Coronavirus : certaines crémations se font sans public, même pour la famille

Crématorium de Charleroi à Gilly. Désormais, les cérémonies de crémation se font sans public, et donc sans la moindre famille. Celle de Michel Hermant, qui sera incinéré jeudi, n’en revient pas. "On a fait une seule demande, celle de pouvoir rentrer à quatre : la maman de mon papa, ma sœur, moi et ma maman, raconte Maud, la fille de Michel. "Malheureusement, on nous a dit que l’accompagner n’était pas vital. Aller faire des courses ça l’est, aller à la librairie ça l’est, mais accompagner notre papa jusqu’au bout suite à un décès brutal, ça ne l’est pas, du moins pour lui."

Justification de la direction : le risque de contamination du personnel, une préoccupation partagée par d’autres crématoriums wallons. "Imaginons qu’un des crématoriums que nous avons en Wallonie, et même dans toute la Belgique, viendrait à être mis en quarantaine parce qu’il y a eu un cas de coronavirus, note Mahmut Dogru, le président du conseil d’administration du crématorium de Charleroi. Ce serait encore pire de dire à la famille : 'nous ne savons plus faire de crémations', et faire attendre le défunt, c’est inhumain."

Qui est-on pour pouvoir dire qui rentre et qui ne rentre pas ?

Dans la bien nommée avenue du Silence à Uccle, le crématorium de Bruxelles a aussi décidé de tenir les familles à l’écart depuis mercredi midi. Mais devant les protestations, il a dû changer d’avis. "Nous avons analysé les textes et les instructions, pour nous c’était clair : continuer l’acte de crémation mais pas de rassemblement, explique Xavier Godart, le directeur du crématorium. On me demande de changer d’avis, je suis un bon fonctionnaire, je change d’avis, et on en revient aux règles applicables depuis samedi matin."


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Ce sera donc une cérémonie courte, avec un cercle restreint de personnes. Le souci, c’est de déterminer ce que cela signifie exactement. Chloé Larcin, maîtresse de cérémonie au crématorium de Bruxelles, se questionne : "qui est-on pour pouvoir dire qui rentre et qui ne rentre pas ? Si on doit respecter la règle des supermarchés, une personne par 10m2, ça veut dire cinq personnes maximum ici. Si on a dix ou soixante personnes à la porte, comment fait-on ?"

Si la situation des crématoriums se jugera au cas par cas jeudi, c’est plus simple dans les funérariums des pompes funèbres. Là, les cérémonies restent possibles. "Jusqu’à présent, les recommandations dans notre secteur expliquent qu’on peut encore organiser des cérémonies dans les salles du funérarium, en respectant les règles de distance, en cercle restreint", remarque Frederik Vanbellinge, gérant d’une société de pompes funèbres.

Idem pour les églises : elles restent ouvertes pour les funérailles avec 10 à 12 personnes maximum. Mais pour les mariages et les baptêmes, il faudra patienter.

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