Coronavirus en Belgique : au 13 janvier, 49.847 personnes ont reçu la première dose du vaccin

Préparation d'une seringue pour la vaccination
Préparation d'une seringue pour la vaccination - © ERIC LALMAND - BELGA

Au cours du point de presse de ce vendredi, le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem a fait le point sur la campagne de vaccination. A la date du 13 janvier 2021, 49.847 Belges ont reçu la première dose du vaccin, ce qui représente pour cette première injection un taux de couverture vaccinale de 17,26% des résidents et du personnel des maisons de repos. Le vaccin actuellement utilisé est celui de Pfizer, pour lequel une deuxième dose doit être injectée 21 jours après la première.

Le nombre de personnes vaccinée est probablement sous-estimé car il existe un délai entre le moment de la vaccination et celui de l'enregistrement dans la base de données du registre national des vaccins contre le Covid-19, souligne-t-il.

Le taux d'acceptation du vaccin au sein de la population semble par ailleurs augmenter et se situe à présent autour des 80%, se réjouit le virologue, qui rappelle que c'est la combinaison du respect des mesures sanitaires et de la vaccination qui permettra de sortir de la crise.

Outre les données transmises par les producteurs pharmaceutiques, "chaque lot de vaccins qui franchit les frontières de l'Union européenne est une nouvelle fois contrôlé par un laboratoire officiel et indépendant. En Belgique, c'est Sciensano qui s'en charge, habilité par l'Agence fédérale des médicaments (AFMPS)", explique Steven Van Gucht.

Yves Van Laethem précise comment est assuré le suivi des personnes vaccinées, en particulier en ce qui concerne les effets secondaires. À la date du 12 janvier, 10 personnes sur les 35.000 alors vaccinées en Belgique ont notifié des effets secondaires, selon Yves Van Laethem : "Pour la majorité d'entre eux, il s'agissait d'effets secondaires légers comme de la fatigue, des nausées, de la fièvre, des douleurs musculaires ou des maux de tête".

Décédé après avoir reçu le vaccin

Le cas d'un homme de 82 ans décédé cinq jours après avoir été vacciné contre le coronavirus est actuellement examiné par l'AFMPS. Faire un lien direct entre ce décès et la vaccination serait toutefois aller vite en besogne, rappelle le virologue. "Chaque semaine et déjà avant le Covid, des centaines de personnes décèdent en maisons de repos. La mortalité augmente en effet fortement avec l'âge et les résidents de maisons de soins nécessitent justement déjà des soins." Des examens sur ce décès sont en cours et devraient encore prendre une ou deux semaines.

Aux Etats-Unis, où la campagne de vaccination est en cours depuis la mi-décembre, l'Agence fédérale pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) n'a enregistré des effets secondaires, généralement légers, que chez 0,2% des 1,9 million de personnes vaccinées en décembre, explique Yves Van Laethem. Une personne sur 100.000 qui a reçu le vaccin Pfizer/BioNtech a développé des effets secondaires graves comme un choc anaphylactique. Cette réaction allergique grave se présente dans les 15 minutes après l'injection. "En Belgique comme ailleurs, la personne vaccinée est surveillée durant 15 à 30 minutes après l'administration du vaccin afin qu'elle puisse être rapidement prise en charge si ce type de réaction se produit", précise Yves Van Laethem. "Toutes les personnes touchées ont évolué favorablement grâce au traitement prodigué" après le choc allergique.

Ces effets secondaires de la vaccination sont à mettre en perspective avec l'impact du virus sur la santé individuelle et le système collectif de soins, qui penche largement en faveur de la vaccination, dit encore Yves Van Laethem.

Le vaccin contre le coronavirus développé par Pfizer/BioNtech offre une protection contre les variants britanniques et sud-africains, selon Yves Van Laethem : "Le nombre de cas détectés en Belgique n'est pas le plus important. La mutation du virus n'est pas une surprise, il faudra faire avec et d'autres variants apparaîtront".

"On sait qu'avec le vaccin Pfizer, majoritairement employé pour le moment, nous avons une protection contre les variants britanniques et sud-africains", a-t-il déclaré. "D'autres variants vont naître, c'est inévitable, et il faudra suivre l'immunité conférée par le vaccin vis-à-vis de ces différents variants."

Trois facteurs

Le succès de la campagne de vaccination dépendra de trois facteurs, explique Yves Van Laethem : le premier réside dans la quantité de vaccins disponible. "Les dernières nouvelles sont plutôt favorables puisque nous pourrons bénéficier, sans doute à partir d'avril, d'un complément de vaccins Pfizer, auquel pourrait s'ajouter dans les prochains mois le vaccin d'AstraZeneca."

Si la Belgique n'a aucun impact sur ce premier levier, elle peut agir sur le deuxième: la disponibilité du personnel soignant. "La campagne serait ralentie par un nouvel engorgement des soins de santé", souligne l'expert, qui rappelle l'importance de limiter ses contacts rapprochés, de respecter la distanciation sociale, de se mettre en quarantaine en cas de symptôme et de porter le masque, notamment.

Enfin, la vaccination dépend aussi de circonstances sanitaires sûres. La campagne est ainsi retardée, parfois de plusieurs semaines, dans les maisons de repos et de soins qui présentent plusieurs cas d'infections par le coronavirus. L'objectif est de ne pas confondre des symptômes liés à un début de maladie d'une part, et ceux liés à des effets secondaires de la vaccination d'autre part.

Yves Van Laethem évoque aussi la durée pendant laquelle le vaccin reste efficace.

Faut-il tenir compte de la présence d’anticorps chez les personnes qui ont déjà été infectées pour modifier la stratégie de vaccination ? Voici la réponse très nuancée d’Yves Van Laethem.

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