. Je rappelle que nous avions atteint un chiffre de l’ordre de 1250 patients durant la première grande vague des mois de mars et d’avril. A titre d’information, on considère qu’il y a un maximum d’un peu plus de 2000 lits de soins intensifs qui pourraient être réservés aux patients covid-19 en Belgique, après la création de 800 lits supplémentaires en phase 2A et en phase 2B, que nous pourrions atteindre dans les prochaines semaines", selon Yves Van Laethem. "Il est donc clairement de notre responsabilité de ralentir la propagation du virus, c’est la seule façon de soulager nos hôpitaux et de sauver la structure du système de santé par rapport aux autres pathologies qui continuent à s’y présenter".

Entre le 2 et le 8 octobre, le virus a fait plus de 16 morts (+6,7) en moyenne par jour. La semaine dernière, il y a eu 113 décès liés au Covid.

Depuis le début de l'épidémie en Belgique, 162.258 personnes ont été testées positives au Covid-19 et 10.191 en sont décédées. Le taux de positivité des tests, à savoir la proportion des personnes positives sur l'ensemble des personnes testées, atteint désormais 10,4% à l'échelle nationale.

Qu'en est-il du nombre de lits disponibles dans les hôpitaux actuellement?

Des tests antigéniques rapides bientôt disponibles

Les tests antigéniques peuvent avoir une place dans les screenings de masse pour voir comment le virus circule dans une population et c'est discuté actuellement en Belgique, a confirmé Yves Van Laethem. Ces tests rapides permettent d'avoir un premier résultat à une éventuelle infection au Sars-CoV-2 endéans le quart d'heure.

"Une discussion est actuellement menée en Belgique à propos de ces tests antigéniques en comparant avec ce qu'il se passe dans d'autres pays. La sensibilité de ces tests, développés précocement en mars et avril, n'étaient pas très bonne. Cela a été sensiblement amélioré et ils pourraient être utiles. Ils sont faisables en dehors des laboratoires et donnent un résultat rapide, endéans le quart d'heure contre 48h pour les tests PCR", a précisé Yves Van Laethem.

Ces tests restent malgré tout moins sensibles qu'un test PCR, a également prévenu le porte-parole interfédéral, mais s'ils sont positifs, le charge virale est importante et la personnage est contagieuse et "cela a une signification".

"S'ils sont négatifs et que la situation clinique fait planer le doute sur la réalité d'une infection au Covid, à ce moment-là, il faut faire un prélèvement de type PCR", a-t-il ajouté.

"Il faut au moins deux symptômes moins spécifiques pour penser au Covid"

La perte d'odorat et de goût, présente chez 20 à 30% des patients, particulièrement chez les personnes plus jeunes; une toux sèche; être à court d'haleine ou une douleur au thorax font partie des symptômes les plus fréquents au nouveau coronavirus, a aussi rappelé Yves Van Laethem. "A côté de ces symptômes, il y en a des moins spécifiques, il faut alors l'association d'au moins deux de ces symptômes pour penser au Covid", a-t-il ajouté.

"A côté des symptômes typiques et plus fréquents, comme la perte de l'odorat ou du goût, il y en a des beaucoup moins spécifiques. Et avant de penser au Covid, il faut l'association de minimum deux symptômes parmi la fièvre, une sensation grippale, une faiblesse musculaire importante, un épuisement sans raison apparente, un mal de tête, souvent important et différent d'un mal de tête habituel, une diarrhée, un mal de gorge ou avoir le nez qui coule", a-t-il poursuivi, faisant aussi référence à l'apparition d'un asthme sévère.

Personnes âgées

Chez les personnes âgées, les symptômes peuvent être encore différents. Par exemple "présenter une confusion brutale en 24-36 heures, s'assoupir, se tromper, avoir un trouble de la mémoire, ou chuter soudainement sans forcément un autre symptôme", a précisé Yves Van Laethem.

Ce dernier a souligné qu'à l'heure actuelle, aucun autre virus grippal ne circule, mais que cela pourrait changer dans les semaines à venir avec l'arrivée de l'hiver, rendant plus difficiles encore les diagnostics au Covid-19. "Si ces symptômes se manifestent, mettez-vous en isolement et contactez votre médecin traitant", a-t-il encore rappelé.

Le porte-parole interfédéral Covid-19 a pointé que 30 à 40% des personnes peuvent être asymptomatiques, rendant la lutte contre le coronavirus difficile puisqu'il s'agit alors d'un "ennemi invisible". "Preuve qu'il est important de rester vigilant à tout moment", a-t-il ajouté, faisant référence à la possibilité d'être contagieux sans ressentir le moindre symptôme.

C'est dans la phase pré-symptomatique qu'on est le plus susceptible de contaminer les autres, a aussi expliqué Yves Van Laethem.

Y-a-t-il un taux de positivité plus grand en Wallonie et à Bruxelles qu'en Flandre?

Au nom du Centre national de Crise, Antoine Iseux a rappelé quelques conseils, destinés notamment aux jeunes. Pour lui "il n'y a pas de temps à perdre".

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