Coronalert est désormais compatible avec 10 autres applications de tracing européennes

C’était dans les cartons depuis un moment et c’est officiel depuis ce 6 janvier, Coronalert est compatible avec les applications de suivi de contacts d’une dizaine de pays en Europe, dont l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore l’Espagne.

Cette interopérabilité était probablement attendue par de nombreuses personnes qui pour différentes raisons doivent se rendre dans les pays limitrophes. Que ce soit pour travailler, faire ses courses, etc. L’application belge pourra dorénavant dialoguer avec les logiciels mis en place dans d’autres pays. Coronalert est désormais en mesure de vous prévenir (à condition que les applications officielles aient été installées sur les téléphones, ndlr) en cas de contact à haut risque avec une autre personne dans l’un des 10 pays suivants : Croatie, Danemark, Allemagne, Irlande, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Pologne, Espagne et Chypre.

Les données partagées entre les téléphones sont des codes anonymes et sont échangées via un serveur défini par un consortium européen sous la coordination de la commission. On l’a dit, actuellement 10 pays plus la Belgique sont compatibles entre eux. A noter que la France n’ayant pas choisi le système européen et donc pas les mêmes protocoles, l’interopérabilité avec nos voisins n’est pas possible pour l’instant. Notons que le Luxembourg n’est pas non plus repris dans cette liste, le pays n’étant pas doté d’une application de ce type.

Concrètement

Si un utilisateur de l’application belge – Coronalert - se rend en Allemagne pour travailler et qu’il rencontre une autre personne ayant elle l’application allemande – Corona-Warm -, les téléphones peuvent dialoguer et échanger des données. "Concrètement", nous explique Axel Legay, professeur en cybersécurité à l’UCLouvain et chargé de la mise au point de l’application Coronalert, "quand vous revenez d’Allemagne, si la personne était malade, vous allez être prévenu, même si cette personne est soumise à un système de santé d’un autre pays". Ce qui n’est d’ailleurs pas possible avec le système de suivi de contacts manuel. Pour cet expert, c’est là une des premières mises en place européennes de lutte contre le coronavirus.


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Si vous vous rendez dans l’un des dix pays cités plus haut, il n’est donc pas nécessaire d’installer l’application locale. Rappelons que la dernière mise à jour est nécessaire pour profiter de ces nouvelles fonctions. L’équipe derrière Coronalert assure aussi que "la protection de la vie privée n’est pas menacée".

Bilan

L’application a été téléchargée à ce jour 2.300.000 fois. Ce nombre stagne depuis un moment. Selon les estimations, 80% des personnes l’utilisent de façon active, mais cela est difficile à vérifier même pour les concepteurs. Alel Legay pointe un bémol dans ce bilan : "Des personnes reçoivent les résultats de leur test dans l’application et ils oublient qu’il faut prévenir les autres personnes. Cela ne se fait pas automatiquement. C’est dû au fait qu’il y a des consentements liés à la vie privée".  Karine Moykens, présidente du Comité interfédéral "Testing & Tracing" complète le bilan : "Depuis le 30 septembre, 225 000 personnes ont reçu un résultat dans l'application, dont 30 000 ont été positives. 55% ont informé ses contacts de ce résultat". Concernant ces chiffres, Axel Legay rappelle que l’application est un maillon de la chaîne à côté du tracing manuel, par exemple.

Prochaine étape au niveau belge, Coronalert devrait être compatible avec les téléphones à la pomme utilisant une ancienne version du système, iOS 12.Les concepteurs espèrent que cela permettra d’augmenter encore le nombre d’utilisateurs de l’application en Belgique.

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