Coralie Berael (Sportpaleis et Forest National) : un coronapass ? "Le public n’est pas prêt à venir trois heures à l’avance pour se faire contrôler"

Un nouveau Comité de concertation se tient ce mardi 11 mai. Au programme, une série d’assouplissements. Un Comité qui sera suivi de très près par Coralie Berael, directrice du Sportpaleis Group, qui comprend notamment la salle de Forest National.

Elle était ce matin invitée sur La Première. Pour elle, pas besoin d’événements-tests, puisque cela a déjà été fait ailleurs. En outre, un "coronapass" serait, pour elle, une très mauvaise idée, vu la file d’attente que cela provoquerait.

Cela devient très compliqué pour les tournées

Coralie Berael parle d’un Comité "de la dernière chance". "En fait, on doit quand même savoir aujourd’hui si on va pouvoir faire les derniers spectacles qu’on a encore sur le planning pour octobre et novembre, parce que jusqu’à ce jour, on a déjà reporté quatre fois, cinq fois, voire six fois, beaucoup de spectacles. […] Vous savez, les spectacles, ça prend minimum six mois à préparer et nous ne sommes pas les seuls sur l’itinéraire. C’est toujours une tournée qui se fait".

Beaucoup de spectacles ne se feront plus du tout. "Non, ou ils seront encore une fois reportés pour deux ou trois ans. Il y a des comédies musicales qui n’ont pas su répéter, il y a des techniciens qui se sont engagés sur certaines tournées, mais qui étaient déjà aussi prévus sur les tournées dans deux ans, mais là, tout vient ensemble, donc ça devient très compliqué. Parce que c’est tout un écosystème à chaque fois quand un producteur prépare un spectacle et qu’il part en tournée : il y a les techniciens qui sont prévus, il y a des sociétés de transport, il y a des costumiers, il y a de tout. Et là, il y a vraiment un embouteillage qui se fait en amont".


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Qu’attendent les salles de spectacles comme décisions ? "En fait, ce dont on a vraiment besoin aujourd’hui, c’est qu’on annonce une réouverture, même si ce sont des capacités de 100 ou de 200 personnes. […] Mais après, on peut aussi très rapidement, en parallèle avec la vaccination, bien évidemment, monter à des capacités de plusieurs milliers de personnes. Déjà, il y a eu des tests en Hollande ou au Luxembourg, donc vraiment les pays voisins, qui démontrent déjà qu’aujourd’hui, on peut faire des concerts, des spectacles avec un risque de contamination très limité".

On n’a pas besoin de réinventer l’eau chaude, les tests sont là, ils sont scientifiquement prouvés

Pour Coralie Berael, il n’est pas nécessaire de faire des concerts-tests en Belgique puisque cela a déjà été fait ailleurs. "Et surtout, il faut savoir que ces gens, comme l’Espagne et la Hollande, ont commencé à préparer ces tests en été 2020. Donc, naturellement, on freine des deux mains et des deux pieds pour commencer à faire des événements tests ici parce que ça prend énormément de préparation. On dirait qu’on veut gagner du temps en faisant ces tests, alors qu’on va perdre du temps crucial. On n’a pas besoin de réinventer l’eau chaude, les tests sont là, ils sont scientifiquement prouvés : pour plusieurs milliers de personnes, même à l’intérieur, il y a moyen d’organiser ça de façon contrôlée et d’avoir un risque de contamination qui est même inférieur à avoir une personne que vous invitez chez vous."

Est-ce qu’un "coronapass" pourrait être une solution ? "Quand les gens viennent voir un spectacle, ils doivent montrer un "coronapass", mais ils ne devront pas le faire quand ils vont chez leur boucher, quand ils vont au supermarché ou quand ils rentrent dans un centre commercial. […] Ça va ralentir les files à l’entrée. Ce sont quand même 8000 personnes à Forest National, et Sportpaleis, ce sont plus de 20.000 personnes. C’est encore une fois une logistique qu’on nous impose en plus. Personne dans le public n’est préparé à venir trois heures à l’avance pour se faire contrôler. On a fait des enquêtes depuis le début, on en est à la 23e enquête de nos acheteurs de tickets et il est très clair qu’ils sont tous préparés à venir au spectacle, mais pas préparés à faire des longues files d’attente pour y accéder. Et d’ailleurs, ça engendre un danger secondaire, c’est le risque trottoir, le risque d’avoir plein de monde partout".

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