Coronavirus en Belgique : "Ça a toujours commencé par des frémissements, et là on l'observe dans les chiffres", avertit le Dr. Thomas Orban

C’était un événement qui était redouté mais attendu, suite aux fêtes de fin d’année : alors qu’elles stagnaient depuis plusieurs semaines, les contaminations repartent doucement à la hausse, 14% en plus que la semaine précédente pour ce 11 janvier.

Le docteur et président de la Société scientifique de Médecine générale (SSMG) Thomas Orban le confirme, "on craint de revivre un scénario que nous avons déjà connu deux, et où l’on a vu l’augmentation rapide, parfois dix ou quinze jours, du nombre d’appels et de patients infectés. Ça a toujours commencé par des frémissements, et là on l’observe dans les chiffres."

La faute aux retours de vacances ? Pas forcément, nuance le médecin, qui pointe plutôt du doigt les fêtes de fin d’année où "il y a eu plus de contacts fréquents, plus réguliers. Même si on ne voyait pas un grand nombre de personnes, on voyait tous les jours des personnes différentes." Et de rappeler que le vaccin n’est pas la solution miracle, et qu’il fait partie d’une stratégie qui intègre toujours les gestes barrière et la distanciation sociale.

Thomas Orban s’adresse également aux décideurs politiques : "On a un réseau de médecins généralistes extrêmement bien disséminés sur le territoire. Il faut que les autorités doivent apprendre à faire confiance aux médecins généralistes. Quand on dit que l’on est débordé d’appels parce qu’on a des gens malades, c’est à ce moment-là qu’il faut prendre les décisions, et le faire rapidement".

Tendance préoccupante à Bruxelles

En écho à cet appel, le centre de tests du boulevard Pachécho à Bruxelles (qui dépend de la Clinique Saint-Jean) a déjà tiré la sonnette d'alarme pour la région : ils ont effectué autant de tests durant les dix premiers jours de janvier que durant tout le mois de décembre. Du 1er au 10 janvier, 7.158 personnes ont été testées, contre 6.689 sur tout le mois de décembre. Près de 2.600 tests ont été réalisés durant le week-end dernier. Même si cette augmentation est en partie due à l'obligation de se faire tester en retour de zone rouge, le nombre de personnes positives a lui aussi augmenté.

Cette tendance est préoccupante pour le médecin-chef Kenneth Coenye: "Nous savons que le nombre d'infections à Bruxelles a fortement augmenté ces derniers jours, bien plus que dans d'autres régions de Belgique. Cela peut s'expliquer en partie par le fait que nous testons davantage, mais je crains que nous nous dirigions progressivement vers une troisième vague. Nous ne le constatons pas encore au niveau des chiffres de nos admissions - qui se maintiennent sur un plateau ces dernières semaines - mais nous nous préparons à une augmentation dans les semaines à venir." "Plus que jamais, il est important de maintenir des mesures strictes et surtout de les respecter", a conclu M. Coenye.

Bruxelles est en effet la région qui observe le taux d'augmentation le plus important, en comparaison aux autres provinces belges : +76.2% par rapport à la période de 7 jours précédente. Suivent le Brabant Wallon (+44.6%), le Brabant Flamand (+25.2%) et Namur (+21%).

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