Coronavirus : aux citoyens d'être prudents pour éviter la propagation du virus selon l'ABSym

Coronavirus : Aux citoyens d’être prudents pour éviter la propagation du virus selon l’ABSym.
Coronavirus : Aux citoyens d’être prudents pour éviter la propagation du virus selon l’ABSym. - © DAMIEN MEYER - AFP

Le président de l’ABSyM, syndicat médical, le Dr Philippe Devos tire la sonnette d’alarme. Il faut prendre le coronavirus au sérieux. Et c’est avant tout au citoyen à prendre en charge sa santé et son hygiène pour contrecarrer la propagation du virus.

Le Dr Devos rappelle d’abord que le coronavirus est plus sérieux que la grippe : " C’est 1.6 fois ce qu’il se passe avec une grippe annuellement. On ne se rend pas compte que la grippe tue annuellement un grand nombre de personnes. Une grippe touche 500.000 personnes chaque année.

Ici, c’est un peu plus sérieux qu’une grippe. Le problème, c’est que ce " un peu plus sérieux ", risque de mettre à saturation les hôpitaux, c’est ça le vrai danger ", explique le Dr Devos.

Selon ce médecin, 850.000 personnes pourraient être contaminées, 50.000 pourraient décéder.

Comme la grippe qui se propage chaque année, dès l’approche de l’hiver, le coronavirus a toutes les caractéristiques pour toucher la population en nombre explique le président de l’ABSym : " Chaque virus a un taux de transmission qui lui est spécifique. Par exemple, lorsqu’on met 100 personnes dans une pièce et qu’on met un virus de la grippe, il y a 1.6 personnes qui l’attrapent 7 jours plus tard. Dans le cas du coronavirus, on n’est pas à 1.6 personnes qui l’attrapent plus tard mais 2.3 personnes qui l’attrapent 7 jours plus tard. 7 jours plus tard, ces 2.3 personnes le transmettent aussi à 2.3 personnes. Donc, on a progressivement un effet exponentiel qui fait que, au bout de quelques cycles, au bout de deux ou trois mois, on arrive à toucher un grand paquet de la population. 30 à 40% de la population risquent d’être touchés par ce virus, en seulement un mois ou deux ".

Le danger pour le Dr Devos, n’est pas spécialement la dangerosité du virus. Le problème serait plutôt que les hôpitaux soient surchargés, faute d’avoir réussi à endiguer la propagation du virus. " Le risque, explique le Dr Devos, c’est que pour survivre à ce virus, cela nécessite d’aller à l’hôpital, d’avoir de l’oxygène et des traitements. Résultat, les hôpitaux vont être engorgés si beaucoup de gens dans la population attrapent ce virus. Des hôpitaux engorgés, cela veut dire que dans un stade pas du tout hypothétique, on va devoir arrêter de faire des hospitalisations programmées pour se concentrer uniquement sur le traitement de ce virus et arrêter de faire autre chose. Les médecins et les infirmières seront tellement occupés à soigner les gens pour qu’ils survivent à ce virus qu’ils n’auront plus de temps ou de moyens ou de lits pour s’occuper de patients qui ont d’autres maladies graves. Le risque, c’est qu’à un moment donné, on soit obligé de choisir qui on va laisser mourir ".

Ce scénario est évitable

" Ce qu’il faut faire, c’est ce qu’on devrait faire tout le temps, c’est-à-dire prendre des mesures d’hygiène de base comme se désinfecter les mains ou se laver les mains à chaque fois qu’on s’est mouché ou qu’on a été en contact avec des substances corporelles, au minimum. On peut aller plus loin en ne se serrant plus la main pour une période déterminée d’épidémie. Ce sont des mesures simples, à la portée de tous et qui peuvent vraiment avoir un effet. On voit dans certaines régions, comme là où il y a eu des virus très mortels comme Ebola, que des mesures toutes simples comme celles-là ont réussi à faire disparaître le virus. ", Explique le Dr Devos.

 

Un dépistage systématique ?

Un dépistage systématique serait difficile à mettre en œuvre, selon le Dr Devos : " On n’a pas les moyens technologiques qui permettent un dépistage précis au début de la maladie, quand on n’a pas encore les symptômes. Il faut attendre que le virus se développe dans le corps pour pouvoir commencer à être positif. Et donc, il y a une période où on peut être un faux négatif. C’est-à-dire que le test dira que vous n’avez rien alors qu’en fait, vous êtes contaminé ".

Les personnes qui reviennent de zones à risque doivent être prudentes et, par exemple, se laver les mains et se les désinfecter régulièrement, après chaque contact.

Selon le Dr Devos, les mesures prises par les autorités belges sont bonnes mais on pourrait mieux faire dans l’information communiquée à la population : " On dit aux gens d’être rassurés. Dans le même temps on est stade 2, Stade 3 et les gens ne savent plus ce qu’ils doivent faire alors qu’il y a des gestes très simples à faire et qui doivent être faits ". C’est, conclu, le Dr Devos, à chaque citoyen a se prendre en main, par des mesures d’hygiène, pour éviter d’être contaminé et d’éviter ainsi une large propagation du virus en Belgique.

 

 

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