Coronavirus dans les maisons de repos et de soins: "Pas de panique, nous sommes habitués à gérer des virus"

Les personnes âgées ou déjà atteintes d’une autre maladie comme le diabète, l’asthme ou l’hypertension sont les plus vulnérables face à l’épidémie de nouveau coronavirus, qui fait par ailleurs davantage de victimes chez les hommes que les femmes. Suite à la découverte de nouveaux cas de coronavirus ce lundi matin. Les 6 nouvelles personnes infectées revenaient de régions à risque au nord de l’Italie. "Aujourd’hui, commence une semaine cruciale. Le retour de vacances a des conséquences", a expliqué la ministre fédérale de la santé, Maggie De Block.

Depuis son apparition en Chine en décembre, l’infection respiratoire Covid-19 a entraîné dans la majorité des cas des symptômes bénins ou modérés (toux, fièvre, fatigue…), mais dans les cas les plus graves, les patients peuvent entrer en détresse respiratoire aiguë sévère ou être victimes d’une insuffisance rénale aiguë, voire d’une défaillance de plusieurs organes, pouvant entraîner un décès.

Une épidémie mondiale qui pourrait avoir très prochainement des conséquences dans nos maisons de repos et de soins.


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Son taux de mortalité moyen reste relativement faible, on ne connaît pas encore avec précision, mais il est évalué entre 1% et un peu plus de 3%.

C’est nettement plus que la grippe saisonnière (autour de 0,1%), mais moins que les précédentes épidémies liées à un coronavirus, bien plus virulentes : 34,5% pour le Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) et 9,6% pour le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), dont le virus est proche à 80% du nouveau coronavirus.

Certaines catégories de la population sont toutefois nettement plus à risque, selon les données disponibles. Les personnes âgées de plus de 80 ans sont les plus à risque avec un taux de mortalité de 14,8%.

Pas de panique

Vincent Fredericq, secrétaire général de Fermabel, fédération qui joue un rôle dans le secteur de la prise en charge des personnes âgées garde la tête froide à ce stade : "C’est un virus et nos établissements sont habitués à gérer ce genre de situation, comme avec la grippe saisonnière. Concernant les autorités publiques nous n’avons encore pas reçu de consignes particulières encore tant venant de Wallonie que de Bruxelles. Nous avons de notre propre initiative envoyée un rappel des procédures à nos membres et nous sommes attentifs à la situation en temps réel. Mais pas de panique de notre côté, nous restons vigilants et nous avons des procédures et le matériel nécessaire pour lutter contre ce virus".

Face à la crise et afin de mieux coordonner les actions à entreprendre, un Comité de concertation réunissant le fédéral et les entités fédérées s’est réuni ce lundi. Une réunion aura lieu toutes les semaines, voire plus si nécessaire, pour évaluer la situation. Ce qui est sûr à ce stade "Il y a certainement de nouveaux cas car des centaines de tests sont en cours maintenant que les vacances sont terminées", précisait Maggie De Block.

Pour l’instant, la Belgique est toujours en niveau 2 de la crise sanitaire.

A ce stade donc Vincent Fredericq ne déconseille pas les visite des familles aux résidents. "On pourrait réfléchir à inscrire les visiteurs, mais nous n'avons pas le droit de demander une carte d'identité aux visiteurs, alors.... A ce stade nous ne comptons pas interdire les visites, ce serait comme interdire aussi au personnel de venir soigner nos résidents".


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On regarde à l’international

Hors de Chine, on trouve aussi de nombreuses personnes âgées parmi les victimes. En Italie, pays le plus touché en Europe, au moins six personnes parmi les 14 premiers décès étaient âgées de 80 ans ou plus.

"C’est surprenant, car quand on regarde toutes les autres infections respiratoires (bactériennes ou virales) on a presque toujours beaucoup de cas graves chez les personnes très âgées, mais aussi chez les très jeunes, en particulier les moins de cinq ans", expliquait à l'AFP Cécile Viboud, épidémiologiste au National Institutes of Health (Etats-Unis).

"Il faut regarder s’il n’y a pas une forme de protection croisée du fait de la récente épidémie de coronavirus saisonniers", ceux qui provoquent un simple rhume, observe John M. Nicholls, professeur de pathologie à l’université de Hong-Kong. Une deuxième hypothèse est que le système immunitaire des enfants serait conçu "pour ne pas surréagir en présence de nouveaux agents infectieux".

Plus d’hommes que de femmes touchés

Autre caractéristique notable du Covid-19, les hommes sont davantage menacés que les femmes par une issue fatale : alors qu’ils représentent 51,4% des cas confirmés dans cette étude, ils pèsent pour presque les deux-tiers des décès (63,8%).

Tabac facteur aggravant

Cela pourrait s’expliquer "au moins en partie" par la proportion plus élevée de fumeurs parmi les hommes, pointe Cécile Viboud, le tabac figurant parmi les paramètres qui augmentent le risque de décès. Des différences de comportement ou de réponse immunitaire sont aussi avancées comme hypothèses. Les données statistiques chinoises donnent aussi des indications sur d’autres facteurs de risque possibles, notamment le fait d’être atteint d’une maladie chronique.

Le taux de mortalité grimpe ainsi à 6,3% chez les patients atteints de maladie respiratoire (insuffisance respiratoire, asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive…). Il est même de 10,5% chez ceux qui présentent une maladie cardio-vasculaire (insuffisance cardiaque, antécédent d’AVC ou d’infarctus…) et de 7,3% chez les personnes diabétiques. Les patients avec de l’hypertension (6%) ou un cancer (5,6%) présentent aussi un taux de mortalité plus élevé, alors qu’il tombe à 0,9% chez les personnes en bonne santé.

Comme pour d’autres maladies infectieuses telles que la grippe, les personnes qui ne présentent pas de facteurs de risque ne doivent pas pour autant se sentir exemptées des mesures de précaution recommandées (lavage fréquent des mains, tousser dans sa manche, etc.).

Ces "mesures barrière" évitent en effet de transmettre le virus à des personnes plus fragiles, susceptibles elles de développer une forme sévère voire critique de la maladie.

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