Coronavirus en Belgique : avril 2020 a été le mois d’avril le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale, selon une étude

Une étude prépubliée par des scientifiques belges sur le taux de mortalité indique que le mois d’avril 2020 a été le mois d’avril le plus meurtrier dans notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale.

Ce "preprint", qui doit donc encore être "certifié par des pairs", indique également que notre pays pourrait avoir choisi la bonne méthode pour compter le nombre de décès liés au coronavirus puisque : "La Belgique n’a pratiquement pas d’écart entre la mortalité rapportée par COVID-19 (cas confirmés et possibles) et la surmortalité", indique la publication.


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Des scientifiques issus du milieu de la santé et des statistiques ont mené une étude sur la mortalité en Belgique sur la période du 8 mars au 9 mai 2020, soit huit semaines pendant lesquelles le pays a traversé le pic de la crise du coronavirus. Le but étant d’examiner la mortalité pendant cette période et de comparer les chiffres de la surmortalité observés avec les chiffres de mortalité dans le passé.

Le mois d’avril qui a connu le plus de décès depuis plus de 70 ans

À l’aide de données statistiques, les chercheurs ont pu mettre en évidence que la Belgique a connu cette année le mois d’avril de plus meurtrier de tous les mois d’avril depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le mois d’avril 2020 dépasse de loin ceux de 2017 ou 2018. Il n’y a qu’en janvier 1951 et en février 1960 que des chiffres de mortalité aussi élevés ont été relevés.

Les données publiées indiquent même que lors de la semaine du 5 avril 2020, la mortalité liée au coronavirus a été deux fois plus élevée que la mortalité moyenne par semaine, calculée sur le long terme.

"Le pic de surmortalité/COVID-19 se situe bien au-dessus des fluctuations saisonnières observées au cours du premier trimestre de la dernière décennie", précise le document. Il y a un pic de surmortalité très net sur la période étudiée.

Une méthode de calcul belge qui semble cohérente

Ces chiffres mettent également en lumière un autre élément. Les chercheurs ne constatent "pratiquement pas d’écart entre les chiffres de mortalité rapportée par COVID-19 (les cas confirmés et possibles) et la surmortalité".

Une conclusion qui va dans le sens du centre de crise interfédéral de lutte contre le coronavirus qui avait répondu aux critiques sur la méthode de calcul choisie par Siensano alors que la Belgique était citée début avril dans la presse internationale comme "un des pays le plus touché par le coronavirus".


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Le 23 avril, lors d’une conférence de presse, Emmanuel André avait défendu l’approche belge de comptage des victimes liées au coronavirus en démontrant une corrélation entre la surmortalité observée et les chiffres publiés par les autorités.

"Notre manière de déclarer les choses est probablement scientifiquement la plus adéquate et la plus honnête",affirmait à la mi-mai Yves Van Laethem, le successeur d’Emmanuel André comme porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19.

D’autres données comme le taux de personnes qui sont décédées dans les maisons de repos (66%) ont été mises en évidence dans ce "preprint" accessible en ligne.

Belgian Covid-19 Mortality, Excess Deaths, Number of Deaths per Million, and Infection Fatality Rates (8 March - 9 May 2020)

Objective. Scrutiny of COVID-19 mortality in Belgium over the period 8 March-9 May 2020 (Weeks 11-19), using number of deaths per million, infection fatality rates, and the relation between COVID-19 mortality and excess death rates. Data.


Archive JT du 15 juin 2020

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