Coronavirus : comment fonctionnera le call-center chargé du "tracing" des contacts des malades ?

Coronavirus : comment fonctionnera le call-center chargé du "tracing" des contacts des malades ?
Coronavirus : comment fonctionnera le call-center chargé du "tracing" des contacts des malades ? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Comment se passera l’identification des malades du coronavirus et des personnes qu’ils ont rencontrées après le déconfinement ? Dans un premier temps, en tout cas, via un "contact tracing" (une surveillance des contacts) effectué par des "enquêteurs" qui téléphoneront aux personnes détectées positives afin de lister, avec elles, les personnes qu’elles ont pu contaminer.

Il a beaucoup été question du "traçage" – la surveillance – des citoyens belges grâce aux données des opérateurs de téléphonie mobile. Ces données pourraient être utilisées pour retracer les lieux où un malade du coronavirus s’est rendu, les personnes qu’il a rencontrées. Dans certains pays, des applications de suivi ont même été lancées. Mais cette surveillance "électronique" pose de nombreuses questions, notamment en termes de respect de la vie privée.

En Belgique, ce qui sera probablement mis en place "dans les prochains jours, les prochaines semaines", c’est une logique de call center, expliquait le virologue Emmanuel André sur la RTBF ce lundi. Un opérateur va appeler un citoyen "parce qu’une personne avec qui vous avez été en contact vous a listé comme étant une des personnes qu’il a peut-être contaminée".

Ce mardi, l’Echo annonçait que la Wallonie, Bruxelles et la Flandre comptent recruter 2000 "enquêteurs" chargés d’identifier les citoyens potentiellement contaminés par le coronavirus.

Selon une communication du ministre flamand Wouter Beke, les entités fédérées ont en effet reçu pour tâche lundi, en conférence interministérielle, de mettre sur pied un système de "traçage des contacts".


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Brigitte Bouton, inspectrice générale du département santé de l’AVIQ, l'Agence wallonne pour une vie de qualité, le confirme à la RTBF : des personnes vont être recrutées. "On a défini un profil de fonction, on vise plutôt des secrétaires médicaux, des assistants sociaux… Des personnes qui ont l’habitude du contact humain".

L’idée est que ce call center soit opérationnel pour le 3 mai, date jusqu’à laquelle le confinement est prévu, jusqu’à présent en tout cas, un Conseil de sécurité devant se réunir ce vendredi pour se pencher sur une stratégie belge de déconfinement.

Comment va se passer ce tracing ?

"Cela se passera de la manière habituelle, nous l’exerçons déjà par exemple pour la rougeole. Mais là il faudra viser toute la population de la Wallonie, ce qui est une dimension que nous n’avons jamais rencontrée", explique Brigitte Bouton.

"Un patient qui sera covid-19 positif va donner ses coordonnées téléphoniques à son généraliste. Et à partir de cette information, nous allons le contacter et établir avec lui tous les contacts qu’il a eus de manière à prévenir ces personnes. On leur expliquera quelles sont les mesures qu’elles doivent prendre. On ne dit pas le nom de la personne, ça reste secret. Et ce n’est pas un système contraignant. Nous comptons sur le médecin généraliste pour expliquer au patient tout l’intérêt de la démarche".

"Les questions seront très concrètes : où vous êtes vous rendu ces dernières 24 heures ? Avec quelle personne avez-vous été en contact ? Si la personne s’est rendue au supermarché et qu’elle a parlé avec sa caissière habituelle, on va l’identifier", précise-t-elle.

L’idée est donc de casser les chaînes de contamination du coronavirus. Mais ce système ne sera évidemment pas parfait. Une personne malade peut oublier de signaler l'un de ces contacts, par exemple. C'est pour cela que les mesures de distanciation sociale et d'hygiène resteront essentielles, précise Brigitte Bouton.