Coronavirus : comment une maison de repos et une école ont été infectées parce que Jean, papa d'Olivia, ne s'est pas fait tester

Les chaînes de contaminations peuvent être brisées si le test se fait de manière précoce.
Les chaînes de contaminations peuvent être brisées si le test se fait de manière précoce. - © SPF Santé publique

Se faire tester rapidement, dès le jour 0 de l’apparition des symptômes, est nécessaire, a martelé le Centre de crise en charge de la lutte contre le coronavirus. Celui-ci tenait un point de presse ce vendredi.

Le coronavirus dresse un piège différent de celui des autres virus : une personne infectée est contagieuse dès l’apparition des premiers symptômes et "les quelques jours qui précèdent". "Se faire tester plus rapidement, même si on a des symptômes légers", est la clé, rappelle le porte-parole du Centre de crise, Yves Van Laethem.

On n’a pas gagné du temps dans ce qui dépend de vous

"On a plutôt gagné du temps" aux autres étapes (testings, résultats, appel du centre de tracing) "alors qu’on n’a pas gagné du temps dans ce qui dépend de vous en tant que citoyen", à savoir le moment entre l’apparition des premiers symptômes, sa mise en quarantaine volontaire, son contact avec le médecin en vue d’un test.

Ces quelques jours de battement, estime le Centre de crise, sont cruciaux. Exemple fictif avec Jean, un papa, sa fille Olivia et Christine, la maman et ex-compagne de Jean.

Jean n’est pas très inquiet

Jean est infecté. Au bout de trois-quatre jours, il a mal de gorge, "est fort fatigué, a mal de tête", mais pas de température. "C’est le jour zéro", explique Yves Van Laethem. "Il n’est pas très inquiet." Pour Jean, c’est le coronavirus comme cela peut être autre chose.

"Jean est prudent avec ses contacts mais pas par rapport à Olivia", sa fille. Jean ne se fait pas tester. Trois-quatre jours plus tard, "ça passe". Pour lui, ce n’est pas le Covid-19. Jean a été malade quatre jours mais "potentiellement infectieux deux jours avant". Il l’est resté "quelques jours après" également.

La maladie se propage à bas bruit dans le home

Place à Olivia, infectée elle aussi, "parce que Jean n’a pas pris ses précautions à la maison". Olivia ne développe aucun symptôme, se rend la semaine suivante chez sa maman Christine, qui travaille en maison de repos et de soins. Pas de symptôme non plus pour Christine. Au travail, "elle fait attention" mais elle contamine malgré tout d’autres personnes.

La maladie se déclare, les symptômes sont présents, Christine se fait tester avant de se mettre en isolement. Mais "elle a déjà contaminé" un résident. Pas de symptôme ici non plus. Les résidents mangent tous ensemble et le virus se "propage à bas bruit" dans l’établissement, "pendant cinq jours, pendant sept jours. Des résidents tombent malades, des résidents sont hospitalisés. Certains ne reviennent pas à la maison de repos."

Place à Olivia. On l’a dit, elle est infectée. A l’école, "elle contamine une amie", qui tombe malade et est testée positive. Le PMS lance "une recherche de contacts dans l’école": les élèves sont placés en quarantaine et doivent se faire tester.

Dans ce scénario, développe Yves Van Laethem, "la maladie a eu le temps de se propager dans différents milieux". Alors que si Jean avait agi autrement, les choses auraient évolué différemment. Jean, qui présente les mêmes symptômes "légers", "reste à la maison", appelle son médecin traitant et se fait tester dans l’après-midi.

Olivia ne contamine pas sa maman qui ne contamine personne

Entre 24 et 36 heures plus tard, le résultat tombe : il a le covid-19. Jean s’isole pendant sept jours. Olivia est un "contact à haut risque" et est alors placée en quarantaine. Elle ne se rend pas chez sa maman la semaine suivante, ne va pas à l’école. Olivia "ne contamine pas sa maman qui ne contamine personne d’autre". Olivia ne contamine pas non plus son amie.

"Les différentes chaînes de transmission ont été rompues de manière précoce. On a fait son job par rapport à ce que le virus nous présente comme piège", ajoute Yves Van Laethem. "Il y a d’autres scénarios qui ne sont pas aussi extrêmes que ceux-ci. Mais qu’est-ce qu’on peut retirer de ces deux scénarios ? Le choix que l’on fait soi-même de se faire tester, parfois inutilement bien sûr, a un impact global potentiellement important sur la population".

La rapidité de se faire tester "est essentielle", insiste Yves Van Laethem. "Respectez la quarantaine et contactez les gens que vous connaissez, à la limite vous-même avant que le centre de tracing ne les contacte pour qu’ils se mettent en quarantaine." Une précocité de la quarantaine qui va aider "à briser les chaînes de transmission". "C’est vrai pour quelqu’un qui est malade, c’est vrai pour quelqu’un qui revient d’une zone rouge, d’une zone à haut risque".

En Belgique, la capacité de testing a fortement augmenté, pour atteindre 100.000 tests par jour. Mais celle-ci restent sous-utilisée, de l'ordre de 40.000 à 45.000 tests. "Une capacité importante non employée" qui permet cependant en bout de chaîne de "rompre les chaînes de transmission".

À partir de lundi prochain, tous les contacts à haut risque (des gens revenant de zone rouge à étranger ou ici) devront être testés au jour 1 et jour 7 de leur quarantaine. "Clairement une amélioration importante par rapport à la situation précédente", se réjouit Yves Van Laethem. Cette nouvelle règle permet de "mieux cerner et de contacter les cas à haut risque", afin de les placer en quarantaine.

Rappelons que la prescription pour passer un test se fait désormais par voie électronique (SMS).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK