Coronalert: peut-on l'imposer? Comment ça marche? Toutes les réponses à vos questions sur l'application de traçage

Coronalert: toutes les réponses à vos questions sur cette nouvelle application de traçage
Coronalert: toutes les réponses à vos questions sur cette nouvelle application de traçage - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La province de Hainaut pourrait imposer l’utilisation de l’application Coronalert, du moins si la situation sanitaire se détériore. C’est ce que l’on peut lire sur le site et les journaux du groupe Sudpresse ce mardi. Et de rappeler que le gouverneur de la province du Hainaut, Tommy Leclercq, a été le seul à imposer d’avoir toujours un masque sur soi lorsque l’on circule sur le territoire hennuyer.

Le gouverneur du Hainaut a-t-il le droit d’imposer l’utilisation de cette application ?

Actuellement, en tout cas, il ne peut pas l’imposer. Ce n’est pas prévu par l’arrêté royal, il est donc même interdit, à ce stade, d’obliger qui que ce soit d’installer l’application. D’un autre côté, aucune sanction n’est aujourd’hui prévue pour celui qui le ferait. Précisons, quand même, qu’au niveau fédéral, il a toujours été affirmé que l’utilisation du Coronalert resterait un choix.

Une technologie sûre et strictement anonyme ?

C’est en tout cas ce qu’affirment le concepteur de cette application et la responsable du tracing au niveau fédéral, Karine Moykens. C’est d’ailleurs marqué noir sur blanc sur le site internet créé par le comité interfédéral Testing & Tracing (CIF) pour répondre aux questions que les citoyens se posent.

D’ailleurs, Apple et Google qui fournissent l’API (l’interface de programmation), ont été très stricts en matière de protection de la vie privée, affirme Axel Legay, professeur en cybersécurité à l’UCLouvain et membre l’IFC (le comité interfédéral de suivi de contact) et copilote de l’application de traçage digital.

Pour cet expert, "jamais des compagnies ne m’ont autant surveillé et demandé de prouver que l’application respectait bien la vie privée des gens". Pour lui, ces deux sociétés veulent faire de ce dispositif un modèle en la matière.

Ceci s’explique par le fait que le système est totalement décentralisé : "C’est votre téléphone qui est en charge de votre anonymat, ce n’est pas l’État", insiste Axel Legay. Le système est donc différent de ce qui est fait en France où c’est l’État qui est chargé d’anonymiser les données. "En Belgique, il n’y a pas de possibilité pour l’État de retrouver vos données".

Comment cela fonctionne ?

Le Coronalert est un dispositif qui fonctionne via le système Bluetooth. Une fois téléchargé sur votre téléphone portable, ils dialoguent avec les autres téléphones portables qui ont chargé l’application, dès qu’ils sont à moins d’un mètre cinquante l’un de l’autre, pendant plus de quinze minutes.

Ils échangent leur identifiant, c’est-à-dire un code anonyme qui change tout au long de la journée. Un numéro aléatoire de 17 chiffres qui va remplacer votre nom, prénom, adresse et numéro de téléphone. Un numéro qui n’a absolument rien à voir avec le registre national ou toute autre identification.

Si une personne tombe malade, les identifiants de son téléphone serviront à prévenir anonymement via une base de données toutes les personnes entrées en contact avec elle, et seulement si vous êtes d’accord.

Pour ce faire, l’application se connecte régulièrement à une base de données ne contenant que des numéros de 17 chiffres. Données disponibles pendant un temps limité, pas plus de 14 jours.

Serais-je obligé de me mettre en quarantaine et de me faire tester si l’application m’informe d’un risque ?

L’application vous permet juste de vous avertir et de vous laisser la possibilité d’agir. Tout est anonyme. Vous serez donc le seul à le savoir. Il va de soi, par contre, que notre responsabilité morale est engagée. Et que l’idée d’une telle application est de permettre à chacun de prendre ses responsabilités en pleine connaissance de cause.

D’ailleurs, cette application ne sera efficace que si un grand nombre de personnes l’utilise. Pour que ce soit le cas, les experts estiment qu’il faut au moins 60% de la population belge la télécharge, du moins si c'est le seul outil de traçage. Mais ici, l'application est couplée avec un système global (le suivi de contacts), ce qui lui permet d'être efficace "dès 15%", affirme Axel Legay (qui se base sur ces études des experts). 

Mais quoi qu'il en soit son efficacité augmentera proportionnellement à son utilisation réelle.

La Belgique est-elle un laboratoire pour cette application ?

Non. "Le protocole utilisé dans cette application est l’un des plus testé au monde", affirme Axel Legay. Aujourd’hui, ce système, appelé DP3T, est utilisé en Allemagne, en Suisse et testé dans deux provinces des Pays-Bas. Environ 50% des Allemands et des Suisses l’utilisent actuellement.

Karine Moykens, la Présidente du comité interfédéral testing et tracing, souligne également, qu’une fois appliqué en Belgique, le système, sera plus facile à utiliser lors de nos déplacements dans ces pays limitrophes que soit pour des raisons professionnelles ou de loisir.

Notez qu’une consultation publique sur cette application est en cours jusqu’au 26 octobre.

Coronalert: nouvelle application de traçage, sujet du JT du 18/09/2020

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK