Coronavirus : comment faire face à l'anxiété générée par ce confinement ?

Coronavirus : comment faire face à l'anxiété générée par ce confinement ?
Coronavirus : comment faire face à l'anxiété générée par ce confinement ? - © Tous droits réservés

C’est une situation inédite que vit la Belgique en ce moment. Une situation aux conséquences psychologiques importantes. Une étude de l’Institut de Recherche Santé et Société de l’UCLouvain, lancée en mars dernier, confirme que le confinement pèse sur le moral des Belges : 52% des répondants ressentent un mal-être psychologique en ce moment.

Didem Sengun Turan est confinée avec sa fille et son mari dans leur appartement bruxellois. Cette situation rend la jeune femme anxieuse. "Je ne peux plus voir ma famille, mes amis, confie-t-elle. C’est toujours le stress d’avoir la maladie. J’ai toujours été hypocondriaque, mais là, ça atteint des sommets inimaginables. J’ai vraiment peur d’avoir la maladie."

Manque de prévisibilité et de contrôle

Cette anxiété est tout à fait normale en ce moment, selon Pierre Philippot, professeur en psychologie. La situation actuelle conjugue deux facteurs principaux qui amènent de l’anxiété : le manque de contrôle et de prévisibilité sur ce qu’il va se passer.

"Avec cette pandémie, nous avons très peu de prévisibilité sur la manière dont les choses vont évoluer, si on va être touché ou pas, explique le spécialiste de l’anxiété. On a un certain contrôle si on met en pratique les mesures mises en place par les autorités, mais c’est très relatif."

L’alcool ou autres substances, un refuge ?

Le changement des conditions de travail ou l’addiction aux réseaux sociaux peuvent augmenter l’anxiété déjà présente. Dans certains cas aussi, cela pousserait à une consommation plus importante d’alcool ou autres substances.

"Les personnes qui n’ont pas de problème d’alcool, elles vont peut-être consommer un peu plus, les plus fragiles​ dans cette situation-là, mais ça ne va pas donner lieu à quelque chose de problématique ou pathologique, nuance le Dr Philippe de Timary, psychiatre aux Cliniques universitaires Saint-Luc et alcoologue. Par contre, ceux qui présentent une addiction et une grande fragilité vont être amenés à décompresser."


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Impossible à l’heure actuelle de dire si la consommation d’alcool a augmenté en Belgique depuis le confinement et la multiplication de ces "coronapéro" ou "apéro corona". Mais des chercheurs de l’UCLouvain se penchent actuellement sur la question. Ils ont lancé une vaste étude en Belgique francophone à laquelle le public est invité à répondre.

"Le confinement nous conduit-il à augmenter notre consommation d’alcool pour faire face au stress, à l’ennui ou à l’isolement social ? Beaucoup de personnes se posent la question, indique Pierre Maurage, chercheur FNRS et professeur à la faculté de psychologie de l’UCLouvain. Mais nous n’avons actuellement aucune donnée permettant d’y répondre clairement. Or, cette question nous semble essentielle puisqu’elle a des conséquences cruciales en termes de prévention durant et après le confinement", poursuit-il. Les résultats de cette enquête sont attendus pour la fin du mois d’avril.

Comment diminuer son anxiété ?

L’anxiété peut en tout cas être diminuée au quotidien. Il est notamment conseillé d’arrêter de se projeter pour se concentrer sur le moment présent.​ "Il est important de postposer le fait de faire des plans à plus longue échéance alors qu’on n’a pas les données sur ce qu’il va se passer et comment ça va se passer", analyse Pierre Philippot, professeur de psychologie.

Autre conseil : avoir un rythme de vie structuré et similaire jour après jour. "Beaucoup de gens sont en télétravail et ont perdu le rythme habituel, poursuit le spécialiste de l’anxiété. On se rend compte qu’il y a une interpénétration entre le temps de travail et le temps familial. Donc c’est important d’avoir des pauses."

Mieux vaut également se tenir à l’écart des médias sociaux si vous recherchez des informations. "L’info peut être de mauvaise qualité et souvent contradictoire donc ça augmente l’imprévisibilité et le manque de contrôle", ajoute-t-il.

Enfin, maintenez une activité physique. C’est un rempart idéal au stress et à l’anxiété. Pourtant, l’étude de l’UCLouvain indique que la moitié de la population a réduit le sport depuis le confinement.

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