Coronavirus à Bruxelles : "Il faut que la situation se stabilise avant que nous puissions revoir la mesure du port du masque"

Alors que la capitale est la zone dans du pays dans laquelle, le "virus circule le plus intensément", le ministre-présent de la région Bruxelles-Capitale est revenu sur la situation sanitaire. S’il ne la dramatise pas, il ne la sous-estime pas non plus. Pour l’heure, à Bruxelles, il y a en moyenne, 73,55 cas pour 100.000 habitants, selon Sciensano. Lorsque la barre est passée au-dessus de cinquante cas pour 100.000 habitants le port du masque est devenu obligatoire dans l’ensemble de l’espace publique.

Sur La Première, Rudi Vervoort est revenu sur la gestion de la crise, mais aussi sur les négociations fédérales. Le préformateur a rendez-vous avec le roi dans les deux jours.

Le virus est là pour longtemps

Bruxelles est désormais la zone la plus touchée par le coronavirus, passant même devant Anvers au regard des indicateurs. Mais pour Rudi Vervoort, non seulement les situations ne sont pas comparables, mais surtout la comparaison n’est pas souhaitable. "Ce n’est pas un concours. Quand Anvers était à 200 cas pour 100.000 habitants nous n’avons pas dit : 'regardez nous sommes les bons élèves' . Et à Bruxelles nous sommes autour des 70 cas pour 100.000 habitants. On a l’impression, notamment du côté de la presse néerlandophone qu’il faut absolument montrer que Bruxelles ne va pas bien", relève le socialiste.

Pourtant, les experts avaient tiré la sonnette d’alarme concernant la situation sanitaire dans la capitale, et la hausse des indicateurs n’a pas pu être évitée. Pour Rudi Vervoort, le fait est que Bruxelles, "comme toutes les grandes villes, est un terreau fertile". Et d’ajouter, "c’est un phénomène qui touche toutes les grandes villes où il y a une forte concentration de population". En revanche, dit-il, il faut "donner un signal clair. Oui, à Bruxelles, le virus circule de façon plus intense qu’ailleurs, ça veut dire que la situation n’est pas dramatique […] mais le virus est là pour longtemps et il faut se protéger".

Stabiliser la situation avant d’enlever le masque

C’est la raison pour laquelle, retirer la mesure du port du masque obligatoire dans l’espace public n’est pas (encore ?) une option sur la table, indique le ministre-président.

Même si les chiffres commencent à diminuer, il faut "stabiliser la situation sur le long terme". L’idée n’est donc pas de chiffrer à partir de quand on pourra enlever cette mesure. Ce n’est pas en dessous de 50 cas pour 100.000 habitants ou moins qui déterminera le retrait de la mesure. "Le masque c’est au moins une règle qui est claire. A Anvers on a choisi de dire que le masque était obligatoire dans la poche, que le citoyen décidait s’il le portait ou non. Pour le citoyen c’est compliqué".

"Je ne suis pourtant pas un adepte du port du masque, je trouve que dans nos rapports sociaux ce n’est pas le plus sympa, mais c’est ce qui fonctionne le mieux avec la distanciation sociale dans une ville avec une forte concentration de population", argue Rudi Vervoort.

Étendre les capacités d’accueil pour la culture ?

Alors que dans certaines communes, comme à Liège, on demande des dérogations pour pouvoir accueillir plus de 200 personnes en intérieur dans certains lieux et que d’autres communes se penchent sur la question, peut-on s’attendre à de telles requêtes à Bruxelles ? Pour Rudi Vervoort, "il faut d’abord établir des protocoles par les experts. Il y a une procédure qui a été mise en place par le Conseil national de sécurité. Les protocoles sont là, il faut les appliquer. Je n’ai pas l’expertise pour déterminer si c’est faisable ou pas. J’ai vu que la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie Bruxelles, Bénédicte Linard, souhaitait réduire la distanciation sociale de 1,5 m à 1 m. Si ça peut se faire avec des garanties sanitaires, pourquoi pas".

Le coronavirus : aussi "une opportunité pour repenser la ville"

Pour Rudi Vervoort, si "personne n’a pu prédire la crise du coronavirus, et si personne ne souhaitait cette crise, c’est aussi une opportunité pour repenser la ville".

Pendant le confinement, de nombreuses pistes cyclables ont en effet fleuri dans la capitale, au grand dam des automobilistes. Pour certains, le manque de concertation est pointé du doigt. "C’est aussi les événements qui ont dicté les choses", souligne Rudi Vervoort. Et d’ajouter, "ce qui s’est fait à Bruxelles, s’est fait dans toutes les grandes villes". L’idée est de "rééquilibrer les choses" mais il faut encore voir "comment les choses vont se passer avec la rentrée".

Mais pour Rudi Vervoort, l’important sera alors d'"amener la population à retourner dans les transports. Avec l’arrivée de l’arrivée il faut que le shift se fasse du vélo aux transports et non du vélo à la voiture. Et dit-il, "à mon sens c’est vraiment l’enjeu premier, ramener les gens dans les transports publics".

Pour ce qui est des pistes cyclables, elles sont provisoires et "un dispositif durable devra être mis en place".

La crise du coronavirus : aussi une "perception communautaire"

Alors que les négociations se poursuivent pour tenter de dégager une majorité et former un gouvernement, le socialiste est également revenu sur les négociations entre son parti et la N-VA. Impossible de s’entendre ? "Je n’ose plus rien dire".

Concernant la N-VA, "l’ADN est assez différent entre nous. Le PS devait négocier. On s’est prêté à l’exercice, on a vu que ça n’avait pu se concrétiser dans un accord qui soit souhaitable". Et d’ajouter, "nous étions loi". Mais aujourd’hui "il faut laisser nos institutions fonctionner. Mais nous sommes dans une situation très complexe et je ne vais pas énoncer mes états d’âme".

Mais pour Rudi Vervoort, une coalition Vivaldi, "une option qui permettait de trouver une coalition, dans un système qui ne mette pas à mal nos institutions, avec, je le crois, un vrai questionnement par rapport à l’avenir de notre pays".

Pour le socialiste, la crise a aussi démontré des "perceptions communautaires" sur le coronavirus. "Il y a une vraie césure communautaire entre les experts, entre la perception de la crise. On a le sentiment que les Néerlandophones disent c’est terrible et les francophones disent ce n’est pas très grave. Tout cela crée aussi des tensions", estime Rudi Vervoort.

Pour l’heure, pour le socialiste, "nous devons réfléchir à la manière de construire un avenir commun".

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