Coronavirus en Belgique : attention aux faux vaccins en vente sur Internet

Ce mardi, les autorités chargées de la campagne de vaccination ont tenu à alerter la population sur les risques d’acheter de "faux vaccins". En effet, selon l’office européen de lutte antifraude (OLAF), il existerait un commerce illicite de vaccins à travers toute l’Union européenne. Des vaccins vendus en ligne, notamment sur des sites du dark web. "Ces offres sont très souvent fausses et doivent être signalées", rappelle l’OLAF dans un communiqué.

En Belgique, un cas de vente à la sauvette a été signalé, note la task force de vaccination : un exploitant de pompe à essence du Limbourg, qui a vu un homme entrer dans son établissement pour vendre aux clients des doses d’un soi-disant vaccin. "Ils disent parfois qu’ils représentent une entreprise pharmaceutique", explique Sabine Stordeur, co-responsable de la task force.


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Acheter ces faux vaccins peut avoir de graves conséquences. D’abord pour le porte-monnaie, puisque les vendeurs frauduleux peuvent subtiliser des sommes avoisinant les 50 euros par dose. Mais aussi pour la santé des acheteurs qui pourraient s’injecter des produits inconnus en intramusculaire. "On ne peut pas savoir ce que contient le flacon, rappelle Sabine Stordeur. Il peut s’agir d’un liquide transparent avec des produits dont on ne connaît pas la nature." Cela pourrait créer des infections graves chez les patients.

Prudence également s’il s’agit d’un vaccin non autorisé par l’Agence européenne de santé (comme le vaccin russe Sputnik V ou le vaccin chinois Sinopharm) : "Nous n’avons encore aucune garantie que l’Agence européenne se prononcerait sur l’efficacité d’un tel vaccin", rappelle la responsable de la task force.

Le vaccin sera gratuit en Belgique

Même s’il s’agit réellement d’un vaccin autorisé par l’UE (si par exemple, le flacon a été volé), l’efficacité de la dose n’est pas garantie. Car ce qui rend l’organisation de la campagne de vaccination aussi complexe pour les différents pays qui l’ont lancée, c’est le fait de garantir la chaîne du froid lors du stockage et du transport des flacons. "Si un vendeur vous propose un vaccin à la sauvette, alors c’est que nécessairement la chaîne du froid a été rompue", remarque Sabine Stordeur. Le vaccin est donc inutilisable.

Dans tous les cas, payer aussi cher pour une dose de vaccin est un mauvais investissement selon la responsable. "Une dose de vaccin ne coûte jamais 50 euros", note-t-elle. D’autant plus que la Belgique, comme la plupart des pays européens, a pour objectif de les mettre gratuitement à disposition de ses citoyens. "En attendant quelques semaines, l’ensemble des citoyens va accéder au round de vaccination", assure Sabine Stordeur, qui rappelle que lors de cette campagne, les injections tiendront compte des différents groupes-cibles : âge, état de santé, etc.


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Seulement voilà, certains perdent sans doute patience et sont anxieux, ce qui pourrait les inciter à se fournir eux-mêmes sans attendre leur tour de vaccin. Une mauvaise stratégie, estime Sabine Stordeur : "Les personnes qui souhaitent vraiment se faire vacciner rapidement sont souvent les plus fragiles, qui espéraient rentrer plus facilement dans la phase de vaccin, explique-t-elle. Un faux vaccin serait encore plus dangereux pour ces personnes-là."

L’Europe n’est pas la seule région du monde où des ventes de vaccins frauduleux ont été signalées. En Chine, l’agence de presse Xinhua rapportait ce lundi que 70 personnes avaient été arrêtées, suspectées de produire et commercialiser de faux vaccins, à base d’eau minérale ou de solutions salines, pour un bénéfice total d’environ 2,3 millions d’euros. Aux Etats-Unis, le fournisseur de système de sécurités en ligne CheckPoint alertait sur des ventes de "vaccins" suspects sur le dark web, dont le prix atteignait les 300 dollars.

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