COP24: seconde semaine de négociations sur le climat à Katowice pour "finaliser" les accords de Paris

COP24: seconde semaine de négociations sur le climat à Katowice pour "finaliser" les accords de Paris
COP24: seconde semaine de négociations sur le climat à Katowice pour "finaliser" les accords de Paris - © JANEK SKARZYNSKI - AFP

Après une semaine de négociations, la Conférence de l'Onu sur le climat, qui se tient jusqu'au 14 décembre à Katowice (COP24), entame sa deuxième semaine avec, entre autres, la réouverture, prévue mardi, du segment dit de "haut niveau" qui verra l'arrivée des ministres dans le sud de la Pologne.

Cette COP24, ouverte le 2 décembre, sans doute la conférence sur le climat la plus importante depuis la COP21, ne manque pas d'enjeux: il s'agit de "finaliser" l'accord de Paris, adopté en 2015, en se mettant d'accord sur ses règles de mise en œuvre. Un processus particulièrement technique mais crucial pour une bonne application de ce traité international qui vise, selon la formule désormais consacrée, à contenir le réchauffement climatique mondial "bien en-deça" de 2°C et, si possible, à 1,5°C maximum par rapport à l'ère pré-industrielle. Le texte de travail, qui faisait plus de 300 pages à l'ouverture de la COP24, a semble-t-il été élagué pour être ramené à moins d'une centaine de pages.

Bilan collectif

La deuxième semaine de la COP24 sera marquée par le point d'orgue du "Talanoa dialogue", qui a émaillé les négociations sur le climat tout au long de l'année, et dont la phase "politique" se tiendra mardi et mercredi à Katowice. Lancé par la présidence fidjienne à la COP23, le dialogue Talanoa vise à dresser un bilan collectif des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, et à encourager des efforts accrus, alors que les engagements pris jusqu'ici par la communauté internationale conduiraient à une augmentation des températures de plus de 3°C.

La semaine écoulée de négociations à Katowice a bien entendu permis d'avancer mais, à ce stade, il subsiste des "blocages tactiques" sur des points de nature technique, indique-t-on parmi des négociateurs. La question du financement climatique reste, comme à l'habitude, sensible mais aussi celle de la différenciation entre pays développés et en développement quant aux obligations de chacun.

L'ouverture de la COP24 a été l'occasion pour la responsable climat de l'Onu, Patricia Espinosa, de rappeler que les conséquences du dérèglement climatique "n'ont jamais été aussi graves", appelant ainsi "à faire beaucoup plus". Le même jour, quelque 75.000 personnes marchaient pour le climat dans les rues de Bruxelles, à l'occasion d'une mobilisation inédite.

La première semaine de la conférence de l'Onu sur le climat a vu l'adoption par 45 États, dont la Belgique, à l'initiative de la Pologne, d'une déclaration de Silésie sur la solidarité et la transition juste. Ce concept de transition juste veille à ne pas laisser sur le carreau les travailleurs touchés par la transition vers une économie bas carbone. Un thème qui touche de près la Pologne, ses centrales à charbon et ses dizaines de milliers de mineurs.

200 milliards de dollars pour aider les pays en développement dans cette lutte

La Banque mondiale a annoncé mardi qu'elle allait mobiliser quelque 200 milliards de dollars de financement entre 2021 et 2025 pour aider les pays en développement face aux changements climatiques tandis qu'on apprenait, le lendemain, que les émissions de CO2 des énergies fossiles avaient connu en 2018 une hausse inédite depuis sept ans (+2,7%).

En Belgique, les trois ministres régionaux en charge des matières liées aux climat clamaient, dans un communiqué commun publié vendredi, leur volonté d'être plus ambitieux dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Et samedi, plus d'un millier de personnes ont manifesté à Katowice pour demander aux participants à la COP24 d'agir rapidement en faveur du climat. Ce même jour, le président américain Donald Trump répétait, dans un tweet dont il a le secret, tout le mal qu'il pense de l'accord de Paris dont il veut faire sortir son pays.

Le segment de haut niveau de la COP, qui reprendra mardi, sera l'occasion pour les représentants de plus de 130 États de se succéder en plénière pour prendre la parole. Le discours de la ministre fédérale de l'Énergie, de l'Environnement et du Développement durable, Marie Christine Marghem, est prévu mercredi après-midi. On y sera particulièrement attentif alors que le Premier ministre Charles Michel, à la tête d'une coalition désormais amputée de la N-VA, a annoncé dimanche faire de la politique climatique l'une de ses priorités, en réponse aux préoccupations exprimées dans la population.

 

 

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