Coronavirus en Belgique : bulles de contact difficiles à appliquer "nous devrons simplifier et modifier ces règles dans les prochains mois" selon Marius Gilbert

Ce jeudi, un Conseil National de Sécurité s’est tenu. Lors de la conférence de presse qui a suivi ce dernier, la Première ministre Sophie Wilmes a annoncé quelques légers relâchements dans les mesures.

L’épidémiologiste Marius Gilbert était l’invité de Nathalie Maleux lors du JT de 19h30. Il revient sur certaines mesures, telle que la bulle de contact de 5 personnes, souvent mal comprise et donc mal respectée. Pour lui, les difficultés d’application et de contrôle font que ces mesures devront, dans un avenir proche, être modifiées et simplifiées pour maintenir l’adhésion de la population.


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La bulle reste composée de 5 personnes

Pour l’épidémiologiste, la mesure est difficile à gérer. "Cette mesure était très forte et a été prise dans un moment dur où la transmission reprenait. Mais il y avait trop de difficultés d’application. Les efforts étaient louables mais n’ont pas fait assez tôt. Il y avait un problème d’applicabilité car il y a une forme de lassitude par rapport à l’ensemble des mesures. Il y avait également des problèmes de contrôle. Comment peut-on vérifier qu’une personne respecte la bulle de 5 ? De toute manière, on va devoir modifier ce type de règles dans les prochains mois pour avoir quelque chose de plus simple et vérifiable".

La rentrée en ligne de mire

Certaines personnes ont du mal à comprendre pourquoi cette mesure si stricte est mise en place. Pour Marius Gilbert, deux éléments sont à prendre en compte. "Il y a tout d’abord la préparation de la période de la rentrée et l’automne qui est plus favorable à la transmission. On veut donc repartir d’un niveau le plus bas possible et on maintient une forme de pression. Ensuite, penser qu’on en fait trop c’est ne pas vraiment comprendre la dynamique. Même si on "acceptait" d’avoir 10 à 20 morts par jour, on devrait faire les mêmes efforts que maintenant pour stabiliser la courbe autour de ce nombre. Le coût de tout ça serait des morts. Autant faire ces efforts à un niveau bas".

Testing au retour de voyage : "Il faut compter sur la responsabilité des gens"

Depuis le 1er août, les Belges doivent compléter le "passenger locator form" lorsqu’ils reviennent de vacances et se faire tester s’ils ont été en zone rouge, un principe qui se base sur la responsabilité individuelle. "Ce système responsabilise les gens" détaille l’épidémiologiste. "Ils savent que cette mesure existe et beaucoup y sont sensibles. Ils regardent d’ailleurs dans leurs projets de vacances où aller et où ne pas aller, ce système fait donc office de prévention pour pas mal de transmissions. Il est loin d’être infaillible mais il a été un peu improvisé. Notons également qu’il n’est pas suivi d’un système de pénalisation des personnes qui ne le respectent pas. Mais vu le délai, on est presque à la fin des vacances, ce n’est plus le moment de rentrer là-dedans. Il y aurait le risque que les gens se mettent à faire de fausses déclarations. Je pense qu’il faut revenir à une responsabilité individuelle. Si on revient d’une zone dangereuse il faut le signaler et se faire tester."

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