Coronavirus : des bourgmestres veulent élargir l'obligation du port du masque rapidement si le CNS leur en donne le pouvoir

Certains bourgmestres se demandent encore ce qu’ils peuvent imposer comme mesures plus restrictives pour éviter la propagation du coronavirus lors de marchés ou dans l’Horeca et espèrent que le Conseil national de sécurité de ce jeudi leur en donnera davantage les coudées franches. Le gouverneur de la province de Namur Denis Mathen (MR) s’est entretenu avec eux ce matin.

L’extension du port du masque à certains lieux, commerces, rues fréquentées ou l’obligation de fermer certains cafés plus tôt : ce sont des questions que les bourgmestres se posent. Le comité de concertation a adapté la lutte contre le coronavirus mardi en attendant les décisions du Conseil national de sécurité de ce jeudi. Des prérogatives que certains voudraient avoir pour gérer au mieux la situation sanitaire au niveau local. Certaines communes, comme Aubange par exemple voient leurs nombres de cas positifs augmenter plus qu’ailleurs ces derniers jours. A Nivelles, le bourgmestre a d’ores et déjà décidé de rendre le port du masque obligatoire lors des marchés hebdomadaires et brocantes. Bart De Wever a annoncé aussi une série de mesures à Anvers face à la recrudescence des cas dans sa ville. Des mesures prises face à l’inquiétude de voir parfois, dans les lieux les plus fréquentés ou touristiques, des citoyens qui oublient de respecter les gestes barrières essentiels comme à Dinant le week-end ensoleillé précédant la fête nationale.


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C’est dans ce contexte que Denis Mathen le gouverneur de la province de Namur a réuni par vidéoconférence les bourgmestres des communes du territoire pour écouter leur demande et répondre à leurs interrogations : "Il y a des demandes de leur part d’élargir l’obligation du port du masque ou dans les lieux forts fréquentés, notamment touristiques ou dans l’Horeca, explique Denis Mathen. Ce qui est important déjà c’est de faire respecter les mesures déjà existantes. Si ces règles édictées par les arrêtés ministériels sont déjà correctement respectées grâce à l’intervention des polices locales et aussi à leur pouvoir de donner des amendes administratives en cas de non-respect des règles, cela devrait déjà permettre de contrôler mieux la propagation du virus".

Plus de liberté pour les bourgmestres

Parmi les bourgmestres qui souhaitent ardemment avoir davantage les mains libres pour réaliser des mesures ciblées sur leur territoire, Claude Eerdekens (PS), à la tête d’Andenne depuis 1972, aimerait depuis un moment déjà imposer le port du masque au-delà des indications fournies par le fédéral : "Je l’ai déjà demandé à la mi-mars. Je voulais imposer le port du masque dans ma commune et je suis sûr que si ces mesures avaient été appliquées nous aurions évité un nombre incalculable d’infections, explique Claude Eerdekens. Si demain le CNS m’octroie davantage de prérogatives je vais évidemment m’en servir. Sur le marché d’Andenne, je vais imposer dès vendredi le masque mais aussi en rue dans les zones à haute densité mais je souhaite l’imposer dans de nombreuses circonstances : les mariages, les enterrements, dans les églises, les commerces, dans les cafés où les serveurs le portent déjà mais les clients doivent aussi le remettre quand ils ne boivent pas leur verre. Il faut avoir des réflexes salvateurs pour sauver des vies".

Le bourgmestre ne veut évidemment pas imposer ces masques de façon aveugle et souhaite consulter des experts au cas par cas. Mais sa volonté est d’aller beaucoup plus loin qu’aujourd’hui pour faire germer un comportement qui protège les autres au sein de sa commune quitte à distribuer des amendes si ses administrés ne coopèrent pas.

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