Coronavirus ce vendredi 5 février : "les Belges ont réussi à maintenir la courbe stable malgré la pression du virus", se réjouit Steven Van Gucht

Comme tous les vendredis, le centre interfédéral de crise et l’institut Sciensano tenaient une conférence de presse ce 5 février à partir de 11h, afin de faire le point sur la situation épidémiologique du covid-19 en Belgique.

"La phase de plateau se poursuit, confirme le porte-parole interfédéral Steven Van Gucht. Il est remarquable de constater comment les Belges ont réussi à maintenir la courbe stable malgré la pression du virus depuis novembre", ajoute-t-il. Il faut dire qu'on comparant les courbes, la Belgique fait effectivement mieux que d'autres pays européens. Le résultat d'un "effort énorme" et d'une grande solidarité de la part de tous les Belges et dont ils peuvent être fiers, affirme le porte-parole.

En effet, durant la dernière période de 7 jours, on a constaté une moyenne de 2349 nouvelles contaminations par jour, soit une petite augmentation de 5% par rapport à la période précédente. Une augmentation qui peut s’expliquer en partie par la hausse de 12% des tests, et que dans le même temps, le taux de positivité est stable (5,5%).


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Cette augmentation se voit principalement en Wallonie, notent les experts, avec une augmentation de 20%, et notamment dans le Brabant wallon (+41%), dans le Luxembourg (+29%) et à Namur (+24%). En Flandre, les chiffres se stabilisent, car même si Anvers est toujours en tête des provinces avec le plus grand nombre de nouveaux cas, on observe une forte baisse (-7%) dans le Limbourg. A Bruxelles, l'augmentation est de 5%.

L'augmentation se voit dans la plupart des groupes d'âges, sauf chez les personnes de 40 ans et celles de plus de 80 ans. La plus forte hausse s'observe toujours chez les enfants (+20%) et les adolescents (+22%). "Toutefois, ces augmentations sont nettement moins prononcées que les semaines précédentes", rappelle Steven Van Gucht. Il précise également que 16% de ces nouvelles contaminations sont liées au variant britannique, un chiffre qui continue à augmenter depuis début janvier, mais lentement.


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Les nouvelles hospitalisations, elles, diminuent en moyenne, avec 121 nouveaux patients admis par jour, soit 4% de moins que la semaine précédente. Néanmoins, on observe des chiffres plus élevés ces trois derniers jours, avec plus de 130 hospitalisations par jour. Elles ont augmenté en particulier à Bruxelles, dans le Limbourg, à Liège, Namur et dans le Brabant wallon. Il y a actuellement 1752 patients hospitalisés pour covid-19, dont 306 aux soins intensifs. "Nous espérons avoir bientôt moins de 300 patients aux soins intensifs", note Steven Van Gucht. Une situation qui ne s'était pas reproduite depuis le 13 octobre, juste avant le pic de la deuxième vague, il y a une centaine de jours.

Enfin, les décès ont fait "un plongeon", note le porte-parole : 21% de moins que la semaine précédente. Cette baisse est particulièrement marquée en Flandre, même si elle a été observée dans les autres régions. Elle est plus prononcée dans les maisons de repos (-27%) que dans les hôpitaux (-17%). Cette chute peut-elle s'expliquer par le début de la campagne de vaccination ? Difficile à dire, estime Steven Van Gucht : "la tendance de diminution dans les décès et les hospitalisations dans les maisons de repos se fait déjà depuis une certaine période, avant le début de la campagne de vaccination. C’est possible qu’elle nous aide déjà mais c’est difficile à prouver." Ce qui est certain, en revanche, c'est que le pourcentage de patients provenant de maisons de repos diminue : ils ne représentent plus que 13% du total. Idem concernant les décès : seuls 45% des personnes décédées provenaient de maisons de repos, contre 68% auparavant.

Le porte-parole interfédéral a également fait le point sur le nombre de personnes qui présentent des anticorps contre le covid-19, parmi les donneurs de sang et le personnel soignant. Les derniers chiffres concernant les personnes qui donnent leur sang datent de novembre et montrent un chiffre stable au niveau national, de l'ordre de 16%.

En revanche, les disparités régionales sont frappantes : on observe une augmentation en Wallonie, qui passe de 24 à 27% des donneurs, et à Bruxelles, qui augmente de 18 à 23%, mais une baisse en Flandre, qui passe de 12 à 9% des personnes concernées. "Cela s'explique par la différence de circulation du virus dans les régions", note Steven Van Gucht.

Au niveau du personnel de santé, on voit une légère augmentation de l'ordre de 20,3% : 17,9% des soignants possédaient des anticorps en décembre. Au total, 20% des personnes concernées, soignants et donneurs, possèdent des anticorps, avec des fluctuations selon les régions, l'activité et l'âge. "Mais c'est loin d'être suffisant pour avoir une immunité collective, que nous espérons dans les mois à venir grâce au vaccin", estime le porte-parole. Au 3 février, un peu moins de 300.000 Belges avaient reçu une première dose, dont 4000 avaient reçu la deuxième. La couverture vaccinale se situe donc à 2,67% de la population belge.

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