Coronavirus : des drones et la taille des commandes traiteur pour surveiller vos fêtes de fin d’année ?

Avec l’approche des fêtes de fin d’année et les rassemblements familiaux ou de contacts élargis qu’ils entraînent sont à voir différemment cette année. Le coronavirus a encore un impact significatif sur la population, ce qui a poussé le Comité de concertation à rester strict sur Noël et nouvel an.

Hier VTM annonçait que dans le Limbourg, la police utiliserait des drones pour surveiller les feux d’artifice illégaux et pour vérifier l’application des mesures sanitaires.

Outre l’interdiction de porte à porte pour la tradition des rois mages, comme l’a confirmé la gouverneure de la province d’Anvers Caty Berx, il sera aussi question de surveiller les commandes de pizzas ou de dinde. Elle a laissé entendre cette surveillance afin de détecter les signes d’infraction aux règles sanitaires.

Une logique qui ne s’arrête pas là. En plus des drones dans le Limbourg, le gouverneur de Flandre orientale annonce que le nombre de voitures devant une maison peut être un indice d’infraction. Des mesures qui sont rapidement devenues un débat en Flandre au sujet de caractère intrusif de ces mesures sanitaires. Des éditos dans la même lignée, avec par exemple le nieuwsblad qui dénonce "ces gouverneurs sheriff" et le constitutionaliste Hendrik Vuye (ex N-VA) mets en garde contre "cette dérive autoritaire".

Un usage disproportionné ?

Un drone de la police n’est pas, par exemple, censé filmer des lieux privés ou l’intérieur de votre maison. Mais que se passe-t-il si ce drone, qui ne fait pas la distinction entre lieu public et lieu privé, filme un jardin avec 30 personnes autour d’un feu alors qu’il filmait une rue ou une place ?

A ceci, la porte-parole de la zone de police carma répond : "Nous pouvons très facilement voir s’il y a un rassemblement de plus de quatre personnes grâce à nos caméras à zoom ou infrarouges fixées sur les drones. Mais nous allons contrôler les lieux publics uniquement, et certainement pas les lieux privés".

Ce nouvel engin était déjà à pied d'oeuvre, en journée sur les lieux plublics, durant le premier confinement dans plusieurs zones de police comme à Liège, ou encore dans les parcs bruxellois. Mais l'utilisation d'un drone en pleine nuit et dans ces conditions paraît disproportionné aux yeux de Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des droits de l’Homme.

Cette question de la proportionnalité des moyens de contrôles a résonné hier au jusqu’au Parlement fédéra. La ministre de l’intérieur, la CD&V Annelies Verlinden a été interrogée à ce sujet par des députés de l’opposition (N-VA et Vlaams Belang) mais aussi Open Vld. La ministre a promis un contrôle proportionné et légal, mais n’a pas exclu l’utilisation de drones à la Noël.

JT du 11/12/2020

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