Coronavirus : comment s’organise le "tracing" ailleurs dans le monde ?

On ne reviendra pas sur la situation belge, entre mise en place des call-centers régionaux prévue la semaine prochaine et texte de loi censé permettre l’utilisation d’applications mobiles de "tracing" non-gérées par les autorités publiques. Intéressons-nous plutôt aux autres pays.

Si la France débat encore du fonctionnement de son application "StopCovid", d’autres pays sont déjà prêts. Aux Etats-Unis, le "tracing" a débuté au niveau local. Par exemple, le fonctionnement du "tracing" dans la ville de San Francisco est expliqué par un professeur en Santé de l’université locale : lorsque le département de la Santé de San Fransciso est prévenu d’une infection d’une personne vivant dans cette ville américaine, un enquêteur contacte la personne infectée par téléphone. Cet appel est important : un historique de tous les contacts sur les dernières 48 heures est établi, avec ce type de question : "Il semble que vos symptômes se sont déclarés mardi dernier. Il pleuvait mardi dernier. Vous vous souvenez de ce que vous faisiez pendant la pluie ?"

La liste des contacts peut aller de 3 à 30 et est intégrée dans un système. Des SMS partent vers tous les contacts, les prévenant que le Département de la Santé a une information importante à transmettre et qu’un appel sera réalisé à partir d’un numéro qui est communiqué dans le message.

Lors de cet appel, l’enquêteur suit un script : il faut prévenir l’interlocuteur qu’il a eu un contact avec une personne infectée par le virus (sans révéler l’identité de cette personne) et qu’il faut passer par une période d’isolement de 14 jours. Des questions sont également posées sur l’état de santé, la présence éventuelle de symptômes du COVID-19.

Par la suite, un contact est maintenu via SMS, pendant les 14 jours. Ce type de procédure et de call-center est également utilisé, par exemple, en Irlande. Dès le début du mois d’avril, l’équivalent du SPF Santé irlandais a publié une foire aux questions qui détaille la procédure de mise dans le pays au trèfle.

En Belgique, comme à San Francisco, il existe aussi un script, commun aux trois régions, avec une base de données commune. Nous avons demandé au cabinet De Backer à quoi ressemblait ce script. Nous n’avons pas eu de réponse.

Les applications, clés pour contrôler la circulation du virus

Dans ce document de l’université Johns Hopkins présentant un plan de "contact tracing" au niveau national pour les Etats-Unis, les auteurs insistent sur la réussite de deux pays : la Nouvelle-Zélande et, plus près de chez nous, l’Islande. La Première ministre Katrin Jakobsdottir admet que la population plus faible et le fait d’être une île a facilité la mise sous contrôle de l’épidémie.

Mais tant une politique de tests que l’utilisation d’une application mobile pour le "tracing", rendue "open source", a joué un rôle très important : "Il n’y a pas d’obligatoire d’utilisation de l’application, c’est sur base volontaire. Les informations recueillies sont détruites après un certain temps et qu’ont aucune utilité si ce n’est pour le ‘tracing’. Évidemment, l’utilisation d’une telle application doit être discutée, nous l’avons et c’est donc sur base volontaire."

Selon la Première islandaise, l’application a été du succès et un "taux de réussite" de 93%. Il est intéressant de constater que l’application a été lancée conjointement par les équivalents islandais du SPF Santé et de l’autorité de protection des données au tout début du mois d’avril. Un mois plus tard, l’épidémie est sous contrôle. Sans y voir un lien de causalité direct, force est de constater que le "tracing" semble être un passage obligé pour contrôler la propagation du virus.

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