Coronavirus : Emmanuel André revient sur les raisons de son départ et explique comment va fonctionner le tracing

Emmanuel André, ex porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, était l’invité de Questions en prime ce jeudi 30 avril.

Le médecin, membre du laboratoire de référence de la KU Leuven, avait marqué les esprits au plus fort de l’épidémie de coronavirus. Tous les matins, il participait à la conférence de presse du centre de crise. Jusqu’à l’annonce de son départ en fin de semaine dernière.

Emmanuel André est désormais chargé de coordonner le tracing, c’est-à-dire l’identification des malades et de leurs contacts, en vue d’enrayer l’épidémie à l’heure du déconfinement.

Tout et son contraire a été dit sur les raisons du départ de ce spécialiste. Mais Emmanuel André insiste sur le plateau de la RTBF : "Je considérais que mon rôle de porte-parole était arrivé à sa fin, en tout cas dans la mission telle que je la concevais."

Pas de divergences de vues

L’homme n’a pas pour autant relâché ses efforts après avoir passé quelques jours avec ses enfants qu’il n’avait "pas beaucoup vus ces derniers mois" et a participé aux travaux du groupe d’experts chargés de préparer le déconfinement. "Je suis resté dans le groupe d’experts. En aucun cas des éventuelles divergences qui peuvent toujours arriver, mais qui sont bien gérées, ne m’ont amené à quitter ce groupe."

Il ajoute : "La façon dont on fonctionne dans le GEES [pour Groupe d’experts en charge de l’exit strategy, ndlr], c’est de discuter entre différents experts qui ont différents points de vue et de trouver un équilibre qui fonctionnerait le mieux possible pour partir dans le déconfinement." Et d’affirmer qu'"ensemble on a eu une position commune".


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"C’est important d’avoir augmenté notre capacité de testing", poursuit Emmanuel André qui rappelle qu'"on a commencé cette épidémie avec une capacité de 200 tests par jour au moment où il en fallait beaucoup plus. Aujourd’hui, avec l’ensemble des laboratoires, on arrive à des volumes beaucoup plus importants, c’est le principal message."

Le tracing, comment ça marche ?

En plus du dépistage à grande échelle, il faudra mettre en place un tracing des patients. Un dispositif à grande échelle inédit dans l’histoire de notre pays et qui pose de nombreuses questions logistiques.

Le principe est le même que dans le cas d’autres maladies telles que la tuberculose, rappelle Emmanuel André. Ce qui change ici, c’est l’ampleur du dispositif qui vise à identifier avec qui les porteurs du virus ont été en contact.

"Toute une stratégie et une technique [sont mises en place] pour accompagner les personnes et se souvenir de leurs contacts." L’idée n’est pas de faire une liste exhaustive des rencontres proches et lointaines. "Ce qu’il est important de savoir au moment de lister les contacts, c’est de savoir avec qui il y a eu un contact rapproché, souligne le médecin. On va appeler les personnes pour les accompagner en fonction de leur situation individuelle."

La méthode laisse place à une certaine marge d’erreur. Mais "les cas contacts, c’est ce qui va permettre d’étouffer les feux pour permettre d’éviter qu’une grosse transmission arrive", détaille Emmanuel André.

Selon lui, c’est inévitable, "des cas vont émerger par ailleurs. C’est pour ça que l’accès au diagnostic par les médecins généralistes va permettre de combler le trou laissé par l’imperfeciton de chaque méthode".

Participer à l’effort collectif

Le tracing passera notamment par la mise en place de call centers. Comment assurer le secret médical avec les opérateurs dont ce n’est pas le métier de base ? "Les personnes qui vont participer à l’effort dans les call centers vont être sélectionnées pour certaines compétences et vont être formées. Ils vont devoir signer un document qui les lie à une confidentialité."

Car "quand on demande aux gens de lister leurs contacts, on demande des noms. On ne peut pas se passer de cette information. Chaque personne sera libre de le dire. Mais il faut comprendre l’effort collectif".

La lutte contre le coronavirus demande d’être "honnête", insiste Emmanuel André. Et ce "que ce soit des deux côtés : des opérateurs et de la population. Quand on collabore, on peut prévenir la propagation de la maladie. C’est tout cet équilibre qu’il va falloir trouver et rendre le plus efficace possible".

Qui pourra se porter volontaire dans les call centers ? Emmanuel André répond

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