Coronavirus: la Belgique victime d'une fraude? Les masques attendus dimanche soir n'arriveront pas

Le Professeur Marc Van Ranst, en compagnie de la ministre de la Santé publique, Maggie De Block.
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Le Professeur Marc Van Ranst, en compagnie de la ministre de la Santé publique, Maggie De Block. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le virologue Marc Van Ranst et Inge Vervotte du réseau de soins Emmaüs tiraient la sonnette d'alarme dans l'émission de la VRT De Zevende Dag. Leur crainte s'avère finalement justifiée: les masques buccaux destinés aux hôpitaux et aux médecins généralistes ne seront pas livrés à notre pays. Et ce, peut-être à cause d'une fraude.

Lors de la crise du virus H1N1 en 2009, il y avait un stock national de masques pour lutter contre la propagation du virus. "Mais pas cette fois-ci", regrette le virologue Marc Van Ranst, "Le stock n'a pas été reconstitué, et ce n'est pas faute d'avoir demandé."

L'entreprise turque qui devait livrer des masques à la Belgique d'ici dimanche soir fait l'objet d'une enquête pour fraude, indique le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block. Le dossier a été transmis au parquet fédéral.

Les chances que les masques soient livrés comme prévus sont "minimes", reconnaît-on du côté de Maggie De Block. La ministre "travaille à d'autres pistes": "Nous attendons une première cargaison limitée de masques au début de la semaine prochaine. Ceux-ci seront répartis entre nos prestataires de soin. Nous avons en outre différents contacts avec d'autres fournisseurs qui s'accélèrent à présent."

Craintes confirmées

Ce dimanche matin, le virologue craignait que la commande n'arrive pas: "Le délai de livraison est toujours en cours, mais la période pour obtenir ces masques se rétrécit. On fait de notre mieux, mais ce n'est pas certain que ces masques buccaux arriveront." Avant d'ajouter: "Nous avons vraiment besoin de ces masques buccaux, c'est donc un gros problème."


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Inge Vervotte, du réseau flamand de soins de santé Emmaüs, évoquait également ce matin des "rumeurs sur le terrain selon lesquelles les masques buccaux n'arriveront pas": "Il s'agit d'une commande de 5 millions d'euros dont une grande partie serait destinée aux médecins généralistes et aux hôpitaux. Ce serait une véritable tragédie si ce matériel ne pouvait pas être livré. Sans ces masques buccaux, nous mettrons le personnel de santé dans des situations dangereuses".