Coronavirus : bientôt une quarantaine à l'italienne en Belgique ? "Notre pays est trop petit pour ça"

Coronavirus : bientôt une quarantaine à l’italienne en Belgique ? "Notre pays est trop petit pour ça"
Coronavirus : bientôt une quarantaine à l’italienne en Belgique ? "Notre pays est trop petit pour ça" - © Hispanolistic - Getty Images

Des mesures comme celles prises en Italie, où des millions de citoyens ont été placés en quarantaine dans le nord du pays, n’ont que "peu de sens dans le contexte belge", a indiqué dimanche le virologue Steven Van Gucht, de Sciensano, contacté par l’agence Belga.

Dimanche, seize provinces du nord de l’Italie ont été placées en quarantaine jusqu’au 3 avril au moins, et ce afin d’endiguer l’épidémie de coronavirus. Toutes les manifestations culturelles, sportives ou religieuses sont par ailleurs interdites, et les discothèques, cinémas, théâtres, cafés, écoles de danse et autres lieux similaires devront fermer leurs portes.

Selon des sources gouvernementales contactées par la RTBF, des dispositions telles que celles prises en Italie ne sont pas encore à l'ordre du jour. En fonction de l'évolution de l'épidémie, des mesures particulières pour contenir le virus pourraient être mises en place. Par exemple l'interdiction de grands rassemblements, de concerts ou de matchs de foot. Mais, pour l'instant, rien ne change.


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Le choix fait par l'Italie est-il disproportionné ? "C’est difficile à évaluer. Ils ont plus de données à disposition que nous", estime Steven Van Gucht, qui préside également le comité scientifique "coronavirus".

Confiner des villages ou même des provinces entières ne figure en tout cas pas dans les intentions des autorités belges. "Dans le cas d’une propagation du virus comme en Italie, les mesures seraient d’appeler la population à renoncer à participer à des activités et éviter les déplacements non nécessaires. Dans le contexte belge, ça n’a que peu de sens de prendre des mesures comme en Italie. Notre pays est trop petit pour ça. Tout est connecté. Nous n’avons pas de zones séparées des autres", souligne le virologue.

Steven Van Gucht estime qu’il est dès lors préférable de compter sur le "bon sens" des Belges, et de les appeler par exemple à rester à la maison en cas de symptômes et de promouvoir le télétravail.

Transmission par aérosol ?

Si des mesures de "bon sens" telles qu’éviter les contacts directs avec les personnes infectées et conserver une bonne hygiène, avec un lavage régulier des mains, peuvent limiter la propagation d’un virus, quid si celui-ci se transmet aussi par aérosol ? "Les experts chinois, les plus expérimentés pour ce qui est du coronavirus pour le moment, disent noir sur blanc que la transmission par aérosol est possible, mais que ce n’est pas un élément moteur de la transmission", expliquait ce samedi à la RTBF Marius Gilbert, chercheur en lutte biologique à l’ULB.

Pour Marc Wathelet, autre chercheur qui a travaillé sur le coronavirus, "toute une série d’indices montre que c’est possible. De plus, la moitié des cas sont dus à une transmission asymptomatique. Donc pas par une transmission par postillon. La personne ne tousse pas, ne sait pas qu’elle est malade. Cela laisse penser que la transmission se fait par aérosol, car les gouttelettes sont beaucoup plus fines".

Il faudrait donc "prendre des mesures strictes dès maintenant. Je calcule que dans 40 jours, on sera à 200.000 cas en Belgique. Si toute la population ne se mobilise pas immédiatement, on va se retrouver dans une situation très difficile", affirme Marc Wathelet.

 

Sujet JT du 7 mars 2020: une épidémie sous-estimée en Belgique ?