Coronavirus en Belgique : aérer un espace, le moyen facile et pas cher pour enrayer la propagation du virus

vous éliminez 90% des contaminants en 20 minutes
vous éliminez 90% des contaminants en 20 minutes - © xijian - Getty Images

C’est un débat apparu presque en même temps que la Covid-19. A quel point le nouveau coronavirus est-il transmissible dans l’air ? Peut-on attraper le virus en respirant de l’air ? Et le moins que l’on puisse dire c’est que la réponse est loin d’être claire.

Dernièrement cependant, plusieurs prises de position officielles sont en train de changer la donne et confirmer le fait que le virus puisse demeurer plusieurs heures en suspension dans l’air.

La transmission par voie aérienne approuvée aux USA

Ainsi, de l’autre côté de l’Atlantique, Le CDC les centres américains de prévention et de lutte contre les maladies viennent officiellement d’ajouter la voie aérienne comme un mode de propagation possible du coronavirus, se rangeant à l’avis de nombreux scientifiques qui plaident depuis des mois pour une meilleure prise en compte de ce risque. "Certaines infections peuvent être transmises par une exposition au virus dans de petites gouttelettes et particules qui peuvent rester suspendues dans l’air pendant des minutes ou des heures. Ces virus pourraient être capables d’infecter des gens qui se trouvent à plus de six pieds (deux mètres environ, ndlr) de la personne infectée, ou après le départ de cette personne".

La mise à jour, dix mois après le début de la pandémie, consacre la validité de multiples études démontrant que le coronavirus, sans être aussi contagieux que la rougeole, peut bien être transmis à plus de deux mètres de distance, une hypothèse qui était négligée par le CDC et l’Organisation mondiale de la Santé à l’apparition du virus appelé SARS-CoV-2.

Aérez pour disperser le virus

En Allemagne, Angéla Merkel a fait ajouter l’aération des pièces intérieures aux recommandations gouvernementales pour lutter contre la transmission du virus. "Cela pourrait être l’un des moyens les moins chers et les plus efficaces de contenir la dispersion du virus", a-t-elle lancé ce mardi 6 octobre.

Chez nous, le conseil supérieur de la Santé recommande bien depuis le début de la pandémie, l’utilisation de masques FFP2 comme contre la tuberculose, une maladie dont on ne discute pas la transmission par voie aérienne. Il recommande aussi depuis la mi-mars d’éviter les lieux confinés mais il pourrait ajouter la ventilation.

La transmission est plus subtile qu’on le pensait

L’infectiologue Michèle Gérard qui est aussi médecin hygiéniste au CHU St Pierre de Bruxelles, nous rappelle le contexte : "Au début, on pensait que c’était les grosses gouttelettes et les contacts rapprochés qui étaient responsables de la transmission et la voie aérienne peut-être. Mais aujourd’hui, la littérature scientifique est claire, la transmission aérienne du virus joue un rôle important et ne peut plus être négligée."


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Et de poursuivre, "Beaucoup d’études ont été menées sur la taille de ces gouttelettes et leur impact en fonction de l’activité de la personne, du simple 'parler' à 'chanter' en passant par la toux ou l’éternuement. Le concept était manichéen, les grosses gouttelettes tombaient à un mètre cinquante et les toutes petites pouvaient voyager jusqu’à une pièce différente en passant par les conduits de ventilation. Mais la transmission était plus subtile qu’on ne le pensait. Entre celle des grosses gouttes et la transmission aérienne vraie comme dans la tuberculose, il y a la transmission 'aérogène' de gouttelettes de taille intermédiaire qui vont sans doute plus loin que le mètre cinquante de notre distanciation physique."

Aérer sa chambre 20 minutes c’est éliminer 90% des microbes

Alors pour l’infectiologue aussi, le moyen le plus efficace et qui ne coûte pas grand-chose, c’est d’aérer nos maisons, nos classes ou nos bureaux, "Vous amenez de l’air frais et vous diluez les contaminants éventuellement présents. Quand vous ouvrez une fenêtre, cela équivaut à 10 renouvellements d’air par heure. Dans une chambre d’hôpital avec la ventilation artificielle, vous êtes à 3 renouvellements par heure, si vous n’ouvrez pas la fenêtre c’est une pièce pas très bien ventilée. Un texte du conseil supérieur de la santé met déjà en avant, l’importance de la ventilation."

Des tableaux existent, ils permettent de savoir par exemple si vous avez 5 renouvellements d’air par heure, vous éliminez 90% des contaminants en 20 minutes. Dans une salle d’opération, où vous en avez en général 30 par heure, il ne faut que 16 minutes pour éliminer 90% des microbes.

A l’heure de l’arrivée de l’hiver et des premiers frimas, nous serons de plus en plus confinés, pour cette experte, les autorités sanitaires devraient mettre l’aération à l’avant-plan.

 

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