Convaincre les hésitants vaccinaux face aux fake news : "Une course sans fin", selon Leila Belkhir

C’est une barre symbolique qui a été atteinte cette semaine : 50% des personnes en âge d’être vaccinées contre le Covid ont reçu une première injection en Wallonie.

"Ce qui est encourageant, c’est que ça augmente, commentait ce matin sur La Première Leila Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. On est encore loin du fameux cut-off de plus ou moins 70%, en comptant à la fois la vaccination et l’immunité naturelle, mais on voit que ça augmente et que depuis quelques semaines maintenant, il y a quand même eu une belle accélération au niveau de la vaccination. Donc, ça, c’est plutôt favorable. Ce qui l’est moins, c’est quand on regarde le baromètre qui est fait par le groupe Psychologie et Corona. On voit qu’il y a quand même encore un nombre de personnes hésitantes qui le restent et pour lesquelles il va falloir continuer à bien informer pour essayer de comprendre où se situe l’hésitation vaccinale et pouvoir expliquer que la vaccination est vraiment un enjeu clé du moment".

Comment faire ? "Nous sommes nombreux à faire beaucoup de séances d’information pour expliquer vraiment en quoi consiste la vaccination, pourquoi ça a été si vite de trouver le vaccin contre le Covid, etc. Je crois qu’il faut vraiment essayer de faire intervenir à la fois des acteurs du milieu médical, mais également des acteurs plutôt locaux qui peuvent aussi répondre aux questions que se posent les personnes qui hésitent".

Dans les personnes qui hésitent, il y a selon l’infectiologue un peu de tout : "Il y a des personnes — et heureusement, c’est une minorité — qui sont réellement contre la vaccination de façon générale, que ce soit le vaccin Covid ou les autres vaccins. Et puis, il y a les personnes qui ont peur et qui hésitent parce qu’il y a aussi énormément de fake news et de fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux. C’est donc un peu une course sans fin. Quand on essaye de délivrer une information correcte, il y a quasi tous les jours une nouvelle fausse rumeur qui circule et qui se propage très, très rapidement sur les réseaux sociaux. Et après, il y a les personnes qui se posent des questions tout à fait légitimes. Et quand on leur apporte une information cohérente, avec toutes les limites que l’on peut avoir, mais vraiment avec les informations qu’on a, c’est toujours très gai de voir qu’il y a des personnes qui se disent 'OK, maintenant, je comprends, et oui, je vais me faire vacciner' ".

La situation reste d’ailleurs délicate dans certaines régions : sur les 530 lits occupés aux soins intensifs, il y en a plus de 100 rien que dans la région du Hainaut. "Je ne relierais pas ça qu’à la vaccination, explique Leila Belkhir, je pense que ce serait trop simpliste, car il y a probablement clairement d’autres facteurs qui jouent aussi, démographiques et autres. Maintenant, il est clair que le virus continue à circuler et circulera encore pendant tout un temps. Le but est justement de pouvoir limiter l’impact de cette circulation du virus sur le nombre de personnes hospitalisées. Et c’est là qu’intervient la vaccination. Donc, oui, on est encore loin de cette fameuse immunité collective. Mais je le rappelle, ce ne sera quand même pas un on-off. L’immunité collective atteinte, ces fameux 70% minimum, il faut que ce soit aussi homogène, il ne faut pas que ce ne soit que dans un groupe ou que dans une ville, il faut que ce soit homogène et il faut compter à la fois les personnes vaccinées, mais également les personnes qui ont déjà acquis le virus. C’est donc vraiment une notion d’immunité partagée".

 

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